1. Partir à l'étranger en IEP : expatriation obligée
Témoignage

Partir à l'étranger en IEP : expatriation obligée

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Entrée de Sciences po Paris. // © Camille Stromboni
Entrée de Sciences po Paris. // © Camille Stromboni

Intégrer un IEP , c'est s'assurer de partir au moins un an à l'étranger. En effet, chacun des instituts d'études politiques impose à ses étudiants la mobilité internationale, la plupart du temps en 3e année. Exemple avec Nina, qui a ainsi passé un an à Berkeley.

Les IEP procurent un avantage de taille : vous êtes dispensé de payer les frais de scolarité de l'université d'accueil. Si tous les instituts proposent des départs au bout du monde (en 3e année, excepté à Bordeaux, où les étudiants partent en 2e année), chacun d'eux a ses spécificités. Sciences po Strasbourg (67), par exemple, a une coloration européenne, tandis que Sciences po Aix-en-Provence (13) entretient un lien privilégié avec le monde arabe.

Plusieurs instituts proposent en outre des doubles diplômes avec des établissements étrangers. L'IEP de Bordeaux (33) et l'IEP de Lille (59) envoient, dans ce cadre, un nombre important de leurs étudiants à l'international. Si vous souhaitez obtenir le diplôme d'une prestigieuse université américaine, optez pour Sciences po Paris. Cette institution offre notamment un double diplôme avec la Columbia University, où une inscription directe coûte la bagatelle de 60.000 €... Attention, les places sont chères !

Comment Nina, en 3e année à l'IEP Bordeaux, a fait un échange à Berkeley

Pour sa deuxième année à Sciences po Bordeaux, Nina, 21 ans, s'est envolée pour Berkeley, la prestigieuse université californienne. Une immersion d'un an dont la jeune femme a profité au maximum, mais qui n'était pourtant pas gagnée d'avance. Pour étudier à l'université de Californie, la première étape était d'être sélectionné (sur dossier et après entretien). Les candidats ont ensuite été répartis dans les différents campus en fonction de leurs vœux et de leurs résultats. Nina a de quoi se réjouir : "Je suis la seule à avoir été prise à Berkeley !"


Comment Nina, en 3e année à l'IEP Bordeaux, a fait un échange à Berkeley

Le budget qu'elle a dû consacrer

Sur place, la jeune femme habite dans une résidence privée qu'elle a trouvée sur Craigslist, un site Internet de petites annonces. "Je partageais ma chambre avec une étudiante américaine, on s'entendait très bien." Budget mensuel : 575 $ pour l'hébergement (contre 1 000 $ pour une chambre seule), 200 $ pour l'alimentation et 100 $ pour les sorties, soit 875 $ au total (645 €). "Ce sont les readers [livres de cours, NDLR] qui coûtent le plus cher, entre 80 et 150 $ [de 58 à 109 €] par cours." En soutien, l'étudiante a reçu une bourse de 3.600 € de la Région Aquitaine.

Ce qu'elle a pensé de sa vie à Berkeley

"Aux États-Unis, on ne se spécialise pas trop tôt", remarque Nina, qui a découvert un système qui lui convient totalement. L'étudiante a ainsi pu suivre des matières en dehors de son cursus de sciences politiques, qui lui ont beaucoup plu. Elle a notamment effectué un stage à la mairie de Berkeley durant les élections municipales. "Faire partie d'un staff de campagne m'a énormément plu ; l'institution américaine est très différente de la nôtre." Elle a aussi intégré une sororité (groupe de filles dans les universités américaines) engagée dans la lutte contre le cancer du sein, l'occasion de se rapprocher des étudiantes de Berkeley.

"En partant aux États-Unis, je pensais affiner mon projet professionnel. En fait, je suis revenue avec plus de questions", sourit la jeune femme. Un projet dans la communication commence toutefois à germer à la suite de son stage à la mairie...

LE CONSEIL DE NINA
"Sur les événements internationaux, je croisais des Français. Mais j'ai tout mis en œuvre pour m'immerger dans la culture américaine. Si on réussit à se couper de ce que l'on connaît, on sort gagnant de cette expérience."