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Interview

Pierre Mathiot, directeur de l’IEP de Lille : "Nos étudiants doivent être curieux"

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Plus discrets que leur grand frère parisien, les neuf instituts d’études politiques de province gagnent pourtant à être connus puisqu’ils offrent la même formation et les mêmes méthodes d’enseignement ! Et sept d’entre eux recrutent via un concours commun.

Quelles différences entre les IEP de région et Sciences po Paris ?

Sciences po Paris a évidement plus de prestige que les IEP de province, car elle a plus de moyens et plus d’ancienneté que les autres IEP. Entre Sciences po Paris et les IEP de province, il y a un peu la même différence qu’entre HEC et une bonne école de commerce régionale.

Pour autant, tous les IEP de régions proposent une formation de grande qualité programme de qualité : je suis moi-même diplômé de Sciences po Paris, promotion 1989, et je sais de quoi je parle. À Paris comme en province, la "colonne vertébrale" des études est la même.

À qui s’adresse les études dans un IEP ?

"Faire Sciences po" uniquement pour décrocher un diplôme prestigieux n’est pas un bon calcul. Nous attendons de nos étudiants qu’ils aient un esprit curieux, qu’ils aient envie de s’interroger de façon critique sur le monde.

L’avantage des études en IEP, c’est que le premier cycle de trois ans laisse le temps à nos étudiants de réfléchir à leur projet personnel et professionnel. Ensuite, à eux de choisir en 4e année le master qui correspond le plus à leurs ambitions. Chaque IEP a son domaine de prédilection : à Lille, par exemple, nous sommes réputés pour les carrières internationales et le journalisme.

Comment réussir le concours commun d’entrée en première année ?

Par principe, je ne conseille pas les prépas privées, souvent très chères, qui reviennent à favoriser les jeunes qui ont de gros moyens financiers au détriment des autres, alors que c’est exactement le contraire de ce que nous voulons faire ! Un très bon élève de terminale peut avoir le concours sans passer par une prépa, "sur sa lancée", s’il a bien préparé son bac.

Mais il faut savoir qu’un bachelier qui a décroché un 18/20 en histoire au bac n’aura que 12 au concours, car la barre à franchir est haute. En cas d’échec, il ne faut pas se démoraliser et ne pas hésiter à retenter sa chance un peu plus tard, à l’entrée en quatrième année.