Vis ma vie de directrice à Sciences po !

Par Natacha Lefauconnier, publié le 03 Avril 2018
6 min

Le statut d’élève vous pèse ? Et si, pour changer, vous endossiez le costume de directrice ou de directeur durant quelques heures ? C’est l’expérience qu’a vécue Fériel, élève de terminale STMG, lors de la journée Sciences Mômes organisée fin mars 2018 par l’institut d’études politiques parisien.

De joyeux cris d’enfants résonnent dans le grand hall de Sciences po, mercredi 28 mars. Cette scène inhabituelle est une initiative de l’institut parisien, qui a ouvert ses portes aux enfants du personnel, le temps d’une après-midi. Un succès : ils sont 182, âgés de 3 à 18 ans, à avoir répondu à l’invitation !

Chacun a pu participer à un atelier adapté à son niveau. Jardinage et coloriage pour les petits, et, pour les plus grands : découverte des métiers de l’établissement (appariteur, bibliothécaire, informaticien, journaliste…), atelier sur la prise de parole et la liberté d’expression des filles… Sans oublier une conférence à l’intitulé attirant : “Pourquoi désobéir ?”, animée par Frédéric Gros, docteur en philosophie, enseignant à Sciences po.

Dans les pas de la doyenne du Collège universitaire

À 15 h 30, Fériel, élève de terminale STMG à Villeneuve-le-Roi (94), se rend à une réunion importante. La même que Bénédicte Durand, la doyenne du Collège universitaire (le premier cycle de Sciences po). En effet, comme d’autres lycéens, la jeune fille participe à l’expérience “Vis ma vie de directeur/directrice”. Neuf binômes élève/cadre dirigeant ont ainsi été créés.

À 17 ans, c’est évidemment la première fois que Fériel participe à une réunion de direction. C’est donc avec un peu d’appréhension que la jeune fille à la longue chevelure brune, veste en jean et foulard noir noué autour du cou, s’installe à la table de travail, dans le bureau de la doyenne. Bénédicte Durand lui explique avec simplicité et bienveillance l’ordre du jour : établir les nouvelles règles du jeu qui s'appliqueront aux étudiants actuellement en première année pour leur affectation à l’international, en troisième année.

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“C’est un peu comme pour Parcoursup qui a des règles pour affecter les étudiants entre les universités”, ajoute-t-elle. Fériel approuve d’un mouvement de tête : Parcoursup, ça lui parle, elle est en plein dans ses candidatures pour des BTS management des unités commerciales !

Une réunion classée confidentielle

Trois autres membres de la direction des études et de la scolarité participent à la discussion – la parité n’était pas de mise ce jour-là, bien qu’elle le soit au comité exécutif. Fériel écoute avec attention, même lorsque les échanges prennent une tournure un peu trop technique. De temps à autre, Bénédicte Durand se tourne vers la jeune fille pour décrypter quelques sigles obscurs. “La DAI, c’est la direction des affaires internationales”, précise-t-elle par exemple. Mais impossible d’en dire davantage sur le contenu encore confidentiel de cette réunion !

Près d’une heure plus tard, Fériel sort plutôt contente de cette expérience. “C’était un peu compliqué, mais j’en ai compris une partie. J'avais fait des recherches sur Sciences po dans le cadre d'un projet pour le cours de ressources humaines et communication.”

"Ce genre de poste à responsabilités, ça fait un peu peur !"

Son impression sur cette initiative “Sciences Mômes” ? “C’est bien, ce concept de journée. Sciences po est une grande école, ça attire forcément !” Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que la jeune fille franchissait ses murs : “Ma mère travaillant ici, au comité d’entreprise, j’étais venu pour des jobs d’été, comme faire de l’archivage à l’école des Affaires publiques”, précise la lycéenne.

Quant au poste de directrice du Collège universitaire, elle le voyait un peu différemment : “Je pensais qu’elle serait plus avec les étudiants. En fait, elle les voit mais elle travaille aussi beaucoup avec ses équipes." Fériel s'imaginerait-elle prendre la place de la directrice à plein temps ? "C’est la personne qui prend les décisions finales… Ce genre de poste à responsabilités, ça fait un peu peur !”, confie-t-elle. Avant d’ajouter : “Je dis ça maintenant car je suis encore jeune, je changerai peut-être d’avis !”

En attendant, la suite du programme s'annonçait beaucoup plus facile, puisqu’il s’agissait d’un grand goûter réunissant parents et enfants !

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