1. Ils ont misé sur une rentrée décalée
Témoignage

Ils ont misé sur une rentrée décalée

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Il n'est jamais trop tard pour changer d'orientation. // © Image Source/Plainpicture
Il n'est jamais trop tard pour changer d'orientation. // © Image Source/Plainpicture

Comment se réorienter sans perdre une année ? Amine et Camille en ont fait l’expérience : ils ont intégré leur école en rentrée décalée, ils vous racontent leur parcours.

Si les études supérieures que vous avez choisi après le bac ne vous conviennent pas, il est possible de se réorienter dès la fin du premier semestre. L'Etudiant a rencontré deux jeunes qui n'ont pas hésité.

Amine, 21 ans, en quatrième année à l’ESTACA : "La prépa, ce n’était vraiment pas fait pour moi !"

"En terminale, je n’avais pas vraiment d’idée de ce que je voulais faire. Je me disais qu’une année en classe préparatoire me donnerait du temps pour réfléchir et, en prime, me permettrait d’avoir un large choix d’orientation. Parce que j’avais de bons résultats, mes professeurs m’encourageaient à suivre cette voie."

Avec le bac, Amine, enthousiaste, fait sa rentrée, en septembre 2015, en prépa PSCI (physique, chimie, sciences de l’ingénieur), au lycée Henri-Poincaré à Nancy.

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"Les cours me plaisaient malgré le rythme de travail intense, je n’avais pas de difficultés particulières pour suivre mais j’ai ressenti une certaine frustration. J’avais la sensation de ne jamais arriver au bout de ce que j’avais à faire. C’est le principe de la prépa, certains s’y font, moi je n’y suis pas parvenu", confie-t-il.

Amine a choisi une école d'ingénieurs pour sa réorientation. // © Anne-Charlotte Compan/Hans Lucas pour l'Etudiant
Amine a choisi une école d'ingénieurs pour sa réorientation. // © Anne-Charlotte Compan/Hans Lucas pour l'Etudiant

En décembre, il commence à chercher des alternatives, malgré l’avis de ses enseignants, qui lui conseillent de persévérer.

"Au départ, je pensais terminer l’année et ainsi obtenir les crédits ECTS nécessaires pour entrer directement en deuxième année d’un autre cursus à la rentrée", se souvient Amine, qui, à ce moment-là, a déjà une idée plus précise de ce qu’il souhaite faire.

"La découverte des sciences de l’ingénieur a été une révélation. C’est dans cette voie que je voulais me diriger."

"Un environnement qui me convient mieux"

L’automobile est une des passions d’Amine. Cela l’amène à contacter l’ESTACA, une école d’ingénieurs spécialisée dans les techniques aéronautiques et la construction automobile.

"J’ai découvert que je pouvais postuler à SPID’ESTACA [le semestre préparatoire intensif de l’ESTACA]. Il s’agit d’un programme spécifique pour les bacheliers qui se sont trompés dans leur orientation à l’issue du bac", précise l’étudiant.

Le principe ? Ce semestre intensif débute en mars et finit mi-juillet ; il permet à la rentrée suivante d’intégrer directement la deuxième année.

"Autant ne pas attendre", se dit alors Amine, qui, juste avant les vacances de février, passe avec succès la sélection sur dossier, ainsi que l’entretien. En mars 2016, il dit adieu à la prépa, pour plonger dans l’univers d’une école d’ingénieurs.

Une transition en douceur

"Le programme SPID’ESTACA est réellement intense, mais la transition s’est faite sans difficulté. Beaucoup de notions abordées ne m’étaient pas inconnues car je les avais déjà vues en prépa. Certaines méthodes de travail efficaces, ainsi que la rigueur acquises en prépa m’ont aussi été très utiles", se rappelle-t-il.

Amine découvre un environnement vraiment fait pour lui. "L’entraide et la solidarité, bien plus présentes ici, les projets en groupe, les stages, la vie associative… Autant d’éléments qui me conviennent mieux et qui m’ont permis de m’épanouir", assure Amine.

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Aujourd’hui en quatrième année, il fait partie de l’ESTACA Formula Team, une équipe chargée de concevoir et fabriquer une monoplace qui affrontera, cet été, des bolides conçus par des élèves ingénieurs venus de toute l’Europe.

Un défi qu’il s’est donné et pour lequel il s’investit énormément. Il n’aurait pas imaginé vivre ces moments en prépa.

Camille, 19 ans, en première année à l’école d’infirmières de Bar-le-Duc (55) : "Je n'ai pas perdu une année complète"

Avant même d’entrevoir la fin de ses années lycée, Camille avait une idée précise du métier pour lequel elle voulait se former.

"Début 2017, en terminale, je me suis d’ailleurs inscrite aux concours d’entrée de trois écoles d’infirmières près de chez moi, qui se déroulaient en mars", se remémore l’étudiante de 19 ans, originaire d’Épinal (88).

Mais la préparation de son bac ST2S l’occupe beaucoup. Trop pour être suffisamment entraînée pour les épreuves des concours. Elle échoue.

Camille est passée par le droit avant de réussir le concours d'infirmière. // © Mathieu Cugnot/Divergence pour l'Etudiant
Camille est passée par le droit avant de réussir le concours d'infirmière. // © Mathieu Cugnot/Divergence pour l'Etudiant

Pour ne pas s’éloigner de sa discipline de prédilection, elle s’inscrit en PACES (première année commune aux études de santé) à la faculté de médecine de Nancy. "Tout en étant consciente qu’avec un bac ST2S, ce ne serait pas simple", souligne Camille.

La suite lui prouvera qu’elle n’avait pas tort… "Les premières semaines, tout s’est bien passé, je travaillais beaucoup et j’avais l’impression que je pourrais y arriver en m’accrochant".

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Mais le temps passant, les difficultés s’amoncellent. Chaque semaine, Camille est confrontée à des notions qui lui sont totalement inconnues, et qu’elle a de plus en plus de mal à assimiler.

"Un mois à peine après la rentrée, j’allais en cours en étant totalement démotivée, j’avais l’impression de ne plus rien comprendre", pointe-t-elle.

"Mes premiers résultats de partiels étaient sans appel"

L’approche des partiels, en fin d’année, constitue un moment charnière : "J’ai pris conscience que je ne pourrais pas continuer. D’ailleurs, avant de passer les examens, je suis allée à un forum sur la ­réorientation organisé par l’université, pour savoir quelles options m’étaient offertes."

La question est aussi au cœur des discussions avec ses parents, qui lui conseillent de trouver une nouvelle voie.

En janvier, les premiers résultats des partiels tombent, et ils sont sans appel. Verdict ? La réorientation. Si Camille a toujours en tête les études d’infirmière, elle s’inscrit en droit à l’université de Lorraine.

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"Il n’était pas question de perdre une année, et j’ai choisi le droit parce que avoir des bases dans cette discipline me semblait utile."

D’ailleurs, elle ne fait pas les choses à moitié, récupérant les cours des premiers mois auprès d’autres étudiants et mettant les bouchées doubles pour combler son retard.

Son emploi du temps est d’autant plus chargé qu’en parallèle, elle s’est aussi plongée dans la préparation du concours d’infirmière.

Et cette fois-ci, sur les trois écoles qu’elle vise, deux l’acceptent ! "Tout en ayant appris beaucoup de choses, j’ai quitté le droit sans regret", assure celle qui s’épanouit désormais à l’école d’infirmières de Bar-le-Duc.