1. Passerelle Ascension sociale : un concours postbac pour 8 écoles de commerce

Passerelle Ascension sociale : un concours postbac pour 8 écoles de commerce

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Grâce au dispositif “Passerelle Ascension sociale”, les bons élèves de terminale en situation socio-économique fragile peuvent intégrer huit grandes écoles de commerce via un concours postbac spécifique. À une condition : valider dans l’intervalle un bac+2 ou un bac+3 sans redoubler.

ESC Grenoble © ESC Grenoble

LE DISPOSITIF PASSERELLE ASCENSION SOCIALE, C'EST QUOI ?

Initié en 2007 par l'ESC Grenoble, le dispositif "Passerelle" s'étend désormais à l'EM Strasbourg, l'EM Normandie, l'ESC La Rochelle, l'ESC Pau, l'ESC Troyes, Montpellier Business School et Novancia. L'idée ? "Aller chercher des élèves qui, sans ce dispositif, n'auraient pas forcément fait des études jusqu'à bac+5", explique Jean-François Fiorina, directeur de la business school grenobloise et responsable du dispositif.

Un dossier, un examen écrit, un oral

Les lycéens de terminale doivent poser leur candidature entre octobre et février sur le site de Passerelle. Ils postulent alors dans l'ESC de leur académie. Être boursier n'est pas une condition sine qua non : sont étudiés la situation de la famille, les revenus des parents, le lycée d'origine...

Si l'étudiant est éligible, son dossier scolaire est ensuite examiné par les établissements partenaires en fonction des choix de BTS (brevet de technicien supérieur), IUT (institut universitaire de technologie) ou Bachelor qu'il aura formulés lors de son inscription. Les étudiants admis passent ensuite un concours d'entrée. Au menu : anglais, commentaire d'un fait d'actualité, QCM de culture générale et de logique, puis deux langues vivantes à l'oral, et un entretien de motivation. Les coefficients appliqués varient selon les filières d'origine (ES, L, S, STMG ou bac pro).

Une période d'incubation

Le mode d'évaluation laisse une large part à la motivation, au projet personnel, mais nécessite toutefois une préparation en amont. L'étudiant suit deux ans d'études en BTS (management des unités commerciales, commerce international, tourisme, etc.), en IUT (gestion des entreprises et des administrations, techniques de commercialisation, carrières juridiques...) ou en classe prépa dans des établissements partenaires. Passée cette "période d'incubation", il n'a ensuite aucun examen à repasser pour intégrer l'ESC de son académie, pour trois années d'études. Il peut également opter pour un Bachelor (bac+3), l'entrée en ESC se faisant alors directement en 2e année.

Des étudiants comme les autres

Depuis sa création, le programme est monté en puissance : on comptait 23 admis pour 174 inscrits en 2014, contre 7 pour 20 en 2008. Entre 2007 et 2014, 740 élèves de terminale se sont inscrits à ce programme. Sur les 140 à avoir réussi le concours et intégré un BTS ou un IUT, 80 % ont ensuite rejoint un programme grande école. "Les autres n'ont pas obtenu le diplôme indispensable ou ont changé d'orientation", précise Jean-François Fiorina.

Une fois entrés en école, les bénéficiaires deviennent des étudiants comme les autres : "Ils s'intègrent bien et obtiennent d'aussi bons résultats que leurs camarades", affirme le directeur de l'école de management grenobloise, qui compte parmi ses diplômés six anciens du dispositif.

Chaque business school propose sa propre politique d'aide pour financer les frais de scolarité (exonérations partielles de frais de scolarité, accords avec des banques, bourses au mérite, etc.). À l'ESC Grenoble, des bourses payées par des entreprises permettent par exemple de réduire les dépenses. Il est également possible de suivre une partie du cursus en alternance, et de recevoir ainsi un salaire. Mais attention au rythme de travail !

ELLE L'A TESTÉ : MYRIAM, 21 ANS, EN DEUXIÈME ANNÉE À L'ESC GRENOBLE

"À la base, je n'envisageais pas du tout une école de commerce, j'avais prévu de faire une fac de droit", s'amuse Myriam, 21 ans, aujourd'hui en deuxième année à l'ESC Grenoble. Mais lorsqu'au milieu de son année de terminale ES au lycée Champollion de Grenoble, elle entend parler du programme "Passerelle Ascension sociale", elle décide de foncer.

"Je me suis dit que c'était l'occasion d'entrer en école de commerce sans passer par la prépa !" raconte-t-elle. Un mercredi par mois, elle bénéficie de cours supplémentaires, puis se présente aux épreuves et est admise. Malgré ses bons résultats scolaires – elle frôle la mention bien au bac –, elle n'obtient pas la place en IUT tant convoitée et se voit affectée en BTS assistant de gestion. Et alors que les cours ne la passionnent pas et que l'ambiance du lycée l'ennuie, elle s'accroche pour valider son diplôme. "Il fallait en passer par là pour arriver en école de commerce, et cela m'a évité le stress des concours", résume-t-elle.

Grâce à son BTS, des facilités dans les matières pro

Elle intègre finalement directement l'ESC Grenoble où elle apprécie d'être traitée comme les autres étudiants : "Personne ne sait qui a bénéficié du programme." Effrayée de ne pas être au niveau de ses camarades passés par un IUT ou une prépa, elle est vite rassurée. "J'ai eu plus de mal en maths, mais plus de facilités dans certaines matières professionnelles", analyse-t-elle. Et aujourd'hui, tout se passe bien. "C'est une vraie chance d'avoir intégré ce programme sans lequel je ne me serais pas orientée vers ce type d'études alors que c'est ça qui me correspond", se réjouit-elle.

Exonérée d'une partie des frais d'inscription en 1re année

Malgré les exonérations partielles de frais d'inscription en première année, elle a dû souscrire un prêt étudiant. Et comme une partie des étudiants du parcours "Ascension sociale", elle a opté cette année pour l'alternance, ce qui lui assure la prise en charge de ses frais de scolarité et une rémunération de 1.500 € brut par mois. Elle partage ainsi son temps entre les cours et son contrat de professionnalisation de seconde de rayon dans la grande distribution.

Une solution par défaut, dans laquelle elle trouve finalement son compte. "Le rythme est très dur et si mes parents avaient eu les moyens de payer mes frais de scolarité, je n'aurais pas choisi l'alternance. Mais c'est l'occasion de rentrer dans la vie active et d'affiner mon projet", conclut-elle. Encore une année à suivre avec cette formule et une fois son diplôme en poche, Myriam espère monter son entreprise dans le secteur de la chaussure.

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Sommaire du dossier
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