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Décryptage

Assistant de français à l’étranger : un premier pas dans l'enseignement et à l'international

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À Taiwan, Cindy, assistante de français à l'étranger, donne également quelques cours en collège. Au programme de sa première intervention : lecture et prononciation. // © Photo fournie par le témoin
À Taiwan, Cindy, assistante de français à l'étranger, donne également quelques cours en collège. Au programme de sa première intervention : lecture et prononciation. // © Photo fournie par le témoin

Cindy est à Taïwan pour neuf mois. Romain vient tout juste d'arriver en Allemagne. La mission de ces deux étudiants français : faire rayonner la langue et la culture de Molière à l’international. Une expérience dont ils attendent beaucoup.

"L'une de mes premières interventions, c’était devant des étudiants de l’Université catholique Fu-Jen, à Taipei, pour les aider à préparer le DELF [diplôme d'études en langue française], l’équivalent du TOEIC pour la langue française." Depuis septembre 2018, Cyndi est assistante de français à Taïwan. Diplômée d’un master d’anthropologie à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) en juin, la jeune femme de 24 ans a eu besoin de prendre du recul pour mûrir un projet de thèse. "J’avais envie de partir à l’étranger. Ce programme, qui permet de travailler tout en étant immergée dans une autre culture, me semblait idéal", développe-t-elle.

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Aujourd’hui, comme elle, 1.300 Français âgés de 20 à 35 ans participent à la diffusion de la langue et de la culture françaises dans 22 pays partenaires. Le programme des assistants de langue va, d'ailleurs, fêter ses 115 ans en 2020.

Bon niveau de langue demandé

Sur leur terre d’accueil, les étudiants français viennent en appui aux professeurs et peuvent intervenir en classe entière ou en petits groupes. Au programme : l’initiation à la civilisation et à la culture françaises, la pratique orale de la langue, la mise en place de projets d’échange, l’animation d’un club de langue… "Selon les pays, ils sont affectés dans des écoles primaires, des collèges, des lycées, des établissements de formation, des écoles de langue, des universités…", détaille Maty Ngom, responsable du service en charge de la coordination du dispositif au CIEP (Centre international d’études pédagogiques).

Je vois l’expérience comme un premier pas vers l’enseignement

Cindy devrait monter un atelier de théâtre, elle qui a étudié le mandarin. Elle avait déjà passé quelque temps à Taïwan lors d’un stage linguistique il y a quatre ans. Pour partir avec le CIEP, elle a dû justifier d’un niveau de chinois lui permettant de s’en sortir au quotidien. Idem pour Romain, en allemand. Après sa première année de master à l’École normale supérieure de Lyon, l'étudiant a décidé de prendre une année de césure pour travailler dans un lycée de Rhénanie-Palatinat. "Je vois l’expérience comme un premier pas vers l’enseignement, moi qui envisage de passer l’agrégation de philosophie", souligne le jeune homme de 22 ans qui a commencé sa mission en octobre 2018.

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"En période de recrutement, les étudiants ont accès à des fiches pays qui mentionnent le nombre de postes à pourvoir et les conditions générales d’accès. Ils peuvent candidater pour un pays et émettre trois vœux de postes que l’on essaie de satisfaire au mieux lors des commissions de sélection", reprend Maty Ngom. À titre d'exemple, 285 postes ont été ouverts cette année au Royaume-Uni aux diplômés de licence 2 ; 348 en Espagne à destination des titulaires de licence 1 ; trois au Costa Rica pour les licences 3 ; sept étudiants diplômés d’un master 1 ont pris leurs fonctions en Inde, etc.

Des salaires et des rythmes variables

Les disciplines requises (sciences de l’éducation, LEA (langues étrangères appliquées), LLCE (langues, littératures et civilisations étrangères), français langue étrangère, sciences du langage, métiers de l’éducation et de la formation…) sont variables d’un pays à l’autre, tout comme la rémunération. Celle-ci fluctue en fonction de la durée de service hebdomadaire. Cindy, en poste pour neuf mois, gagne 30.000 dollars taïwanais mensuels, soit environ 800 €. Romain touche environ 850 € par mois, pour 12 heures de cours par semaine. "C’est aussi l’occasion de voyager, de rencontrer de nouvelles personnes, de s’imprégner d’une autre culture", assure-t-il.

"Aujourd’hui, une quinzaine d’établissements français valorisent le programme en validant les acquis de l’expérience des assistants à l’étranger, par l’octroi de crédits ECTS, poursuit Maty Ngom. Nous rencontrons parfois des difficultés de recrutement. C’est notamment le cas pour les pays germanophones", poursuit la responsable. Pour les étudiants, l’ouverture des candidatures est prévue le 3 janvier 2019. Dès cette date, si vous êtes intéressé(e), vous pourrez passer un test d’éligibilité afin de savoir pour quel pays vous pourrez vous porter candidat(e).

La procédure d’inscription, comment ça marche ?

Le recrutement des assistants pour l’année 2019–2020 se fera du 3 janvier au 4 mars 2019. La candidature se fait en ligne, sur le site du CIEP. Aucun document papier n’est à envoyer.
En plus du dossier à compléter en ligne (prévoir un certificat de scolarité ou une copie de votre carte d’étudiant pour l’année en cours ; une copie d’une pièce d’identité ; les relevés de notes ou le diplôme justifiant le niveau d’étude), vous passez un entretien avec un professeur pour évaluer votre motivation et votre niveau de langue. Celui-ci peut être mené en présentiel ou à distance. Selon les pays demandés, les candidats recevront une réponse entre avril et juillet. Les profils retenus connaîtront la ville dans laquelle ils seront affectés quelques semaines plus tard. La date de début de contrat figure sur chaque fiche pays accessible en ligne.