Au Canada, un système d’enseignement supérieur spécifique et diversifié

Par Catherine Piraud-Rouet, mis à jour le 03 Novembre 2022
5 min

Le Canada est la destination préférée des étudiants français pour poursuivre leurs études après le bac. Mais son système d'études supérieures est très différent de ce que nous connaissons en France. Le Québec présente même certaines spécificités.

Le Canada reste le pays le plus attractif pour les jeunes français. Chaque année, il accueille plus de 750.000 étudiants étrangers, dont plus de 20.040 Français, selon les chiffres de l'IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada). Des étudiants attirés tant par l’excellence académique du pays – qui abrite notamment 6 des 250 plus grandes universités du monde – que par sa douceur de vivre.

Selon le QS Student City Ranking 2022, parmi les 20 premières villes du monde les plus accueillantes pour les étudiants, on trouve trois villes canadiennes : Montréal, Toronto et Vancouver ! Toutefois, le système éducatif supérieur du pays est très différent de ce que nous connaissons. Et le Québec fait souvent bande à part.

Un système éducatif 100% public, dominé par les universités

Première spécificité du Canada : l’intégralité du supérieur relève du secteur public. À savoir, 92 universités et quelque 141 collèges communautaires, instituts de technologie et Cégeps (Collèges d’enseignement général et professionnel, pour le Québec seulement).

Autre particularité : le système de "grandes écoles" – de commerce, d'ingénieurs, etc. – n’existe pas. "Toutefois, le sentiment d’appartenance est très fort au sein des universités, et toutes sont particulièrement bien dotées en termes d’équipements et d’infrastructures, par les provinces canadiennes, le gouvernement fédéral et des contributeurs privés", précise Jacques-Henri Gagnon, délégué aux affaires universitaires et scientifiques de l’ambassade du Canada en France.

On peut d'ailleurs très bien étudier en français dans les provinces anglophones et en anglais au Québec.

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Deux types de diplômes

Le bac français en poche, vous pouvez candidater à deux types de diplômes. Tout d'abord, vous pouvez vous orienter vers un "bachelor’s degree" ("baccalauréat" au Québec), d'une durée de quatre ans au Canada anglophone ou de trois ans dans la Belle Province (où les études secondaires durent un an de plus qu’ailleurs). Ce diplôme de 1er cycle ("undergraduate studies") est l’équivalent de notre licence.

Il ouvre la voie à l’entrée en "master’s degree" ("maîtrise" au Québec), pour deux ans (2e cycle, ou "postgraduate studies"). "Sur le même principe que les masters pros et recherche en France, ce cycle master peut déboucher sur une entrée directe sur le marché du travail, ou être bouclé par la rédaction d’un mémoire, et c’est alors l’antichambre du doctorat (ou PhD), d’une durée de trois à cinq ans", précise Jacques-Henri Gagnon.

Vous pouvez aussi aussi choisir d'étudier dans certains programmes courts d’un an, les certificats ou "certificates".

Le deuxième type de diplôme est un cursus de trois ans dans un collège communautaire ou Cégep. Une formation directement professionnalisante dans un domaine précis, relativement similaire à nos BTS ou BUT, qui débouche sur un diplôme d’études collégiales.

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Reconnaissance des diplômes entre Europe et Canada : ce qu’il faut savoir

Pour décrocher son diplôme au Canada, il faut obtenir un certain nombre de crédits. Pour un bachelor/baccalauréat au Québec, vous devez par exemple obtenir 90 crédits, contre 120 dans les autres provinces.

Attention, "le Canada ne fait pas partie du système des ECTS, qui sont les unités de compte des diplômes français et européens, rappelle Jacques-Henri Gagnon. Toutefois, le système est très similaire. Au premier cycle, il suffit de multiplier par deux les crédits canadiens : 15 crédits canadiens équivalent à 30 ECTS. Par ailleurs, le pays est signataire de la convention de Lisbonne, ce qui, dans les faits, permet d’intégrer un master français avec un bachelor/baccalauréat en poche, ou un PhD après un M2."

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