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"Bienvenue en France" : ce qui va changer pour les étudiants étrangers

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Etudiants étrangers, la France vous veut dans ses établissements d'enseignement supérieur ! // © plainpicture/Tom Hogan
Etudiants étrangers, la France vous veut dans ses établissements d'enseignement supérieur ! // © plainpicture/Tom Hogan

Le Premier ministre Édouard Philippe a présenté sa stratégie pour accueillir davantage d’étudiants étrangers au sein des universités françaises. Parmi les principales mesures : l’augmentation des frais d’inscription (gage de qualité à l'international), la simplification des démarches administratives et un meilleur accès au logement.

"La jeunesse et le monde évoluent, ce qui nous met au défi de renouveler l’enseignement supérieur (…). En accueillant les étudiants les plus brillants et les plus méritants (…), nous serons nous-mêmes beaucoup plus forts." L’objectif du Premier ministre est clair : favoriser les mobilités internationales pour ne pas se laisser concurrencer en matière d’enseignement.

À l’occasion des Rencontres universitaires de la francophonie organisées par Campus France du 19 au 21 novembre, Édouard Philippe a confirmé sa volonté d’attirer les étudiants étrangers. Différentes mesures pourraient ainsi voir le jour à partir de 2019 dans le but d’accueillir 500.000 étudiants en mobilité à l’horizon 2027, contre 320.000 à l’heure actuelle.

Des démarches administratives simplifiées

L’une des mesures phares vise à garantir de meilleures conditions d’accueil. "Concrètement, nous allons harmoniser et simplifier la liste des documents nécessaires à une demande de visa pour les étudiants", indique Édouard Philippe. Plus besoin de se rendre au consulat. Les demandes pourront s’effectuer en ligne, tout comme la validation des titres de séjour à l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) lors de leur arrivée en France.

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Une autre initiative concerne les diplômés d’un niveau équivalent à celui du master. À partir de mars 2019, ces étudiants pourront bénéficier d’un titre de séjour pour "créer une entreprise ou trouver du travail" en France.

Un label pour les universités modèles

Dès 2019, les établissements investis dans l’accueil d’étudiants étrangers pourraient se voir attribuer le label "Bienvenue en France". Cette distinction imposerait aux universités de mettre en place des guichets d’accueil en lien avec la préfecture, de nommer un référent pour chaque étudiant étranger et de garantir des cours de français et d’anglais aux étudiants non-francophones.

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Le logement fait aussi partie des priorités. La plate-forme Lokaviz, qui recense les logements en cité universitaire, sera accessible en anglais. À Paris, la maison des étudiants francophones pourra accueillir jusqu’à 150 jeunes originaire d’Afrique en 2020.

Une augmentation des frais universitaires

L’accueil des étudiants étrangers passe aussi par ce que le gouvernement appelle "l’équité financière". Tous les étudiants qui ne résident pas dans l’espace économique européen (soit hors pays de l’Union européenne, Islande, Liechtenstein et Norvège) "paieront des frais d’inscription correspondant approximativement au tiers du coût réel de leur formation". En 2018, les frais d’inscription à l’université s’élevaient à 170 € en licence et jusqu’à 380 € en doctorat. Or, le coût moyen d’un étudiant s’élève à 10.210 € (chiffre 2016). Les étudiants étrangers pourraient ainsi payer 3.400 € leur entrée à l’université.

"C’est un choix fort, un choix de solidarité et d’ouverture, qui nous permettra de mieux accueillir les étudiants qui choisissent la France", justifie le Premier ministre. Cette mesure peut paraître paradoxale, mais à l'international, la quasi-gratuité d'une formation n'est pas forcément perçue comme un gage de qualité.

Cette décision a provoqué une vive réaction du côté de la Fage et de l’UNEF. Les deux associations étudiantes ont faire part de leur mécontentement. Pour la Fage, l’augmentation des frais d’inscription ne "favorisera que certains établissements réputés, en particulier parisiens". L’UNEF estime quant à elle que la mesure va renforcer la "triple précarité", à la fois sociale, administrative et pédagogique des étudiants étrangers. Les associations s’accordent à dire qu'ils doivent avoir les même droits et les mêmes avantages que tous les autres étudiants.

Néanmoins, le gouvernement a aussi annoncé l’augmentation du nombre de bourses et d’exonérations de droits universitaires, passant de 7.000 à 21.000 bénéficiaires. "Cette stratégie cherche, en somme, à opérer une forme de révolution : que notre attractivité ne soit plus tant fondée sur la quasi-gratuité que sur un vrai choix, un vrai désir, celui de l’excellence."