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Témoignage

Clément : “Je suis parti en stage dans un ranch en Californie faire de l'agriculture biologique”

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“Au Ridgewood Ranch, nous travaillons de 8h30 à 17h30. Ensuite, chacun est libre de faire ce qu'il veut.” // © Marie Demarque
“Au Ridgewood Ranch, nous travaillons de 8h30 à 17h30. Ensuite, chacun est libre de faire ce qu'il veut.” // © Marie Demarque

À 23 ans, Clément, originaire d'Angers, a décidé de quitter Paris où il étudiait le développement économique et social pour se lancer dans une aventure californienne originale : aller vivre dans un ranch et travailler pendant plus de sept mois au sein d'une mini-ferme spécialisée dans l'agriculture biologique. Rencontre.

Pouvez-vous nous présenter le ranch et ce que vous y faites exactement ?

"Je suis arrivé début avril au Ridgewood Ranch, situé à Wittis, à trois heures au nord de San Francisco. Il s'agit d'une communauté d'agriculteurs qui cultivent toute une gamme de produits végétaux de manière bio-intensive. C'est une forme d'agriculture alternative qui permet de produire de manière intensive des légumes, tubercules et autres céréales biologiques, mais sur de petites parcelles. Il n'y a pas d'élevage en revanche.

Nous sommes une trentaine de personnes réparties dans plusieurs maisons, et nous travaillons de 8h30 à 17h30. Ensuite, chacun est libre de faire ce qu'il veut. Il s'agit d'une communauté catholique qui propose des services religieux tous les jours, mais y participer n'est absolument pas une obligation."

Comment avez-vous obtenu ce stage ?

"Je suis passé par le biais d'une ONG basée à Berkeley (Californie) qui s'appelle MESA (Multinational Exchange for Sustainable Agriculture). L'organisation est chargée de placer des stagiaires internationaux dans leurs fermes-partenaires aux États-Unis. J'ai découvert MESA grâce à une stagiaire que j'avais rencontrée lors d'un séjour en Équateur l'année précédente et qui avait aussi vécu à Ridgewood Ranch. Le programme de sept mois et demi coûte 3.800$ (environ 2.920 €) pour les ressortissants des pays développés. Pour postuler, il faut remplir un dossier de motivation en ligne sur le site de MESA."

Pourquoi avoir décidé de partir aux États-Unis ?

"Je voulais vraiment partir là-bas. J'adore les autres pays et d'ailleurs, je suis déjà parti en stage dans d'autres endroits comme l'Amérique du Sud ou l'Inde. Mais une opportunité telle que celle qui m'est offerte ici n'existe qu'ici ou presque. Le Ridgewood Ranch a développé de manière très approfondie la technique bio-intensive, et l'apprentissage de cette méthodologie compte énormément pour moi. Il y a bien quelques fermes qui fonctionnent de manière similaire en France, dans les Cévennes ou en Normandie par exemple, mais les séjours proposés ne sont pas si longs, au maximum une semaine."

Quelles sont vos premières impressions sur la vie américaine ?

"J'étais déjà venu deux fois aux États-Unis avant de rejoindre le Ridgewood Ranch, pour visiter les grands parcs de l'Ouest américain et la région de Boston. À chaque fois, je suis impressionné par la culture, l'art et la mentalité qui sont différents. Je trouve que les États-Unis sont vraiment le pays de l'innovation, il y a un dynamisme et un esprit positif bien plus important qu'en France. C'est la première fois que je viens en Californie, et c'est encore au-delà de ce que j'imaginais, je suis très heureux ici, et puis, je ne sais pas pourquoi mais les Américains apprécient de rencontrer des Français, c'est étrange mais très agréable !"

Ridgewood Ranch, bilan express

Son meilleur souvenir ?
"Avant d'arriver en Californie, je suis passé par New York et je suis monté au sommet du Rockfeller Center, la vue y est grandiose, c'est incroyable !"

Son pire souvenir ?
"Toujours à New York, quand j'ai failli rater mon avion pour San Francisco !"

Son revenu mensuel ?
"Les stagiaires sont logés, nourris, blanchis et reçoivent 300$ (environ 230 €) d'argent de poche' chaque mois."

Son conseil à ceux qui voudraient l'imiter ?
"Il faut bien réfléchir au type d'agriculture qui les intéresse et bien se renseigner sur les différentes fermes du réseau pour trouver celle qui leur correspond le plus. Il y en a quand même une soixantaine aux États-Unis. Ensuite, à propos de l'anglais, si tant est que l'on dispose d'un niveau intermédiaire, ce n'est pas un obstacle. Les gens ici sont très à l'écoute et compréhensifs avec les étrangers."

Un retour en France ?
"Pour l'instant, je n'envisage pas de revenir m'installer aux États-Unis. En France, j'ai ma famille, mes amis, ma culture. J'adore voyager et découvrir d'autres pays mais justement, c'est en voyageant que je me suis rendu compte à quel point j'aime mon pays et mes racines."

Pour aller plus loin : Partir à l'étranger à la fac : comment ils en ont profité en master / Comment trouver un stage aux États-Unis / Partir étudier aux États-Unis : comment ils sont entrés à Harvard ou au MIT

Sommaire du dossier
Retour au dossier Benjamin : “Il a fallu que je parte au Texas pour réaliser mon rêve de viticulteur” Jessica : “Dès le lycée à New York, j’ai créé un réseau francophone de baby-sitting et de cours particuliers” Louis et Olivier : “On a quitté nos emplois dans la banque pour vendre des roses à New York” Geoffroy, product manager chez Foursquare : “À la fin du collège, j'ai créé un site Web de jeux en ligne” Walid, salarié dans une agence de marketing à New York : “Venu pour mes études, j'ai remué ciel et terre pour trouver un stage” Clémence : “J’ai repris mes études pour ouvrir une boulangerie française aux États-Unis” Clément : “Je suis parti en stage dans un ranch en Californie faire de l'agriculture biologique”