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Un premier poste à l'étranger, est-ce dépaysant ?

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OUI, TOUJOURS !


Même si vous êtes tombé très tôt dans la marmite Erasmus, un premier job à l'étranger reste une expérience dépaysante, y compris aux portes de l'Hexagone. "Le premier pays d'accueil des diplômés d'une école de commerce qui, pour plus de la moitié choisissent l'Europe, est la Grande-Bretagne, note Manuelle Malot, directrice des carrières et du NewGen Talent Centre à l'EDHEC, également auteure du "Guide du recrutement international" (éditions A2Cmedias). Ce n'est pas loin, et pourtant c'est très différent."

Voir le management et la vie de bureau autrement

Des différences en matière de rythme, mais aussi de rapport au travail, et plus largement de traditions. "Lorsque j'arrivais le matin au bureau à 8h00, j'étais la dernière, mais à 16h30, il n'y avait plus personne !", se souvient Clémence, 26 ans, qui a effectué un an de VIE (volontariat international en entreprise) dans un groupe européen à Augsbourg en Allemagne. Rien à voir toutefois avec le choc ressenti son premier vendredi : "En Bavière, le vendredi est une journée spéciale, tout le monde se retrouve vers 9h00 à la cantine pour manger des bretzels, des saucisses, et boire de la bière pour certains."

Même étonnement chez Sébastien, de retour il y un an de deux années dans le bureau américain d'un groupe d'audit de dimension internationale. "Je pensais qu'on était très proche des Américains, mais en réalité il faut une phase d'adaptation de trois à six mois." Parmi les points qui l'ont marqué : la qualité des présentations orales, truffées d'anecdotes grâce à "une formation beaucoup plus axée sur l'oral que la nôtre", ou encore la gestion des ressources humaines "toujours très positive".

Parfois la différence culturelle n'est pas évidente à surmonter. Plutôt réservé de nature, Stéphane, qui a travaillé un an dans une PME australienne, n'a jamais vraiment réussi à se sentir à l'aise avec ses collègues : "Même s'ils sont amicaux, les Australiens restent toujours un peu distants. Les relations me semblent beaucoup plus naturelles avec les Américains", confie le jeune homme, qui a décroché il y a tout juste un an le job de ses rêves dans une entreprise de San Francisco, Autodesk, spécialiste mondiale du logiciel 3D.

Des pays aux atmosphères plus ou moins pesantes

Heureusement, après une phase d'adaptation, l'expérience de la différence est souvent grisante. Grégory, 26 ans, a rejoint récemment la Malaisie pour 18 mois comme contrôleur financier dans une filiale d’un groupe gazier: "Je travaille surtout avec des Chinois et des Malais. C’est très différent de Luxembourg où la plupart de mes collègues étaient Européens. Les Asiatiques ne disent jamais non. Il faut être très attentif pour débusquer d’éventuels problèmes. Il y aussi le poids de la hiérarchie et il faut faire attention à expliquer à fond les choses, car les salariés ne vont pas oser redemander. Mais une fois qu’on s’est un peu adaptés, il n’y a pas de problème", témoigne le jeune homme qui "s'éclate" dans ses nouvelles missions.

Globalement, les responsables des ressources humaines font très attention aux personnes qu'ils envoient à l'étranger. "On ne recrute pas la même personne pour le Nigeria, l'Espagne ou la Russie, témoigne Manuelle Malot de l'EDHEC. Pour les pays difficiles, on cherche des diplômés souvent biculturels ou qui ont déjà une expérience similaire."

Doris, 29 ans, diplômée de l'EDHEC a dû déployer des trésors de motivation pour convaincre Microred, une filiale du groupe Planète Finance spécialisée dans le microcrédit, de l'envoyer pour son premier poste dans le Nord du Nigeria, à Kaduna. Une région formellement déconseillée par le ministère des Affaires étrangères en raison des menaces d’attentats et d’enlèvements : "Pour ce genre de poste, il faut être bien dans ses baskets tout en étant conscient des risques", expose sereinement la jeune femme, de retour depuis deux mois au Nigéria, après une évacuation en France, puis à Dakar (Sénégal) pour des raisons de sécurité.

Dans le Nord, en proie à des tensions religieuses, elle observait des règles de sécurité très précises : "Pour tous mes déplacements, j’empruntais une voiture avec chauffeur et lorsque je me rendais dans certaines zones, j’en informais l’ambassade. J’évitais aussi les lieux de culte, régulièrement bombardés", se souvient la jeune femme. Pas de sorties nocturnes possibles, y compris pour les locaux. La violence du Nord ne l’a pas empêchée d’apprécier son expérience sur place.

Au quotidien, elle a aussi trouvé des moyens de se distraire : "Comme je ne pouvais pas porter ce que je voulais, je me suis fait coudre des tenues originales avec des tissus africains. J’en ai aussi profité pour découvrir l’Afrique : j’ai visité la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun. Aucun regret donc. La preuve, elle est revenue au Nigéria, dans lequel elle se voit bien passer au moins une partie de sa carrière. Aujourd'hui en  poste dans la capitale, Abuja, beaucoup plus sûre, Doris apprécie la différence d’atmosphère. Ici,, Doris a retrouvé une vie sociale.

La vie quotidienne aussi est plus facile : "Abuja est une grande ville, on trouve de tout, y compris du lait au riz ou au soja pour mes intolérances au lactose." La violence du Nord ne l’a pas empêchée d’apprécier son expérience sur place. "Le Nigeria est un pays magnifique et même si, toujours pour éviter les kidnappings, les autorités nous conseillaient de faire attention quand on sympathisait avec des locaux, j’ai rencontré au travail des gens très ouverts." Au quotidien, elle a aussi trouvé des moyens de se distraire : "Comme je ne pouvais pas porter ce que je voulais, je me suis fait coudre des tenues originales avec des tissus africains. J’en ai aussi profité pour découvrir l’Afrique : j’ai visité la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun." La preuve, elle est revenue au Nigéria, dans lequel elle se voit bien passer au moins une partie de sa carrière.
 

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