Coronavirus et études à l’étranger : les aléas des mobilités virtuelles

Par Marine Delatouche, publié le 05 Novembre 2020
4 min

Depuis la France ou l’étranger, des étudiants en mobilité internationale suivent des cours en ligne alors que la pandémie de coronavirus se poursuit. Malgré une difficile mise en route, les universités tentent de les accompagner au mieux.

Frontières fermées, recrudescence du virus, reconfinement… Difficile pour les étudiants de se projeter dans leurs mobilités. Certains d’entre eux ont décidé de garder le cap en tentant l’aventure à distance.

Des cours à distance depuis la France…

Étudier au Japon, Maëlys en rêve. Si l’étudiante en LEA (langues étrangères appliquées) garde l’espoir de s’y rendre en novembre, pour le moment, elle suit les cours en ligne de l’université de Togane depuis le domicile de ses parents, près de Lille (59). Une incertitude de départ que les universités ont préféré éviter au maximum en partie pour éviter les cours à distance.

"Pour de nombreuses formations, la faculté a réussi à décaler les départs à l’étranger au second semestre", assure la faculté de lettres et sciences humaines de l’université catholique de Lille où est inscrite Maëlys en deuxième année de licence.

Mais craignant de ne pas obtenir l’une des rares places pour le Japon en renouvelant sa demande l’année prochaine, l'étudiante a décidé de conserver son choix de mobilité prévue au premier semestre. "Même si je n’y allais pas, j’aurais quand même appris sur la culture et la langue avec des professeurs locaux", relativise celle qui trouve ses cours "très enrichissants".

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…ou dans le pays d’accueil

"Pour certaines destinations, avant de partir au second semestre, c'est obligatoire de suivre les cours à distance, pour d'autres, c'est optionnel ou conseillé, note Nicola Sardos, référent mobilité internationale sortante à l’université de Bordeaux (33). Il existe des cas où les étudiants partent dans le pays alors que leur université d'accueil est fermée et ils suivent des cours en ligne !"

À l’exemple de Clément qui participe à un Erasmus virtuel à Istanbul, depuis le 4 octobre. "Si je suis les cours turcs en France, je n’ai pas accès aux mêmes documents. Ici, la bibliothèque est ouverte", remarque l’étudiant en droit pour qui la première semaine a été chaotique. "En Turquie, Zoom et d’autres logiciels sont interdits. On utilise une plateforme locale et la première semaine, ça ne fonctionnait pas."

Déconvenue aussi en Roumanie pour Marguerite où "la plateforme a été piratée". L’étudiante en techniques de commercialisation s’est aperçue que beaucoup d’étudiants Erasmus se rendaient à Bucarest, alors elle a pris ses billets trois jours avant le départ.

Si elle parvient à suivre les cours via les liens envoyés par ses professeurs, elle se sent un peu perdue une semaine après son arrivée. "On ne sait pas vraiment quels devoirs on a, ni où les rendre. Et puis, on change tout le temps de classe, ce n’est pas facile de s’intégrer quand on doit faire des groupes."

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Une mobilité pas toujours à la hauteur des espérances

À l’université de Bordeaux, Nicola Sardos "essaye d'avoir un contact régulier avec les étudiants, surtout en ce début d'année, pour voir s'ils n'ont pas trop de difficultés. Les facultés et coordinateurs pédagogiques sont également très présents."

Dans les universités d’accueil, les professeurs sont investis. "Ils se sont arrangés pour organiser les cours le soir au Japon, ce qui me permet de les suivre le matin, entre 8h et 11h30, sauf le vendredi où je me lève à 2h pour assister à un cours", détaille Maëlys.

Malgré le sentiment d’avoir été "un peu abandonné à une semaine du départ", Clément estime pouvoir compter sur "une coordinatrice très présente que l’on peut contacter à tout moment, tout comme les profs et le bureau des relations internationales."

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