Etudier en Belgique : "Malgré la proximité avec la France, le dépaysement est total"

Par Pauline Bluteau, publié le 21 Février 2020
6 min

Il y a tout juste un an, Mehdi posait ses valises dans la capitale belge, Bruxelles. Pendant six mois, cet étudiant en informatique a vécu une expérience qu’il n’est pas prêt d’oublier. Comme quoi, il n'y a pas forcément besoin de partir loin pour être dépaysé…

À 28 ans, Mehdi est actuellement en dernière année de master Optimisation en recherche opérationnelle (ORO) à l’université de Nantes. "Mon travail est de minimiser des problèmes sur une situation complexe", explique-t-il, bien conscient que sa spécialité n’est pas toujours compréhensible par tous.

S’il avait déjà envisagé de partir à l’étranger pendant ses études, l’étudiant imaginait plutôt passer quelques mois au Canada dans le cadre d’un stage. Finalement, c’est la Belgique qui s’est imposée à lui, pour son plus grand plaisir.

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Partir pour décrocher un double diplôme

"Lorsque j’étais encore en licence, des étudiants de master ORO m’ont parlé de ce partenariat entre l’université de Nantes et l’université libre de Bruxelles (ULB). Je n’y ai pas réfléchi très longtemps : ils m’ont vraiment donné envie d’y aller.

Pour moi, l’objectif était surtout d’obtenir un double diplôme franco-belge. J’avais envie de découvrir une autre manière de penser et de travailler. Comme je n’avais jamais eu d’expérience à l’étranger, c’était une très belle occasion.

En novembre, j’ai confirmé mon souhait d’expatriation et en février, j’étais sur place. Le rapprochement entre deux écoles est très pratique puisque les démarches administratives sont beaucoup plus rapides. J’ai payé le minerval (droits d’inscription belges, NDLR), fait ma demande de bourse et trouvé mon logement en décembre. Finalement, le plus dur est arrivé plus tard. Une fois sur place, il faut travailler, le rythme est très intense", reconnait Mehdi.

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La vie en Belgique : points forts, points faibles

En effet, même s’il s’était préparé à la rigueur belge, l’étudiant ne s’imaginait pas que ce serait si difficile. Notamment lors des périodes d’examens, appelés blocus. "Cela commence mi-avril et dure jusqu’à fin juin. Pendant cette période, on révise tous les jours et c’est à ce moment là qu’il y a quelques coups de mou", explique Mehdi. D’après lui, les enseignants belges sont bien plus exigeants. Il est donc important d’avoir une bonne organisation dès le début et surtout de savoir s'adapter aux cours. "C'est un détail, mais il ne faut pas confondre TP (travaux pratiques) et TD. En France, ce sont les travaux dirigés alors qu’en Belgique, c’est ce que l’on appelle les thés dansants, les grosses soirées étudiantes."

Autres points faibles pointés du doigt par l’étudiant : la pollution et le coût de la vie quotidienne. L’étudiant estime avoir dépensé en moyenne 1.200 € par mois, logement compris. À savoir, la capitale belge reste tout de même 20% moins chère que Paris.

"Il y a aussi beaucoup de côtés positifs. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est que Bruxelles reste une grande ville à taille humaine", assure Mehdi. D’après lui, on s’y sent facilement à l’aise. L’étudiant, pourtant "d’un naturel angoissé", a même réussi à se "déstresser". "La culture est complètement différente, les gens sont plus cools et il est très facile de s’intégrer. Il y a juste un sujet à éviter : le foot" (la Belgique a été éliminée par l'équipe de France en demi-finale de la dernière Coupe du monde, NDLR), s’exclame-t-il. L’étudiant vante aussi les coins de verdure de la ville et les diverses influences qui donnent un certain charme à la capitale.

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Garder en tête que toutes les expériences sont bonnes à prendre

Pour Mehdi, cette expérience est allée au-delà de ses attentes. Ouverture d’esprit, autonomie, capacité de travail… Son séjour en Belgique lui a permis de "casser la routine" tout en s’enrichissant sur le plan professionnel et personnel. "C’est valorisant de pouvoir se dire qu’on est capable de s’auto-gérer et de vivre sa vie comme on l’entend dans un autre pays. C’est encourageant pour la suite." L’étudiant en informatique conseille donc de ne pas hésiter une seconde à partir car, quelle que soit la destination, le dépaysement sera au rendez-vous.

Mais ne tardez pas à effectuer toutes les démarches administratives, notamment pour ce qui est du logement. "Je m’y suis pris très tôt pour être sûr d’avoir un logement qui me plairait et qui correspondrait à mes attentes." Résultat : Mehdi a trouvé une colocation réunissant six Français et Belges dans une immense maison sur 5 étages avec une chambre de 25 m² rien que pour lui, à seulement une vingtaine de minutes de l’université libre de Bruxelles. Mehdi déconseille aux étudiants de rester vivre, sur le campus, vide le week-end.

"Quoi qu’il en soit, il faut se dire que toutes les expériences sont bonnes à prendre, alors faites-vous plaisir", conclut-il.

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