1. Étudier en Espagne : cap sur la troisième langue la plus parlée au monde
Décryptage

Étudier en Espagne : cap sur la troisième langue la plus parlée au monde

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Malgré une vie quotidienne des plus agréables, en Espagne, l'université c'est du boulot ! // © Juan Aunion/Fotolia
Malgré une vie quotidienne des plus agréables, en Espagne, l'université c'est du boulot ! // © Juan Aunion/Fotolia

Notre voisin ibérique est la deuxième destination préférée des étudiants français. Mais malgré la réputation festive du pays, ne vous attendez pas à vous la couler douce ! À l'université, le rythme de l'enseignement est intense. Détails extraits de l'ouvrage “Partir étudier à l'étranger” de Sophie Collet.

Soleil, fête, langue accessible et utile, l'Espagne reste ultra-attrayante. Les atouts de l'Espagne sont nombreux aux yeux des jeunes Français. “L'espagnol est la troisième langue la plus parlée au monde !” s'exclame Camille, qui a passé un an à Madrid en échange Erasmus. En outre, proche du français, l'espagnol peut être rapidement maîtrisé, contrairement à l'allemand et, dans une moindre mesure, à l'anglais.

Il y a aussi la météo, plus clémente dans ce pays méditerranéen, et le goût immodéré des Espagnols pour la fête : une combinaison de rêve pour des jeunes qui ont envie de s'amuser.

Une expérience qui ne fait plus la différence

Cependant, les employeurs ne sont pas dupes de cet engouement pour l'Espagne. Marie Garcin, consultante dans un cabinet de recrutement, prévient : “Sur le CV d'un jeune diplômé de master, l'Espagne est devenue une destination banale. Elle ne suffira pas à démarquer un candidat, excepté bien sûr si le poste exige un niveau d'espagnol courant, ou s'il y a un double diplôme.”

Alors, plus que pour les autres pays, travaillez bien votre projet si vous souhaitez partir étudier en Espagne.

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Des cours au rythme soutenu

Malgré une vie quotidienne des plus agréables, en Espagne, l'université c'est du boulot ! Loin des pérégrinations de Romain Duris dans le film “L'Auberge espagnole”, les jeunes Français en Espagne travaillent souvent plus, en quantité, que leurs camarades partis en Angleterre ou en Allemagne. Contrairement aux pays anglo-saxons qui laissent une grande place au travail personnel avec relativement peu d'heures de cours, les emplois du temps espagnols sont très chargés, jusqu'à trente-cinq heures par semaine selon les cursus.

Sachez aussi qu'il est inutile de compter sur l'indulgence des professeurs locaux, vous serez logé à la même enseigne que vos camarades de toutes origines.

L'Espagne a très peu développé les programmes anglophones, à vous de trouver les moyens de suivre en cours dans une langue que vous ne maîtrisez peut être pas encore. Mais patience, il faut compter généralement deux mois pour s'adapter !

Le logement : colocation ou résidence universitaire privée

En Espagne, les cités universitaires n'existent pas ou très peu. Les étudiants ont généralement le choix entre deux solutions : la colocation (“piso compartido”) ou les résidences universitaires privées (“colegios mayores”). Ces dernières offrent un vaste éventail de services : électricité, Internet, ménage, voire activités sportives et culturelles. Elles proposent parfois aussi les repas. Mais leurs loyers restent élevés : il faut compter entre 700 et 1.000 € pour une chambre en “colegio mayor” à Madrid.

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Pour trouver une colocation, vous pouvez déblayer le terrain depuis la France sur Internet, mais le mieux reste de vous rendre sur place une ou deux semaines avant la rentrée. Réservez en auberge de jeunesse et décortiquez intensément les petites annonces !

Autre option : contactez dès l'année précédente des étudiants français en échange. L'un d'eux pourra peut-être vous céder son appartement à son départ.

Il faut aussi savoir qu'en Espagne les appartements sont souvent loués “au noir” et les loyers payés en liquide.

L'expérience de Camille, étudiante en LEA en échange à Madrid

“Je suis partie lors de ma troisième année de licence LEA anglais-espagnol, après deux ans à Chambéry. En Espagne, j'étais inscrite en administration et direction des entreprises. J'ai pu choisir mes cours assez librement, avec l'approbation de mes profs en France. C'était la première année que cet échange existait, et j'ai vraiment eu l'impression d'essuyer les plâtres. D'ailleurs, à mon retour, ma prof référente en France n'a même pas pris la peine de convertir mes notes, elle m'a mis 13 partout !

À Madrid, j'avais cours tous les jours de 9 heures à 15 heures sans pause, ce qui faisait beaucoup plus d'heures de cours qu'à Chambéry. À ces horaires soutenus s'ajoutaient des devoirs, des projets et le contrôle continu. J'ai trouvé le rythme très fatigant.

Niveau budget, la vie reste quand même moins chère qu'en France, à part le loyer, vraiment élevé. Je payais 500 € pour une chambre dans un appartement en colocation avec deux Espagnols dans le centre de la ville. Quand j'avais le temps, je sortais profiter des soirées madrilènes, avec ma petite technique personnelle : les bars offrent souvent un verre gratuit, ce qui permet de sortir sans débourser un centime !”

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Partir étudier à l'étranger”,
par Sophie Collet.