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Témoignage

Etudier en Espagne : "J’ai moins peur de partir de chez moi pour la suite de mes études"

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Margaux a goûté aux joies de la vie étudiante en Espagne. // © Photo fournie par le témoin
Margaux a goûté aux joies de la vie étudiante en Espagne. // © Photo fournie par le témoin

La routine, trop peu pour Margaux. En septembre dernier, la Bordelaise a donc décidé de partir en Espagne, direction Bilbao pour poursuivre sa licence en économie-gestion. Un vrai changement pour cette étudiante de 20 ans qui a découvert les joies de l'indépendance. Même si la crise sanitaire l'a contrainte à rentrer plus tôt que prévu, elle imagine déjà y retourner !

Après deux ans d’études à Bordeaux (33), logée chez ses parents à 30 minutes du campus, l’étudiante se sentait "lassée". Margaux a donc préféré passer sa dernière année de licence d’économie-gestion dans le pays basque espagnol. L’envie de "découvrir une autre culture, rencontrer des étrangers et améliorer son espagnol", l’a conduite à Bilbao.

Le choix était évident : "J’ai plus d’affinités avec l’espagnol qu’avec l’anglais." Spécialisée en gestion pour sa L3, Margaux ne pouvait prétendre à des facultés au Royaume-Uni : "Elles ne proposent que des cours d’économie." La proximité géographique avec sa terre natale a également joué, l’Espagne n’étant qu’à quelques heures de bus du Sud-Ouest de la France. De quoi rassurer pour un premier long séjour à l’étranger.

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Partir de chez ses parents

Margaux a construit son projet de départ avec une amie. "À deux, c’était plus facile de se lancer, on s’est motivé pour les démarches. On s’est renseigné dès la rentrée de L2." La réponse, donnée en avril, laisse ensuite quatre mois pour se préparer.

"Je ne suis pas partie pour les cours mais surtout pour apprendre la langue et vivre une expérience d’un an dans un autre pays. Tous mes cours étaient en espagnol. Au début, c’était difficile de prendre la parole, mais à partir de janvier j’étais plus à l’aise. Je n’avais plus peur de me tromper ce qui m'a permis de passer du niveau B1 à B2."

Sur l’enseignement en tant que tel, peu de différence avec la France. "Les matières scientifiques, comme les maths, c’est la même chose. En marketing par contre, il y a beaucoup de travaux de groupe avec restitution orale. C’était nouveau pour moi. Les élèves espagnols ne voulaient pas toujours se mettre avec nous, à cause de notre niveau de langue moins bon", constate-elle.

Mais ces quelques mois à l'étranger ont surtout été bénéfiques d'un point de vue personnel. "Pour la première fois, j’ai vécu en colocation, avec quatre étudiants espagnols. Sur la tolérance et l’adaptabilité, je me suis bien améliorée ! J’ai aussi gagné en indépendance et j’ai enfin découvert la vie étudiante, sans avoir besoin de dire à mes parents à quelle heure je rentre", confie Margaux.

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La vie en Espagne : points forts, points faibles

Pour ce qui est de la vie quotidienne, l'étudiante s'estime s'en être bien sortie. 700 euros par mois lui ont suffi pour vivre. "Avec toutes les bourses, je m’en sortais sans problème", assure-t-elle. Au supermarché, la nourriture coûte moins cher : "Si on ne cherche pas à acheter des produits français comme le fromage, avec 25–30 euros, on tient deux semaines." Même chose au bar avec des pintes de bière à "2 ou 3 euros".

Trouver un appartement à louer s’est avéré "facile", grâce à des sites comme Idealista. Logée dans le centre de Bilbao pour 400 euros par mois, l’étudiante s’est beaucoup déplacée à pied, pour aller en soirée avec ses amis ou pour visiter. "On peut même aller à la plage en métro." Elle a découvert "une très belle région" et arpenté à maintes reprises les expositions du musée Guggenheim. Pour cinq euros, les étudiants y ont accès en illimité toute l’année.

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Mais Margaux, n’avait pas prévu la pluie dans le pays basque espagnol, "un petit peu tous les jours". Mieux vaut toujours avoir un parapluie sur soi, pour éviter, comme elle, "d’arriver trempée en cours."

Autre déception : difficile de devenir amis avec des espagnols. "Ils nous calculent pas trop. Certains nous riaient au nez quand on leur posait des questions", déplore Margaux, qui a tout de même noué des liens avec deux étudiantes de Bilbao, avides de faire connaissance. "D’un campus à l’autre, l’ambiance n’est pas du tout la même, les étudiants du mien (Sariko) étaient moins ouverts", précise-t-elle.

Ne pas hésiter à aller vers les autres

Pour éviter la solitude, Margaux recommande de faire le premier pas et de s’accrocher. "Il ne faut pas hésiter à aller vers les autres", assure-t-elle. Les voyages et soirées organisés par l’association "Happy Erasmus", présente dans tout le pays, aident à tisser des liens. "On a passé cinq jours entre Lisbonne et Porto, il y avait des Italiens, des Belges, des Allemands qu’on croisait en soirées et qu’on a pu mieux connaître."

Le choix du logement demande de l’anticipation. L’étudiante de 20 ans a préféré visiter avec ses parents pour éviter "les arnaques". Elle met en garde : "Certains proposent des logements insalubres ou à des prix très élevés, par exemple 600 euros pour une simple chambre étudiante."

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Dernière recommandation : bien connaître les bourses de mobilité. Margaux a obtenu un financement du programme IdEx, en plus de ceux du CROUS et de la région Nouvelle-Aquitaine. Il faut préparer un dossier "béton" : lettre de recommandation d’un professeur, classement dans le premier quart de sa promotion en L1 et L2, lettre de motivation poussée pour "expliquer en quoi nous serons des ambassadeurs de l’université de Bordeaux sur le campus espagnol", détaille-t-elle. Résultat, "je n’ai même pas dépensé tout l’argent que je recevais car mes parents ont continué à me verser ma pension habituelle".

Pour son master, Margaux s'installera à Marseille. L'étudiante sort confiante de cette expérience : "J’ai moins d’appréhension à partir loin de chez moi pour mes études."

 // © Pauline Bluteau
// © Pauline Bluteau

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