1. International : ils ont réussi leur double diplôme
Coaching

International : ils ont réussi leur double diplôme

Envoyer cet article à un ami
Comme Alice, de nombreux étudiants choisissent de s'expatrier pour obtenir un double diplôme. // © Photo fournie par le témoin
Comme Alice, de nombreux étudiants choisissent de s'expatrier pour obtenir un double diplôme. // © Photo fournie par le témoin

Les doubles diplômes organisés en partenariat avec des établissements d’autres pays facilitent les parcours internationaux. Mais pour en bénéficier, il faut se renseigner bien en amont et être prêt à beaucoup travailler. Témoignages.

Alice : "Un double diplôme demande un engagement à 100 %"

À 23 ans, Alice est diplômée en 2016 du master juriste européen de l'université Paris-2 Panthéon-Assas, de la Humboldt-Universität de Berlin et du King's College de Londres.
"Bien sûr, suivre un double ou triple cursus multiplie la charge de travail personnel mais la récompense est d'autant plus grande à la sortie", glisse Alice, 23 ans. Cette diplômée de Paris-2 Panthéon-Assas en sait quelque chose. Aussitôt diplômée du programme de Juriste européen, organisé avec des universités de Londres et Berlin, elle a été recrutée dans un cabinet d'avocats au Luxembourg.
Une belle performance, étant donné que le nombre de candidats sur le marché excède largement le nombre de postes dans les filières juridiques. "Aujourd'hui, beaucoup de gros cabinets demandent au minimum un Master of Laws (LLM). Grâce à mon master, je pouvais en afficher deux sur mon CV !"

Le tout sans allonger ses études puisque les trois diplômes sont intégrés en un parcours sur mesure. "On nous met sur les rails dès la première année de fac. En parallèle de la licence classique, il faut préparer des diplômes d'université en droit allemand et droit anglais. La quatrième année se déroule à Berlin et la cinquième à Londres. Les tarifs d'inscription au King's College de Londres sont assez élevés mais le partenariat permet une réduction, et, surtout, nos places sont réservées, on ne nous demande pas de repasser des sélections."

Lire aussi : International : bien choisir son double diplôme

En terminale, cependant, Alice n'a pas compté ses heures pour remplir les dossiers de candidature et peaufiner ses lettres de motivation. "La liste d'exigences était sacrément longue, des bulletins de seconde à la mention au bac", se souvient-elle. Puis, pendant les cinq ans de formation, pas de place pour la routine : "Le niveau évolue assez vite alors il faut sans cesse s'adapter à de nouvelles règles du jeu. Mais en étant assidu, on assure déjà 50 % du travail. Il faut aussi bien préparer chaque TD et ne pas hésiter à demander des tutorats. C'était une expérience très formatrice et un passeport pour l'emploi".

Amélie : "On apprend à être mobile"

Amélie, 23 ans, est diplômée en 2016 du double master de management franco-allemand de l'université de Rennes-1–Universität Augsburg. Originaire de Metz, Amélie a appris l'allemand très jeune et souhaitait garder après le bac une ouverture culturelle, sans non plus s'engager dans des études consacrées aux langues.

C'est ainsi qu'elle a découvert la licence de l'Institut supérieur franco-allemand de technique, d'économie et de sciences (ISFATES), proposée par l'université de Lorraine avec une école de Sarrebrück. Là elle s'est spécialisée en logistique et s'est familiarisée avec un lexique plus technique avant de rebondir en master dans le programme monté par l'université de Rennes-1 avec une université bavaroise. "La première année du master se déroule outre-Rhin et les premières semaines ont été un peu difficiles. Heureusement que je parlais déjà l'allemand couramment", sourit Amélie. Ses camarades français engagés dans le cursus avaient eux aussi de bonnes préparations à leur actif, avec des échanges Erasmus ou des parcours de licence franco-allemands sur leur CV.

"En double diplôme, les profs nous mettent sur le même plan que les natifs ce qui permet de progresser vite. J'ai aussi pu bien améliorer mon anglais car on le parlait dans une grande partie des cours". C'est cette langue qu'Amélie utilise d'ailleurs le plus dans son travail aujourd'hui. Mais elle juge qu'elle a acquis de précieuses capacités d'adaptation en naviguant entre la France et l'Allemagne. "J'ai déménagé cinq fois en cinq ans. Revenir à Rennes en dernière année n'était d'ailleurs pas si évident une fois qu'on connaît bien le système allemand. Ces changements fréquents m'ont appris à être mobile et à savoir faire face à de nouvelles situations." Une expérience qui lui sert chaque jour en tant que chargée de projets logistique, son entreprise étant très tournée vers l'export.

 

Alexandre : "J'ai pu travailler avec des étudiants venant de tous les horizons"

À 24 ans, Alexandre est diplômé en 2016 de Centrale Lyon et du KTH Royal Institute of Technology de Stockolm. Il est entré en école d'ingénieurs après une classe préparatoire aux grandes écoles. C'est en partant six mois en stage en Australie, en fin de deuxième année, qu'il a eu l'idée de préparer un double diplôme. "Dans une entreprise du Web, près de Melbourne, j'ai intégré une équipe cosmopolite, ce que j'ai beaucoup apprécié." Pour revivre ce genre d'ambiance, il se renseigne à son retour sur les cursus internationaux et découvre que Centrale Lyon a un partenariat en master avec KTH, une université suédoise "avec un public d'horizons variés".

"Cela collait à ce que je voulais faire d'autant que le master intégrait des cours très créatifs qui n'existaient pas en France. Avant de partir, j'ai commencé à apprendre le suédois car il faut justifier d'un niveau intermédiaire (NDLR : B dans le cadre européen commun de références pour les langues) pour obtenir le diplôme. Mais, sur place, la plupart des enseignements se déroulaient en anglais. J'ai pu travailler sur des projets avec des étudiants aux profils très différents.

Lire aussi : Double diplôme d'ingénieur : un atout face aux recruteurs

L'une de ces expériences, visant à transformer la voix en œuvre d'art, fait d'ailleurs partie de mon activité aujourd'hui. Chef de projet Web, je vais dès 2017 consacrer une journée par semaine à ces recherches. Sans mon passage à KTH, je n'aurais jamais eu ce déclic", témoigne Alexandre. Et d'encourager aujourd'hui les promotions suivantes à tenter leur chance et "oser déposer un dossier de candidature : le fait même de se confronter à un autre système éducatif est enrichissant".