L'Espagne, la valeur sûre des étudiants en mobilité Erasmus+

Par Pauline Bluteau, publié le 26 Janvier 2022
6 min

Avec près de 9.000 étudiants français accueillis chaque année, l'Espagne est la première destination Erasmus+. Entre le coût de la vie, la météo et l'ambiance festive, les atouts du pays sont loin d'être négligeables.

Interrogés à l'automne dernier par l'Etudiant sur les spécificités de leur pays d'accueil, les étudiants partis en Erasmus+ en Espagne sont unanimes : "L'accueil est chaleureux, il y fait bon vivre et les villes historiques sont magnifiques", "il fait beau, les gens sont joyeux, c'est un pays parfait pour les étudiants", "une bonne humeur ambiante couplée d'un coût de la vie très bas"…

Alors, viva España ? Oui, répondent sans hésiter Julie, 20 ans, étudiante en troisième année de licence de maths à l'université de Lille (59) et Pierre, 22 ans, étudiant-ingénieur en cinquième année à Polytech Lille. Depuis la rentrée 2021, tous les deux ont posé leurs valises dans ce pays qui leur procure une joie de vivre communicative.

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Un mode de vie décalé

Ce n'était pas la destination de ses rêves mais finalement, pour Pierre, l'Espagne est presque une révélation. "Dans mon cursus, la mobilité internationale est obligatoire. Je voulais partir au Québec. J'avais fait tous mes vœux de mobilité là-bas mais avec le Covid, ce n'était plus possible. Je me suis donc tourné vers les destinations restantes, en Europe. J'ai choisi de partir à Madrid car ça avait l'air sympa", raconte l'élève-ingénieur lillois. Et il ne regrette rien, bien au contraire.

En mobilité d'études pour un semestre, l'étudiant a déjà pris le pli de sa vie espagnole. "Mon rythme de vie est complètement décalé, on mange plus tard le midi et le soir, ça me convient très bien. J'ai un emploi du temps stable avec des cours uniquement l'après-midi de 15h30 à 19h30. Même si j'ai beaucoup de travail personnel, cela me laisse du temps pour en profiter."

De son côté, Julie est une véritable Espagnole dans l'âme. Au collège, elle découvre une langue puis une culture qu'elle affectionne particulièrement. "Je voudrais devenir professeure de maths et animer des cours en espagnol pour les sections européennes au lycée par exemple. Je savais donc que je partirais là-bas un jour."

C'est chose faite : l'étudiante lilloise s'est installée à Malaga en août dernier pour une année entière. Si l'Argentine aurait très bien pu être son point de chute, la crise sanitaire, le coût financier de la destination et l'éloignement de sa famille lui ont fait prendre la direction de l'Espagne sans hésitation. "Ma vie ici se passe très bien malgré le choc du premier jour où je me suis dit que j'étais vraiment toute seule. Je n'avais plus le choix que de m'intégrer et tout s'est très bien passé."

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"L'Auberge espagnole" version 2021–2022

En les écoutant, il n'y a aucun doute : "L'Auberge espagnole" reste d'actualité, 20 ans après la sortie du film culte de Cédric Klapisch. Même si l'intrigue se déroule à Barcelone, l'ambiance festive reste la même. "Les Espagnols aiment beaucoup être dehors, on n'a jamais l'impression qu'il est tard", assure Pierre. "Le rythme espagnol est assez particulier : ils se reposent l'après-midi, ne sont pas pressés quand ils marchent et sortent très facilement même sans occasion. Les bars, c'est leur lieu de vie", confirme Julie.

Mais c'est la météo qui remporte tous les suffrages : avec 2.769 heures de soleil par an au compteur, seuls Malte et le Portugal peuvent rivaliser en Europe. "Ça joue sur l'humeur et le moral", s'exclament les deux étudiants.

Ajoutons à cela une bonne dose de culture (pas moins de 49 monuments classés au patrimoine de l'UNESCO) et un coût de la vie abordable (en moyenne, 229 euros par mois pour un studio de 20m²), les étudiants sont convaincus. Aucun ne pense même à citer les traditions culinaires parmi les avantages.

"À Madrid, il y a ce côté international, mais avec beaucoup de Français. C'est idéal pour rencontrer des gens. Les Espagnols sont aussi très accueillants, toujours gentils, on va facilement boire une bière avec eux", précise Pierre qui multiplie aussi les activités sportives pour sortir. "Je pense que j'ai pu faire plus de choses ici que si j'étais allé au Canada où les gens sortent moins." Julie profite aussi de son temps libre pour découvrir l'Andalousie : elle a prévu plusieurs excursions à Cordoue, Séville ou Grenade, accompagnée d'autres étudiants en Erasmus ou non d'ailleurs.

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Parler espagnol, un plus lors de son Erasmus+

Le plus difficile pour les deux Lillois : trouver des inconvénients au pays. C'est finalement la langue qui les met d'accord. À l'inverse d'autres pays européens, l'anglais n'est pas vraiment la langue internationale par excellence. La maitrise de la langue de Shakespeare par les Espagnols équivaut à celle des Français, selon Education First (société suédoise spécialisée dans l'apprentissage de l'anglais).

À Madrid, Pierre a la chance de suivre des cours en anglais. C'est d'ailleurs aussi pour cette raison qu'il a choisi d'étudier dans la capitale. "On peut parler anglais avec les autres étudiants mais à l'extérieur non."

Julie, qui avait déjà un très bon niveau d'espagnol avant de partir, indique elle aussi que maitriser quelques mots en castillan peut s'avérer indispensable. "Dans ma classe, mes cours sont en espagnol et je suis la seule étudiante en Erasmus. Pareil dans ma résidence étudiante où il n'y a que des Espagnols. Or, si je n'avais pas maitrisé quelques mots, il aurait été difficile pour moi de partager les discussions à table, d'échanger, de m'intégrer. Je pense qu'avant de partir en Espagne, il faut avoir un niveau correct en espagnol. Parler, c'est aussi comprendre la culture du pays", souligne-t-elle.

Vous l'aurez donc compris, il vous suffit simplement d'apprendre quelques mots d'espagnol pour profiter pleinement de votre séjour en Espagne.

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