Ma vie d'étudiant en Nouvelle-Zélande : Thibault a la tête en bas

Par Marie-Anne Nourry, publié le 24 Avril 2017
5 min

À 20 ans, Thibaut, étudiant en deuxième année à l'Epita, a traversé le globe pour s'installer à Auckland, en Nouvelle-Zélande, le temps d'un semestre.

Avant d'atterrir à Auckland au mois de février, Thibault, étudiant en deuxième année à l'Epita (une école d'ingénieurs), a troqué le manteau d'hiver pour les manches courtes. Le jour de la rentrée à l'AUT (Auckland University of Technology), le chant des cigales résonnait dans les arbres gigantesques. "La Nouvelle-Zélande, c'est le bout du monde, j'avais envie de découvrir ce petit pays", confie l'étudiant.

La main au portefeuille

Pour sauter le pas, et malgré un partenariat entre son école et l'AUT, Thibault a dû s'acquitter de 12.500 € de frais d'inscription pour le semestre. Un budget conséquent. En effet, les échanges permettant d'étudier gratuitement au pays des hobbits sont à ce jour en nombre très limité.

Thibault s'est attelé aux formalités administratives six mois avant le départ. "Mon école m'a un peu aidé mais j'ai dû effectuer le gros des démarches de mon côté", précise-t-il. Heureusement, beaucoup d'entre elles s'effectuent en ligne, à commencer par la demande de visa. Le conseil de l'étudiant : vérifier régulièrement l'avancée du dossier car on ne reçoit pas d'alerte.

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12 heures de décalage horaire

Plusieurs compagnies aériennes assurent l'impressionnant trajet Paris-Auckland, avec une escale obligatoire au Moyen-Orient ou en Asie. Thibault, lui, a choisi un vol Air France passant par Shanghai. "Je suis parti un jeudi et j'ai atterri un samedi", précise-t-il. Au total, il a cumulé 24 heures de vol et 5 heures et demie d'escale.

"On a l'impression de voyager dans le temps car il fait nuit tout le temps", décrit le jeune homme. En dépit des 12 heures de décalage horaire, le globe-trotteur s'est efforcé de se mettre immédiatement à l'heure néo-zélandaise. "On est arrivé le matin mais j'ai attendu qu'il soit 22 h pour aller me coucher. Le lundi, j'étais déjà bien calé !"

Coloc internationale

Côté hébergement, comment Thibault s'est-il débrouillé ? Plutôt bien ! L'étudiant a obtenu une place dans la résidence internationale, à deux pas de la fac. "Dès la confirmation de mon inscription, j'ai envoyé une demande de logement. Il faut s'y prendre dès que possible car les chambres partent très vite." Il paie tout de même 1.000 NZD (dollars néo-zélandais), soit environ 700 € par mois.

L'appartement où il vit accueille quatre autres étudiants : un "Kiwi" (surnom donné aux Néo-Zélandais), une Anglaise, ainsi que deux compatriotes inscrites en école de commerce. "J'étais un peu déçu au début de ne pas être le seul Français mais les deux filles sont sympas et je me suis fait un groupe d'amis en dehors de la coloc, principalement des Américains."


Thibaut devant un "marae", maison sacrée maori.  //
© Fournie par le témoin

En plus du loyer, Thibault dépense 700 NZD, soit 500 €, par mois pour les sorties et la nourriture. "Bien manger coûte cher ici", souligne le grand gaillard. Pour arrondir ses fins de mois, il joue de l'accordéon dans la rue grâce à une licence qu'il a obtenue à la mairie. "Je gagne une douzaine de dollars de l'heure... et je rencontre du monde", sourit-il.

Tout faire à pied

L'AUT est installée dans le centre-ville très cosmopolite d'Auckland, à dix minutes à pied de l'océan Pacifique, et aux portes d'un parc à la végétation luxuriante. "Je fais tout à pied, c'est très pratique", remarque Thibault. L'université n'est pas sur un vaste campus doté d'immenses terrains de rugby, comme on en voit ailleurs en Nouvelle-Zélande lorsque l'on s'éloigne des grandes villes. Peu importe, l'étudiant préfère le tennis de table ! Néanmoins, les installations sont à la pointe de la modernité. "Les salles de classe sont très bien équipées et le Wi-Fi est quasi illimité !"

Les cours sont à la carte, "c'est l'Epita qui a choisi les miens", précise Thibault. Au menu : des mathématiques, de la programmation, de la communication appliquée et du conseil en informatique. Le futur informaticien jongle ainsi avec 11 heures de cours auxquels s'ajoutent les travaux en groupe. "En contrepartie, le travail personnel est important, nuance-t-il. J'ai un devoir un peu costaud à rendre par semaine."

"Fluent", Thibault n'a pas de difficulté à suivre en classe. Et si un terme en anglais lui échappe, il peut "récupérer les slides sur une plate-forme en ligne". Il peut aussi demander de l'aide à un camarade : "Les Kiwis sont très gentils et l'ambiance est décontractée. On peut entrer en cours et sortir quand on veut !"

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À l'aventure !

Enfin, le "bidouilleur" a aussi choisi de partir aux antipodes pour voyager et découvrir les fameux "grands espaces" de la Nouvelle-Zélande. "Dès qu'on sort de la capitale, on passe très vite des paysages de forêt aux collines, de l'océan à des cascades impressionnantes", rapporte-t-il, les yeux brillants.

Mais son plus beau voyage est celui qui l'a conduit, sans même quitter Auckland, à découvrir la culture maorie. L'université a organisé une immersion rituelle de deux jours dans un "marae", une maison sacrée. "J'ai appris des chants, à faire le 'haka', j'ai été adopté par une nouvelle famille."

C'est décidé, il se fera faire un "moko", le tatouage traditionnel, avant de repartir !

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