1. Ma vie d'étudiant à Shanghai : Romain, en 2e année de Bachelor à l'Institut Paul-Bocuse
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Ma vie d'étudiant à Shanghai : Romain, en 2e année de Bachelor à l'Institut Paul-Bocuse

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Selon Romain, arriver à Shanghai sans parler chinois est un handicap dans la vie quotidienne. Si c'était à refaire, il apprendrait les rudiments avant de partir. // © Liz Hingley/Agence Vu pour l'Etudiant
Selon Romain, arriver à Shanghai sans parler chinois est un handicap dans la vie quotidienne. Si c'était à refaire, il apprendrait les rudiments avant de partir. // © Liz Hingley/Agence Vu pour l'Etudiant

Direction la Chine, dans le restaurant-école de l’Institut Paul-Bocuse, où Romain effectue un stage de six mois. Dépaysement garanti pour le cuisinier de 23 ans.

Si la cuisine passionne Romain depuis tout petit, ce n'est qu'après un bac scientifique et une licence de droit qu'il a décidé de s'engager dans la poursuite de son rêve. "Mon père a fait médecine et ma mère Sciences po, la voie professionnelle n'allait pas de soi", justifie-t-il. Aujourd'hui, en deuxième année du Bachelor arts culinaires et management de la restauration de l'Institut Paul-Bocuse, le Lyonnais a posé ses couteaux à Shanghai pour un stage de six mois.

Dans le restaurant-école de l'institution, il encadre des étudiants chinois en formation. "On ne parle pas la même langue. On n'a pas la même culture, mais c'est un excellent apprentissage de la gestion d'équipe", assure-t-il.

Une immensité "bluffante"

En débarquant dans la mégalopole, Romain s'est d'abord senti perdu au milieu des 23 millions d'habitants et des buildings gigantesques. "C'est bluffant, on peut prendre le train pendant une heure et toujours se trouver dans Shanghai, la ville n'a pas de fin." Et le fait que très peu de Chinois parlent anglais l'a pris au dépourvu. "Au début, tout est compliqué, que ce soit pour acheter de l'eau ou prendre le taxi, mais le langage des signes aide un peu. Et en apprenant les rudiments, on parvient à se faire comprendre."

Les habitudes culinaires ont également étonné le futur restaurateur. "Les Chinois cuisinent et mangent dans la rue, ça peut paraître dégoûtant au début car on a une vision exacerbée de l'hygiène en Occident mais je n'ai jamais été malade." Le gourmet apprécie en particulier le travail des goûts, sucrés et épicés. Mais attention aux impairs : "Le fait de saisir la viande, par exemple, est un blasphème ici. Elle doit toujours être vidée de son sang et bouillie."

Logement de fonction

Côté hébergement, Romain a eu la chance de bénéficier d'un logement de fonction de 100 m², en colocation avec trois collègues. "Il est situé dans la concession française, un quartier très agréable du vieux Shanghai où nous sommes complètement immergés dans la culture chinoise". Il a ainsi pu économiser le prix du loyer. "On nous avait dit qu'on allait vivre comme des rois mais l'immobilier est très cher et il ne faut pas arriver avec les poches vides", prévient-il. Autre avantage de cet appartement : il se trouve à 30 minutes à pied du restaurant. Une distance commune, dans la ville, pour aller de son appartement à la bouche de métro.

Entre expatriés

Le jeune cuisinier travaille près de quinze heures par jour au restaurant-école, très loin du rythme étudiant. "Mais l'avantage avec les Chinois, relativise-t-il, c'est qu'ils mangent tôt." En contrepartie, il a deux jours de repos par semaine, dont il profite pour découvrir la ville. "Le quartier artistique du M50 est très sympa, c'est une fourmilière remplie de petites galeries d'art qui s'ouvrent et se ferment au fil des semaines."

Le soir, Romain fréquente surtout les lieux réservés aux expatriés. "Je n'ai pas tenté le folklore des karaokés et des boîtes de nuits chinoises." Ce qui ne l'a pas empêché de tisser des liens très forts avec des Shanghaiens. Après bientôt six mois à ce rythme effréné, le stagiaire devient plus casanier. "C'est bientôt la fin et je profite de mes congés pour me balader, bouquiner et regarder des films."

Si une installation en Chine ne figure pas dans les projets de Romain, il ne l'exclut pas si une opportunité se présente. "Cette expérience apporte une ouverture au monde qui me paraît essentielle pour un entrepreneur." Dans le doute, il projette d'ailleurs de continuer d'étudier le chinois à son retour !

Avant de partir...
Pensez très tôt au visa. Vous devez vous rendre à l'ambassade de Chine et remplir un dossier. En plus des pièces habituelles (passeport valable au moins six mois, photo, etc.), vous devez fournir une lettre d'invitation de l'université d'accueil, une attestation d'hébergement en Chine et une attestation de fonds prouvant que vous pourrez financer votre séjour (par exemple : attestation de revenus).
Infos sur le site de l'ambassade.

Prévoyez une trousse à pharmacie. Il n'y a pas de médecin généraliste comme en France. Emportez des médicaments de base : antispasmodique, vitamines, paracétamol...

Sur place...
Budget
1 yuan = 0,15 €.
Budget mensuel : environ 800 €.

Logement
Environ 1.000 € pour une colocation de 60 m².

Transport
- Métro : 1 ticket = 0,6 €. Possibilité d'acheter une carte rechargeable en déposant une caution de 3 €.
- Taxi : 2 €, la prise en charge, et 0,15 €, le kilomètre. Moyen de transport le plus pratique et économique.
- Vol aller-retour : 1.000 € en moyenne. 12 heures de vol.

Communication
Téléphone et Internet : 30 € pour une carte rechargeable, Internet et SMS inclus.

Nourriture
30 €/mois à la mode chinoise.

Les sites utiles
- smartshanghai.com : site en anglais regroupant les informations pratiques pour vivre à Shanghai (sorties, transport, logement, shopping).
- bonjourchine.com : forum Shanghai destiné aux expatriés français (discussions sur la santé, l'immobilier, les rencontres, les soirées, etc.).