1. Maxime, parti étudier à Osaka : "Ma famille d’accueil m’a remis un code de savoir-vivre de 13 pages"
Témoignage

Maxime, parti étudier à Osaka : "Ma famille d’accueil m’a remis un code de savoir-vivre de 13 pages"

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Le château d'Osaka avec les cerisiers en fleurs. // © M.
Le château d'Osaka avec les cerisiers en fleurs. // © M.

Maxime, étudiant à l'université d'Orléans, a passé une année à Osaka. Rentré à l’été 2013, il revient sur cette expérience hors du commun pour Jeunes à l’étranger et l’Etudiant.

Pourquoi et comment êtes-vous parti étudier au Japon ?

Mon objectif était simple : je souhaitais améliorer mon niveau de japonais et approfondir ma connaissance de la culture japonaise.

J'étais en master LACI (Langues affaires et commerce international) qui est une poursuite d'études possible à la licence LEA. J'avais des cours de langues (anglais et japonais dans mon cas) orientés business, d'économie et de droit.

Pour partir au Japon, il m'a fallu préparer un dossier incluant pas mal de paperasse (relevés de notes, lettres de recommandation d'enseignants, etc.). J'ai dû défendre ma décision de partir et mon choix d'université devant un jury composé de deux enseignants de japonais, du directeur de la DRI (direction des relations internationales) et de la chargée des échanges.

Pourquoi avez-vous choisi d'étudier à Osaka et en particulier à la Osaka Gakuin University ?

Mes professeurs pensaient que l'OGU était un mauvais choix car elle n'est pas des plus cotées. Cependant, après avoir consulté les étudiants partis au Japon les années précédentes, je me suis quand même décidé pour Osaka. D'abord, d'un point de vue culturel, Osaka est une métropole, mais, à la différence de Tokyo, elle se situe à deux pas de Kyoto, Nara et Kobe.

Ensuite d'un point de vue "touristique", il était plus facile de me déplacer depuis Osaka pour visiter le Japon. Entre les gares, le port et l'aéroport, Osaka est une ville d'attache parfaite. Et enfin, les cours donnés aux étudiants en échange sont d'un niveau plus qu'acceptable.

Comment se passaient les cours sur place ?

Les cours étaient notamment constitués de 2 h de japonais (en japonais) tous les matins, et de 30 minutes par semaine de "Kobetsu" : il s'agit d'un entretien particulier avec l'enseignante durant lequel on se penche sur nos faiblesses et qui permette d'avoir un suivi plus personnalisé.

Il m'était également demandé par mon université de choisir des cours équivalents en France à ceux de civilisation japonaise, mais ça restait très libre et j'ai pu suivre des enseignements sur la culture J-Pop (ou pop japonaise) ou encore un autre durant lequel on analysait le film de Miyazaki "Le voyage de Chihiro".

Grâce à un partenariat entre l'université d'Orléans et celle d'Osaka Gakuin, vous avez pu être logé gratuitement en famille d'accueil*. Comment ça s'est passé ?

Soyons franc, à mon arrivée j'ai été plutôt choqué par les différences culturelles. Il n'est pas toujours évident de se plier à des règles après avoir vécu seul pendant plusieurs années, et encore moins quand la liste de règles fait... 13 pages ! J'avoue que la plupart allaient de soi, comme celle de dire "bonjour" en se voyant le matin par exemple. Mais d'autres étaient plus difficiles à comprendre comme celle de ne pas passer plus de 10 minutes sous la douche.

Malgré tout, j'entretenais de bonnes relations avec ma famille d'accueil même si quelques épisodes étaient dignes d'une caméra cachée.

Vous parlez de choc culturel ?

Mon année dans la région du Kansai m'a permis de rencontrer beaucoup de Japonais, et de tous âges. Ils sont la plupart du temps très intéressés par l'Occident mais aussi extrêmement timides. Ils complimentent très facilement sur le niveau de japonais des étrangers, même s'il est faible, c'est dans leur culture.

Carte du JaponLe Japon est composé de nombreuses régions aux mentalités très variées. // © Fotolia.

Mon passage à Tokyo m'a fait ressentir des différences culturelles entre le Kansai et le Kantô (ou Kantou), les mentalités ne sont pas les mêmes. Ceci dit, quand on voit le comportement des touristes qui passent par là, on peut comprendre que les étrangers ne soient pas toujours bien vus.

Quel était votre niveau de japonais avant d'y arriver. Est-ce que c'était suffisant pour vous débrouiller sur place ?

Je faisais partie des meilleurs de ma promotion à la fin de ma L3 et avais un niveau qui devait se trouver légèrement au-dessus du JLPT N3 (test d'aptitude destiné aux intermédiaires en japonais, il correspond à une compréhension assez satisfaisante de la langue, utilisé dans les situations courantes, NDLR), avec entre 1000 et 2000 kanjis** étudiés. Malgré cela, il m'était impossible de comprendre un mot de ce que ma mère d'accueil me disait. Pour deux raisons : le dialecte (la plupart des Japonais parlent un dialecte, ou utilisent des abréviations) ainsi que l'accent. Les écoutes audio effectuées en cours étant faites pour un public amateur, la prononciation est articulée, lente, et il n'y a pas ou très peu d'accent. Alors que dans le Kansai, on parle souvent très vite.

Je dois avouer qu'au début, j'étais tellement surpris de mon véritable niveau, que je n'osais pas parler en japonais de peur de ne pas être compris et je me suis retranché derrière l'anglais. Mais même à Osaka, l'anglais n'est pas une langue couramment parlée. Je me suis donc finalement lancé, et au final j'ai survécu !

Quel est le coût de la vie à Osaka ?

J'avais la chance de ne pas avoir à payer mes repas le matin et le soir ni le logement, mais entre le prix des transports en commun et les différentes sorties, je dépensais en moyenne 10.000 yen par semaine (environ 100 €).

Quel est votre meilleur souvenir ?... Ou le pire ?

J'ai trop de bons souvenirs pour pouvoir faire un classement ! J'ai adoré la nourriture, les temples, les izakayas (sortes de bistrots), les karaokés... Parmi les moments très décalés, il y a eu celui d'un "maids café" [café où les serveuses portent des tenues de soubrettes. On y boit généralement des boissons non-alcoolisées et les "maids", les serveuses, divertissent les clients avec des jeux et des chansons enfantines]. Une fois, ça m'a suffi !

Mais je crois que le pire souvenir doit être mon voyage à Sapporo pour le festival des neiges où je me suis retrouvé à passer une nuit "dehors" suite à un concours de circonstances mêlant soucis de réservation d'hôtel, blocage de ma carte bancaire, et refus des gens de mon groupe de m'avancer la nuit à l'hôtel.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent partir étudier au Japon ?

Cela va sans dire, mais mettez suffisamment d'argent de côté. Le coût de la vie est vraiment plus élevé au Japon qu'en France. Après je dirais qu'il faut partir sans appréhensions ni préjugés. Il ne faut pas non plus croire que le Japon est un pays tout rose où tout est parfait. Il y a de bonnes choses et d'autres moins bonnes, et quand on tombe sur les moins bonnes, il ne faut pas se laisser démoraliser.

Dernier conseil : en été prévoyez l'anti-moustique, et en hiver, prévoyez la triple épaisseur de vêtements, même en intérieur (les maisons japonaises sont très mal isolées, et le chauffage coûte vraiment une fortune).

* Aujourd'hui, les échanges ne prévoient plus cette possibilité.
**Les kanjis est un ensemble de caractères japonais particulièrement complexe à apprendre. On dit qu'il faut connaitre 1945 kanjis pour être capable de lire un journal japonais.

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