Mobilité à l’étranger annulée : trois étudiants racontent

Par Marine Delatouche, publié le 24 Septembre 2020
5 min

Ils devaient s’envoler pour les États-Unis, le Canada ou encore le Royaume-Uni pour y effectuer une partie de leur cursus. Des projets importants pour ces étudiants que la situation sanitaire mondiale a fait s’évanouir. Tous n'attendent qu'une chose : partir pour de bon, le plus vite possible.

"Démunie." C’est le sentiment ressenti par Alexandra lorsqu’elle a compris que son stage dans une agence d’affaires publiques américaine n’aurait pas lieu à cause de la pandémie de Covid-19. "C’est une année qu’on attend énormément. J’ai l’impression de gâcher une expérience", regrette l’étudiante en troisième année à l’Institut d’études politiques de Lille (59).

Face à la fermeture des frontières d’un côté et aux structures d’accueil naviguant à vue de l’autre, ils sont nombreux à renoncer à partir à l’étranger en septembre 2020. C’est le cas de Baptiste pour qui étudier un semestre au Canada était au programme. "L’université de Laval au Québec n’a pas vraiment annulé ma mobilité. J’avais la possibilité de faire les cours en distanciel ou de repousser mon départ à janvier. Mais en dernière année d’école d’ingénieurs, nous devons aussi faire un stage de six mois au second semestre", détaille l’étudiant de Mulhouse (68) qui n’a "jamais vraiment eu la chance de partir avec [sa] famille à l’étranger".

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Repousser sa mobilité à l’étranger…

Si les mobilités au-delà du continent sont largement compromises en 2020, les séjours d’études et les stages sont à nouveau autorisés depuis le 22 juin en Europe. Malgré cette possibilité, reporter sa mobilité Erasmus s’impose comme la solution optimale. C’est en tout cas ce que pensent 55% des étudiants interrogés dans le cadre d’un sondage de la Commission européenne. Étudiants qui ont eux-mêmes déjà été impactés par le coronavirus lors de leur mobilité au premier semestre 2020.

Repousser sa mobilité, c’est ce que compte faire Soufian qui étudie les langues étrangères (LEA) à Montpellier (34). Lui désirait s’expatrier une année entière à Coventry, en Angleterre. Après avoir annoncé que toutes les mobilités étaient annulées pour l’année 2020–2021, son université a rétropédalé. "Un communiqué de l’université disait qu’on pouvait partir au second semestre seulement, alors j’ai annulé." La raison : "Il y a la possibilité de garder ma place pour y effectuer ma première année de master." Entre un semestre et une année entière à l'étranger, pour Soufian, la décision a donc vite été tranchée.

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… Pour ne pas se priver d’une expérience à l’international

Comme lui, Baptiste et Alexandra gardent l’international en ligne de mire. "En ingénierie, ils recherchent des profils internationaux. Une expérience à l’étranger, c’est très valorisant sur un CV", admet Baptiste. Alors l'étudiant tente de trouver un stage au Canada pour le second semestre. De son côté, Alexandra espère partir en mars ou plus tard, en master, car la mobilité à l’international "valorise [les] parcours à Sciences po". N’avoir aucune expérience en dehors de l’Hexagone peut être pénalisant, selon l'étudiante.

Mais même s'ils n'ont pas pu effectuer leur mobilité, les trois étudiants n'ont pas été pénalisés dans leur cursus pour autant. Leurs établissements scolaires se sont montrés réactifs pour proposer des alternatives et conseiller de n’avancer aucun frais. "Début juin, on avait des solutions proposées, note Alexandra. Cours en ligne, stage, bénévolat. On a plusieurs possibilités pour valider nos crédits ECTS." Si elle a finalement opté pour un stage à Paris, Soufian et Baptiste n’ont d’autre choix que de suivre des cours à Montpellier et Mulhouse, avant d’espérer rejoindre leur destination de prédilection.

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