1. Erasmus fête ses 20 ans

Erasmus fête ses 20 ans

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Erasmus, le nom vous est forcément familier. En 1987, quand la Commission européenne créait ce programme de mobilité, seuls quelques centaines de pionniers osèrent s’élancer sur les traces du philosophe et humaniste du 16e siècle Erasme de Rotterdam, parti étudier et travailler successivement en Hollande, en France, en Angleterre, en Italie… Vingt ans après, plus de 145 000 jeunes issus des « quatre coins » de l’Europe partent étudier un semestre ou une année dans un autre pays que le leur.

L’auberge espagnole devant l’assiette anglaise

À ses débuts, le programme Erasmus était ouvert aux seuls membres de l’Union européenne. Il s’est progressivement élargi et 31 pays y participent aujourd’hui : les 27 membres de l’UE auxquels s’ajoutent l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Turquie. Les étudiants français ont donc théoriquement le choix entre 30 destinations (voir notre schéma ci-dessous).

Trois pays favoris.
Dans les faits, plus de la moitié des départs se font vers trois pays voisins : l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne. « Jusqu’en 2002-03, le Royaume-Uni était la première destination des étudiants français, observe Valérie Houvert, responsable du programme Erasmus en France. Mais à partir de 2003-2004, l’Espagne est passée en tête du classement. En vertu du principe de réciprocité sur lequel se fonde le programme, le nombre d’étudiants qui sont accueillis dans un pays doit être plus ou moins équivalent à celui de ceux qui partent, or les Anglais sont peu enclins à s’expatrier… »


Cap au Nord et à l’Est

Si l’Espagne séduit les jeunes européens – et pas seulement les Français -, d’autres destinations sont aujourd’hui davantage demandées. « La part des pays scandinaves et de la Finlande progresse régulièrement », note Valérie Houvert. Les pays de l’Est qui proposent des programmes d’études en anglais enregistrent aussi davantage de départs.

De l’architecture à la zoologie, toutes les disciplines

Les étudiants en école de gestion et d’ingénieurs auxquels est imposé de plus en plus un séjour d’études à l’étranger sont nombreux à s’expatrier. Mais les universitaires (dans toutes les disciplines) ne sont pas reste. Les écoles du secteur sanitaire et social, les conservatoires de musique entrent aussi progressivement dans la ronde Erasmus (voire notre schéma ci-dessous).

470 établissements titulaires de la charte Erasmus

« Tous les établissements qui délivrent un diplôme d’Etat, national, visé ou inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles [RNCP] peuvent être titulaires de la charte universitaire Erasmus et ainsi envoyer des étudiants à l’étranger », rappelle Valérie Houvert.

Au total, 470 établissements français participent au programme. Plus de la moitié font partir moins de 50 étudiants par an, mais un quart en envoie plus de 200. Les universités de Paris 10, Nantes, Dijon, Lyon 3 et Lille 1 figurent en tête du classement des établissements les plus dynamiques en matière d’échanges Erasmus.

Une bourse bientôt revue à la hausse

L’allocation de mobilité Erasmus moyenne est de 130 euros par mois. « Ce sont les établissements qui fixent le montant attribué à leurs étudiants, explique encore Valérie Houvert. Il peut donc varier et se trouve souvent complété par des bourses des collectivités locales. »

De 130 € à 200 €… d’ici à 2013. L’agence Erasmus France entend cependant, d’ici à 2013, porter le montant moyen de l’allocation à 200 € par mois. En effet, le surcoût financier d’un séjour à l’étranger constitue encore souvent un frein au départ. Selon une enquête menée par la Commission européenne en 2006, les étudiants qui bénéficient du programme Erasmus sont en majorité d’origine sociale plus favorisée que la moyenne.


Les ECTS gagnent du terrain

Encore peu répandu il y a dix ans, le système de crédits ECTS (European Credit Transfer System) s’impose désormais presque partout et facilite la reconnaissance des études effectuées à l’étranger. « De toute façon, même si l’établissement d’accueil n’utilise pas encore les ECTS, la période d’études est reconnue grâce à la signature d’un contrat d’études avant le départ », précise Valérie Houvert.

Partagez vos expériences

À l’occasion des 20 ans d’Erasmus, l’Agence Europe éducation formation France a lancé un appel aux témoignages d’étudiants partis par le biais du programme. Ces témoignages sont collectés et peuvent être consultés sur le site www.europe-education-formation.fr/erasmus-avis-recherche.php.

La « communauté » Erasmus. L’association étudiante européenne ESN (Erasmus Student Network) a lancé une initiative semblable (mais uniquement en anglais) sur le site : www.20erasmus.eu. De son côté, la chaîne de télévision Arte a prévu de créer à la fin du mois d’avril une plate-forme de blogs réservée aux étudiants Erasmus où ils pourront présenter vidéos, photos et textes autour de leur expérience (www.arte.tv/fr/histoire-societe/europe/941938.html). De quoi mettre l’eau à la bouche de tous les étudiants qui n’ont pas encore tenté l’aventure Erasmus…


Où partent les "Erasmusiens" français ?





 Source : Statistiques pour les départs en 2005-2006. Agence Europe Education Formation France, mars 2007.



Les domaines d'études les plus représentés




Source : Répartition par domaine d’études des étudiants français partis en 2005-06. Agence Europe Education Formation France, mars 2007.

Sommaire du dossier
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