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Scolarité à l’étranger : comment gérer son retour en France

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Élève dans le second degré à l’étranger, vous comptez rentrer en France pour continuer votre scolarité au lycée ou pour poursuivre des études dans l’enseignement supérieur. Impossible d’improviser. Nous vous livrons quelques conseils pour réaliser un retour gagnant.

"J’ai joué dans la cour de maternelle au Gabon, appris à lire au Congo et à compter au Vietnam. J’ai effectué ma terminale aux Philippines, car mon père effectue des missions de 4 ans à l’étranger", raconte Germain. Aujourd’hui designer graphiste, Germain faisait partie des 110.000 élèves scolarisés dans l’une des écoles françaises implantées dans 130 pays. Soit 196 lycées dont les programmes sont homologués par le ministère de l’Education Nationale et encadrés par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Cela permet de suivre un cursus presque "normal" à l’international et de revenir étudier en France. Cependant, si tout est mis en œuvre pour une harmonisation du système scolaire, il existe des conditions particulières d’inscription.


Affelnet pour tous

 
Si vous revenez en France pour entrer au lycée, votre interlocuteur ne sera plus le conseiller culturel de l’ambassade (qui est aussi l’inspecteur d’académie) et vous ne vous adresserez plus directement à l’établissement de votre choix. Pour l’inscription dans un lycée public ou privé sous contrat, vous devrez passer par la procédure nationale informatisée Affelnet (affectation des élèves sur le net). Votre établissement actuel est "rattaché" à une académie en France, c’est-à-dire que le pays où vous vivez actuellement dépend d’une académie de référence. Par exemple, les lycées de Manille et de Bombay sont rattachés à l’académie de Montpellier, ceux du Maroc à celle de Bordeaux. Chaque académie fixe ses propres barèmes pour l’affectation des élèves dans les établissements de sa région.


Gérez les critères d’affectation

 
Sur Affelnet, une commission particulière gère l’affectation des élèves des sections internationales. L’un des critères importants est la proximité géographique. Si vous rentrez en France sans vos parents pour habiter chez des proches, il faudra fournir un justificatif de leur domicile ou bien une délégation d’autorité parentale.

L’autre critère est le niveau scolaire. "Il existe de réelles différences de niveau selon que l’on vit dans une mégalopole moderne ou bien dans un pays en voie de développement, qu’il faut alors quitter avant la seconde si l’on a l’ambition d’intégrer une filière sélective de l’Hexagone. Cette situation ne facilite pas toujours le retour de nos enfants en France", souligne le père de Germain. "Les lycées de l’étranger sont parfois méconnus et un appel au rectorat ou au lycée convoité s’avère parfois utile pour présenter notre établissement", confie Patrice Bousquet, proviseur du lycée Jules Verne à Johannesburg. Cependant le bilinguisme est un atout que vous n’aurez pas de mal à valoriser, notamment en classe européenne ou auprès des lycées internationaux.


Les études par correspondance

 
Les lycées français de l’étranger ne proposent pas toujours toutes les sections du bac général (la série L est parfois absente) ni un choix aussi large d’options que dans l’Hexagone. Seulement 38 lycées hors de nos frontières préparent aux bacs technologiques (STG et STI) et 4 aux bacs pros (métiers de l’hôtellerie et commerce-compta). Pour être sûr de pouvoir poursuivre vos études en France dans la série de votre choix à votre retour, ou si vous êtes scolarisé dans un établissement local (c’est-à-dire du pays de résidence) ou trop éloigné d’un lycée homologué par l’AEFE, le CNED (Centre national d’enseignement à distance) est une solution pratique. Par correspondance, vous suivez les programmes officiels qui vous permettent de préparer le bac ou une option. Hugo est en terminale S à Bombay. S’il va au lycée tous les jours, c’est pour y travailler ses cours par correspondance, avec l’aide de répétiteurs, car il n’y a pas assez d’élèves pour remplir une classe traditionnelle. Pensez aussi aux passerelles pour vous réorienter en fin de première.


Le cas de Londres

 
Si vous n’avez pas pu avoir de place dans l’unique lycée français homologué d’Angleterre, vous pourrez opter pour la formule hybride du CNED : trois matières suivies en parallèle à votre scolarité dans une école anglaise vous permettront de vous remettre dans le circuit national à votre retour.


Le choix de l’internat

 
Mathilde, elle, voulait à tout prix l’option arts plastiques, impossible à passer à l’étranger. C’est pourquoi elle a choisi d’être interne à Fontainebleau, alors que ses parents vivaient au milieu de l’Océan Pacifique. "J’étais pensionnaire au lycée et j’allais le week-end chez ma tante, à Paris. Sans cette solution, je n’aurai sans doute pas pu réussir à intégrer mon école d’art". Il y a sur le territoire national, de très nombreux internats, avec une possibilité de formule complète, week-end et vacances comprises. Le ministère de l’Education nationale a mis tous les internats de lycées, STS (sections de technicien supérieur) ou classes préparatoires en fiche sur Internet. Pensez à faire votre demande en même temps que la saisie de vos vœux sur Affelnet.
  

Pour aller plus loin : Combien coûtent les études : l'addition pour 9 professions / Paris N°1 mondiale des villes étudiantes / Des droits de scolarité privilégiés pour les étudiants français

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Scolarité à l’étranger : revenir en France après le bac