1. Jimmy Losfeld, une ascension militante jusqu’à la présidence de la FAGE
Portrait

Jimmy Losfeld, une ascension militante jusqu’à la présidence de la FAGE

Envoyer cet article à un ami
Jimmy Losfeld a été élu président de la FAGE le 24 septembre 2016. // © Delphine Dauvergne
Jimmy Losfeld a été élu président de la FAGE le 24 septembre 2016. // © Delphine Dauvergne

LES JEUNES ONT DE L’AVENIR - Jimmy Losfeld, le nouveau président de la FAGE, prend ses fonctions après avoir été le bras droit de son prédécesseur, Alexandre Leroy. S’il a fait ses premières armes à Strasbourg, il a également participé à la négociation sur la loi Travail.

Timide au lycée, Jimmy Losfeld était loin de s'imaginer président d'une organisation nationale étudiante. Élu pour un an à la tête de la FAGE le 24 septembre 2016, il "ne réalise toujours pas", et observe d'un œil fasciné son compte Twitter grimper en followers. "J'ai hésité à prendre ce poste, mais le challenge était trop tentant, avec les élections étudiantes et l'élection présidentielle à venir", confie Jimmy, étudiant en M2 management et développement des universités à l'UPEC.

Un scientifique séduit par la vie associative

À 23 ans, le jeune homme a donc déjà une solide expérience militante de terrain derrière lui. En 2010, sa soif d'indépendance conduit le bachelier scientifique de Montbéliard à Strasbourg, où réside une partie de sa famille. "Arrivé à l'université de Strasbourg, je ne connaissais personne, j'ai donc rejoint l'Amicale des étudiants en physique et ingénierie", se souvient Jimmy. Ses notes "assez moyennes en maths" ne lui ont pas permis d'aller en classe prépa comme le souhaitait son père, il s'est donc orienté vers une licence de physique, "sans vraiment d'idée en tête".

Investi à l'Amicale de son UFR pour enrichir sa vie étudiante en participant à l'organisation d'événements, Jimmy prend rapidement des responsabilités. Il en devient président une année plus tard, et occupe aussi par conséquent le siège d'administrateur de l'AFGES, fédération étudiante d'Alsace à laquelle l'Amicale est adhérente. En 2012, il devient premier vice-président de l'AFGES, avant d'en prendre la présidence l'année suivante.

Lire aussi : Lilâ Le Bas : de ses galères d'étudiante à la présidence de l'UNEF

Un engagement formateur

"À mon arrivée à la tête de l'AFGES, j'ai dû gérer une situation de crise très compliquée : la bataille pour garder le dernier restaurant universitaire géré par des étudiants. Plutôt que d'opter pour un dépôt de bilan nous avons décidé de négocier pour que le restaurant et sa quarantaine de salariés soient repris", explique Jimmy. Cette expérience de lutte et de compromis aura été formatrice : "Cela a forgé toute ma vision politique et m'a permis d'acquérir des compétences en management".

Cet engagement intense l'a conduit à prendre un "contrat pédagogique" pour lui permettre de valider sa licence en cinq ans. "Mes parents étaient très réticents. Mon père, pompier, et ma mère, coiffeuse, n'ont pas fait d'études supérieures, ils avaient l'impression que je gaspillais ma chance. Ils ont depuis compris tout ce que cela pouvait m'apporter", raconte Jimmy.

L'expérience associative a en effet transformé le nouveau président de la FAGE. "J'ai l'esprit désormais plus ouvert, grâce à toutes les rencontres que j'ai pu faire. J'étais auparavant concentré sur les sciences dures et dénigrait les sciences humaines et sociales. Je ne lisais que de la science-fiction... alors que désormais je suis abonné à "Philosophie magazine" !".

Une année de césure bien investie

En septembre 2015, inscrit en M1 ingénierie à l'université de Strasbourg, il décide de prendre une année de césure pour devenir délégué général de la FAGE, à laquelle adhère l'AFGES. Ce poste de permanent lui permet de devenir "le bras droit de l'ancien président, Alexandre Leroy. Je l'aidais notamment à gérer l'équipe et l'accompagnais lors des réunions avec le ministère, les autres syndicats, ou dans les think thanks", décrit-il. Ses missions prennent une envergure nationale, d'autant plus qu'il est également élu au CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) en 2015. Il participe notamment aux réunions de négociation sur la loi Travail. "Les interlocuteurs sont parfois un peu trop paternalistes", admet-il.

Les permanents, étudiants en césure, sont logés dans de grands appartements en colocation, financés par la FAGE. "Nous sommes tout le temps les uns avec les autres, on devient forcément très proches et ne comptons pas nos heures de militantisme", raconte Jimmy. Avec son mandat de président, il compte reprendre une année de césure pour pouvoir continuer ses études scientifiques plus tard. Il s'est aussi inscrit pour cette année universitaire en M2 management et développement des universités à l'UPEC. En alternance, cette formation lui permet de comptabiliser son engagement à la FAGE. Pour la suite, Jimmy, attiré par la gestion de projets, espère pouvoir, pourquoi pas, "gérer ma propre entreprise à vocation sociale et solidaire".