1. Labels : les connaître, les décrypter
Décryptage

Labels : les connaître, les décrypter

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Dans 14 académies, le DNMADE remplacera la MANAA dès 2018. // © Robert Kluba / REA
Dans 14 académies, le DNMADE remplacera la MANAA dès 2018. // © Robert Kluba / REA

Pour se repérer dans les formations et les établissements, il est préférable de connaître le "jargon" utilisé : savez-vous ce que veut dire école "reconnue", diplôme "visé"… ? Notre éclairage pour vous permettre de vous y retrouver.

Si la préparation d’un diplôme national – tel un BTS, un DUT ou encore une licence – ne vous laisse aucun doute sur la valeur de votre cursus sur le marché de l’emploi, c’est moins évident pour d’autres formations non balisées par l’État. Celles-ci sont notamment nombreuses en alternance, car il existe pléthore de certificats et de titres spécialisés. Comment savoir si le cursus que vous allez suivre est reconnu par les professionnels ? Réponse : en apprenant à décrypter les labels. 

Un diplôme est visé, tandis qu’un établissement est reconnu par l’État

Le premier d’entre eux, le plus difficile à obtenir pour une école, est le visa. Pour le demander, l’école doit avoir été préalablement reconnue par le ministère de l’Éducation nationale (voir encadré ci-dessous). Le visa, accordé, pour une durée de un à six ans, à des diplômes de bac+3 à bac+5 en garantit la valeur pédagogique. 

Le ministère de l’Éducation nationale traite les demandes de visa en direct pour tous les établissements, sauf pour les écoles de commerce et d’ingénieurs. L’expertise des écoles de commerce, pour le compte du ministère, relève de la compétence de la CEFDG (Commission d’évaluation des formations et des diplômes de gestion). Pour les écoles d’ingénieurs, c’est la CTI (Commission des titres d’ingénieurs) qui accorde l’autorisation de délivrer un diplôme d’ingénieur, ce qui donne à l’école automatiquement accès au visa. 

La liste des diplômes visés (et la durée du visa) des écoles de commerce et d’autres formations est publiée chaque année au Journal officiel. Les formations d’ingénieurs habilitées par la CTI paraissent également dans une liste à part. Attention, ne figurent jamais, dans ces listes officielles, les diplômes nationaux (BTS, DUT…) ou qui débouchent sur des professions réglementées (comptable, notaire…) ; ceux-ci sont, d’office, visés. 

Un diplôme n’est jamais reconnu !

L’État ne reconnaît pas des diplômes mais des établissements. Ainsi, un diplôme prétendument "reconnu par l’État" ne peut être, en fait, que visé, habilité, inscrit ou enregistré (voire répertorié). En revanche, une école peut être reconnue par l’Éducation nationale comme apportant un concours utile au service public de l’enseignement supérieur – mais cette reconnaissance ne préjuge en rien de la qualité des études (c’est l’école qui est reconnue*, pas ses formations). 

À noter : le ministère de l’Éducation nationale ne reconnaît que les écoles qui dépendent de lui. Les écoles rattachées à d’autres ministères (de la Santé, de la Culture) doivent être reconnues par le ministère qui les concerne. 

* Une école reconnue par l’État peut accueillir des étudiants boursiers.

Une inscription au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP)

Pour les formations de courte durée ou très spécialisées, le ministère de l’Éducation nationale ne peut attribuer de visa. C’est devant la CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle) que les écoles déposent une demande d’enregistrement au RNCP. La procédure ne repose pas sur des critères essentiellement académiques, comme pour le visa. À noter que ce sont principalement les débouchés professionnels de la formation qui sont pris en compte. Il faut notamment avoir diplômé trois promotions. Dans ce cas aussi, c’est la CNCP qui se charge alors de contacter les anciens élèves de ces établissements afin de s’assurer qu’ils occupent bien un poste en rapport avec la formation, avant de l’enregistrer (ou l’inscrire – et surtout pas la certifier comme le disent parfois les établissements) au RNCP. 

Des niveaux de qualification professionnelle

Chaque formation inscrite dans le répertoire est associée à un niveau. Ce niveau (qui va de V à I) est un critère d’équivalence professionnelle (et non pédagogique). Il indique que le cursus préparé débouche sur des compétences et des aptitudes professionnelles équivalentes à celles validées par un CAP (pour le niveau V), par le bac (niveau IV), par un bac + 2 (niveau III), par un bac + 3/4 (niveau II) ou par un bac + 5 (pour le niveau I). 

"Attention, ce sont des compétences reconnues sur le marché du travail mais pas obligatoirement par les établissements, dans le cadre d’une poursuite d’études", prévient Renaud Eppstein, rapporteur général adjoint de la CNCP. Ainsi, si votre titre est inscrit au RNCP au niveau II (équivalent à une licence ou un M1, donc), rien n’oblige une université à considérer que vous pouvez poser votre candidature en master, que ce soit en M1 ou en M2. 

Progressivement, ces niveaux, qui correspondent à une classification française, vont être remplacés par des niveaux européens allant de 1 à 8 (8 pour le grade de doctorat ; 7 pour le master ; 6 pour la licence ; 5 pour le bac + 2 ; 4 pour le bac ; 3 pour le CAP ; les niveaux 2 et 1 restent à définir).

Comment vérifier l’information ?

Certains diplômes sont inscrits au RNCP sans passer par une commission, puisqu’ils répondent aux critères fixés par le ministère ou les professionnels (nombre d’heures de cours, durée de stage, etc). Il en va ainsi pour les titres universitaires (licence, licence pro, master), les diplômes nationaux et les CQP (certificats de qualification professionnelle). Il arrive qu’une école proposant plusieurs formations n’en voie que certaines enregistrées au RNCP ; un peu de vigilance s’impose donc. 

Lorsqu’une école indique sur sa plaquette que sa formation est inscrite ou enregistrée au répertoire, vérifiez-le sur le site du RNCP. Attention, la recherche n’est pas évidente, car l’enregistrement ne se fait pas toujours sous l’intitulé du diplôme ou de l’école. Si vous ne trouvez pas l’information, laissez un message sur le site et on vous répondra.

Retrouvez les principaux labels décryptés, de A à Z,dans notre dossier "Les labels et accréditations à la loupe".

Ne confondez pas master et Mastère Spécialisé

Si le master est un nom de diplôme, il correspond également à un grade. Par conséquent, certaines formations de niveau bac+5, qui ne débouchent pas forcément sur un diplôme de master, peuvent néanmoins donner le grade de master. Ce grade constitue un gage de qualité du cursus. 

À l’inverse, vous trouverez des formations baptisées master, Master of, MBA (Master of Business Administration), cycle de master ou programme de master, qui n’ont rien à voir avec le diplôme national de master délivré par les universités ou avec le grade de master. 

Pour ajouter à la confusion, il ne faut pas non plus mélanger le master avec le Mastère (avec un "e") dit Spécialisé. Le Mastère Spécialisé est un diplôme protégé, proposé par des grandes écoles membres de la CGE (Conférence des grandes écoles), et dont la liste officielle est consultable sur le site de la CGE.

Pour aller plus loin : Chat "Labels : vrais ou faux diplômes ? Comment vérifier ?" / Les labels des écoles d’ingénieurs / Les certifications et labels transversaux