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Un contrat pédagogique pour lutter contre l’absentéisme à l’EM Strasbourg

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L’école de commerce de Strasbourg, après avoir interrogé professeurs et élèves sur leurs attentes en matière de gestion des absences, a décidé de lancer un parcours à la carte à la rentrée 2013.

Cours à l'EM Strasbourg où a été mis en place un nouveau contrat pédagogique - DR

Cours à l'EM Strasbourg où a été mis en place un nouveau contrat
pédagogique pour lutter contre l'absentéisme. // © Photo fournie par l'établissement.


Il y a quelques mois des professeurs vacataires de l’EM Strasbourg se sont plaints à la direction du comportement de certains étudiants : utilisation de Twitter ou consultation de leurs mails pendant les cours, quand ils ne sont pas tout simplement absents. Perplexe, l’école a décidé de lancer un grand sondage sur la “gestion de l’assiduité”. Objectif : comprendre le décalage entre l’image que certains professeurs ont “du bon étudiant et du bon cours”, et les attentes des élèves.

568 étudiants et enseignants sur les 2 500 contactés ont répondu à l’enquête, dont les résultats, malgré la grande diversité des opinions exprimées, révèlent quelques tendances fortes, parmi lesquelles un plus grand besoin d’autonomie de la part des étudiants. De leur côté, les professeurs voudraient que ces derniers soient plus présents et plus responsables.

Message reçu ! Le contrat pédagogique, qui entrera en vigueur à l’école en septembre 2013, devrait mettre un peu de cohérence dans un système de contrôle des absences qui, pour l’instant, varie fortement d’un professeur à l’autre.

Chaque enseignant, vacataire ou permanent, devra désormais préciser en début d’année s’il exige ou non la présence des étudiants à son cours, établir des règles claires et un système d’évaluation en adéquation : “Dans le premier cas, les absences seront sanctionnées, dans le second, les modalités d’évaluation ne devront pas pénaliser les étudiants absents”, conclut Isabelle Barth, la directrice de l’EM Strasbourg. Personne ne pourra dire qu’il n’était pas prévenu…

Le test de Yoann

Yoann, 21 ans, en année de césure à l’EM Strasbourg a participé au sondage. Pour lui, le contrat pédagogique, “intéressant”, pourrait être complété par un autre système, plus responsabilisant…

Yoann, 21 ans à l'EM Strasbourg, a répondu à l'enquête “Assiduité” - DR

Yoann, 21 ans, pense que chacun doit gérer sa présence
ou non en cours. // © Photo fournie par lé témoin


“L’année dernière, j’ai répondu à l’enquête en ligne sur l’assiduité. C’est une question qui m’interpelle. En arrivant à l’EM, j’ai été un peu surpris par l’absentéisme : je sortais de deux ans de prépa où les cours étaient obligatoires, et où de toute manière, on ne pouvait pas se permettre de sécher. Quand je dis 'surpris', ce n’est pas négativement…

“La première année d’ESC est un peu une remise à niveau pour tout le monde, ce qui est compliqué à gérer. Certains étudiants qui sortent de BTS ou d’IUT ont déjà étudié une partie du programme de gestion et n’ont pas forcément envie de retourner en cours. Les élèves ont aussi tendance à bouder les cours 'peu vendeurs' comme la comptabilité.

“L’idée du contrat pédagogique me semble plutôt intéressante, même si obliger des élèves à assister au cours alors qu’ils ne sont pas impliqués risque de ralentir les choses… En marketing, par exemple, il faut participer, être actif. Si la moitié des gens dort, on va perdre en dynamisme.

“Je pense qu’il serait plus efficace de faire un appel en début de cours et de reporter sur le bulletin trimestriel de chaque élève, son taux de présence par matière. Ce serait un moyen de le responsabiliser en lui permettant de voir s’il y a une corrélation entre sa présence et ses résultats scolaires. Sanctionner ne sert à rien. En matière de présence en cours, c’est un peu chacun sa méthode.

“En première année, j’ai assisté à presque tous les cours car j’en ai besoin. Je vois l’école comme un investissement dont j’attends un retour. Mais certains préfèrent travailler à la BU tout seul pour approfondir. Je n’ai pas encore eu l’occasion de proposer mon idée à l’école, mais j’attends les résultats de la mise en place du contrat pédagogique. Les deux méthodes peuvent se combiner.”

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Sommaire du dossier
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