1. Les licences pro environnement : la fin de l’eldorado?
Décryptage

Les licences pro environnement : la fin de l’eldorado?

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Les licences pro vertes sont-elles toujours un eldorado pour les jeunes ? Depuis l’annonce faite en janvier 2010, suite au Grenelle de l’environnement, de créer 600.000 nouveaux emplois verts d’ici à 2020, la tendance s’est récemment retournée dans les énergies renouvelables avec des embauches revues à la baisse. En septembre 2010, le site d’annonces emploi-environnement.com a enregistré une baisse d’1/3 de ses offres d’emploi par rapport à juin 2010. Les recruteurs, surtout des PME, ont ralenti leurs recrutements suite aux annonces du gouvernement et d’EDF, moins favorables au développement du secteur avec des panneaux solaires moins subventionnés et un tarif de rachat de l’électricité photovoltaïque moins élevé.
 

Energies renouvelables : la fin d’une bulle

 
Les prochains diplômés pourraient donc avoir quelques désillusions à la sortie en arrivant à la fin d’une "bulle". "Les licences pros dans le solaire se retrouvent en concurrence avec les profils commerciaux", note Olivier Gloker, délégué régional à l’Apecita (Association pour l’emploi dans l’agriculture, l’agroalimentaire et l’environnement). David Asher, le fondateur du site emploi-environnement reste pourtant optimiste. "Il y a eu une croissance de 20 % du nombre d’emplois sur les énergies renouvelables qui ne va pas se maintenir à ce niveau dans les années à venir. Pour autant, le changement climatique est une tendance de fond". Pour accéder à certaines niches d’emploi, comme l’éolien ou l’éco-construction, la licence pro reste l’unique diplôme. "Seules 2 ou 3 licences pros forment à la maintenance éolienne en France. Il n’y a ni BTS (brevet de technicien supérieur) ni master sur ce secteur, il faut donc faire une licence pro", assure David Asher. Les diplômés sont rares et les employeurs se tournent aussi vers la formation professionnelle de couvreurs pour pallier les besoins.
 

Métiers industriels : les valeurs refuge

 
Valeur refuge dans ce contexte incertain : les métiers plus traditionnels du développement durable comme le traitement de l’eau ou la gestion des déchets. Certes moins glamour, les diplômés de ces licences pro ont plus de chances de trouver des emplois dans de grosses entreprises, moins sensibles à la conjoncture. La croissance des emplois, de 3 à 5 % par an, y est moins forte mais aussi plus sûre. "La création des licences pro a coïncidé avec des besoins de nouvelles compétences sur des anciens métiers comme le traitement de l’eau ou la gestion des déchets. Les entreprises ont besoin de techniciens avec plus qu’un BTS et une mise à jour réglementaire de leurs connaissances", indique David Asher. C’est l’autre point fort des licences pro : ce sont des diplômes relativement récents, qui sont nés en même temps que les métiers de la croissance verte et qui sont bien en phase avec les nouvelles réglementations techniques.


Qu’est-ce que les emplois verts ?
Cela concerne les métiers liés à l’environnement (eau, assainissement..), aux énergies renouvelables mais aussi les métiers traditionnels qui vont s’adapter avec les mesures du grenelle de l’environnement dans le secteur du bâtiment, de l’automobile, des transports, de l’énergie.

 
100 à 150 licences pros vertes
Les 100 à 150 licences pro vertes recensées couvrent aussi bien la gestion de l’environnement, la dépollution des sites industriels, l’agriculture durable ou la gestion des déchets. Si les intitulés titillant votre goût pour la défense de la nature sont séduisants, les débouchés ne sont pas forcément à la hauteur. "L’insertion professionnelle post licence pro de gestion des espaces verts, d’environnement au sens nature, est difficile. Les emplois se trouvent souvent dans des associations ou dans la fonction publique avec des recrutements sur concours et des salaires monacaux", prévient Olivier Gloker. En revanche, les licences pro débouchant sur le secteur industriel (dépollution, gestion des déchets…) offrent davantage de garanties salariales. Avec un bémol : le niveau licence n’est toujours pas reconnu dans les conventions collectives des branches professionnelles…