1. Lilâ Le Bas : de ses galères d'étudiante à la présidence de l'UNEF
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Lilâ Le Bas : de ses galères d'étudiante à la présidence de l'UNEF

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Lilâ Le Bas, présidente de l'UNEF // © Lilâ Le Bas
Lilâ Le Bas, présidente de l'UNEF // © Lilâ Le Bas

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR - Après avoir elle-même galéré en tant qu'étudiante, la toute nouvelle présidente de l'UNEF, Lilâ Le Bas, s'est investie au niveau local puis national dans le syndicat. Lorsque la loi Travail est arrivée...

"Je n'ai jamais eu soif de responsabilités, je n'ai jamais rêvé de devenir présidente de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France). Mais quand j'ai commencé à militer, je me suis impliquée avec passion, sans me poser de questions", confie Lilâ Le Bas.

La nouvelle présidente du syndicat étudiant – depuis le 23 septembre 2016 – évoque avec détermination et une certaine gravité son objectif : "faire face à l'urgence sociale" des étudiants. "C'est un défi quotidien mais penser que l'on peut changer la vie de milliers d'étudiants... c'est incroyable."

Rien ne semblait prédestiner celle qui a fait son bâpteme du feu lors de la mobilisation contre la loi Travail à ce parcours. "J'ai grandi à la campagne, près de Caen, dans une famille engagée dans des associations locales mais très éloignée de la culture syndicale, qui est plus revendicative", décrit la jeune femme de 23 ans.

Des galères classiques d'étudiant à l'engagement

Son engagement à l'UNEF est avant tout lié à son expérience étudiante. Inscrite en 2011 en première année de licence de communication à l'université Lille 3, l'étudiante "galère" pour trouver un logement. Bien que boursière, elle n'a pas obtenu de place en cité universitaire. Elle travaille aussi en parallèle de ses études : en colonie pendant les vacances et comme baby-sitter tout au long de l'année. "L'UNEF était le seul syndicat à parler des difficultés auxquelles j'étais confrontée et leur action me semblait efficace. J'ai tout de suite accroché", explique-t-elle, même si entre ses jobs, les études et son engagement associatif, le rythme était soutenu. La jeune femme réussit malgré tout à valider sa licence en trois ans tout en étant "une familière des rattrapages".

Du local au national : l'arrivée à Paris

D'abord militante, Lilâ Le Bas prend rapidement des responsabilités comme secrétaire générale puis devient présidente de section locale. "À ces différents postes, il faut être très polyvalent, décrit l'étudiante actuellement en année de césure. Les tâches sont variées. Ce que je préférais, c'était convaincre les étudiants des réformes proposées par l'UNEF, mais aussi écouter ce qu'ils avaient à dire."

Finalement, en 2014, Lilâ Le Bas devient membre du bureau national du syndicat et emménage à Paris. Au programme : les campagnes d'information nationales sur les droits des étudiants, le lien avec les sections locales et les débats, encore et toujours. En parallèle, elle s'inscrit en master de communication à Nanterre avant d'arrêter et de bifurquer en master d'action publique à Créteil.

"J'ai été frappée par le mépris des politiques"

Puis arrive la loi Travail. La jeune femme est alors responsable des dossiers universitaires de l'UNEF et la mobilisation étudiante contre cette loi la marque profondément : "J'ai été frappée par le mépris et l'incompréhension des politiques envers ce mouvement. D'une part, un étudiant sur deux est obligé de travailler pendant ses études. D'autre part, les étudiants sont évidemment préoccupés par leurs futures conditions de travail. Faire croire aux étudiants qu'ils n'étaient pas concernés, c'était être à côté de la plaque !" Autre leçon retenue de ce mouvement : l'importance du rapport de force.

Interrogée sur son avenir, la toute nouvelle présidente a du mal à imaginer "l'après-UNEF". Néanmoins, elle rejette en bloc l'idée de faire un jour de la politique. "En revanche, travailler auprès d'une association de quartier ou d'une ONG, ça me plairait bien."