Ce que vous devez savoir sur les études et le métier d'infirmier

Par Pauline Bluteau, publié le 10 Mars 2022

VIDÉO. Les études en soins infirmiers ne cessent d'attirer. Il faut dire que le métier a davantage fait parler de lui pendant la crise sanitaire et pourtant, de nombreux clichés persistent. Christine Marchal, directrice de l'IFSI Théodore Simon à Neuilly-sur-Marne, vous donne un aperçu de ce qu'il faut savoir sur ce métier aussi technique qu'humain.

On a beau tous connaitre, de près ou de loin, une infirmière – les femmes représentent 86% des professionnels -, le métier, et peut-être encore plus les études, sont souvent mal connus. Retour sur cinq idées reçues qui ne sont pas toujours vraies.

Infirmier, un métier plein de sens

C'est probablement ce qui attire le plus les étudiants : le métier d'infirmier est plein de sens. "C'est un métier où on a envie de donner, d'aider, d'avoir une attention à l'autre. Et c'est une réalité, on prend soin de l'autre, c'est un métier de relation où l'on se rend utile", assure Christine Marchal, également représentante de l'ANDEP (association nationale des directeurs d'écoles paramédicales).

Les infirmières donnent de leur personne pour leurs patients. Les étudiants doivent être dotés de qualités transversales en matière d'engagement, de patience, de minutie, d'organisation, de sens de l'observation, d'esprit d'équipe ou encore d'écoute. Bref, autant de "compétences non techniques mais essentielles pour dispenser des soins infirmiers".

Attention aux revers ! "Ce n'est pas un métier d'un don de soi, même si c'est un métier de don, sinon on ne dure pas dans le métier, appuie Christine Marchal. C'est d'ailleurs quelque chose que l'on apprend pendant ses études, il y a des techniques pour prendre du recul sur les situations difficiles à gérer."

Les conditions de travail ne sont pas toujours optimales : travail de nuit, journées de 12 heures, manque de reconnaissance, responsabilités… Il faut aussi avoir tous les inconvénients du métier en tête avant de se lancer corps et âme. La directrice conseille donc de se rendre sur les salons et aux journées portes ouvertes pour échanger avec les étudiants en soins infirmiers, leur demander pourquoi ils ont choisi cette formation et pourquoi elle leur convient.

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En IFSI, la pratique et la théorie se mêlent

Il faut dire qu'en trois ans, les étudiants ont le temps de se former aux réalités de la profession. Si la formation est dite professionnalisante, dans le sens où vous pouvez exercer dès que vous êtes diplômés, cela ne signifie par pour autant que la théorie n'a pas un rôle à jouer. Vos trois années en IFSI comprendront 4.200 heures d'enseignement, dont une moitié consacrée aux stages et l'autre aux cours.

Plus vous progressez, plus la durée des stages augmente en passant de 15 semaines en première année, à 20 semaines en deuxième année et enfin 25 semaines de stage en troisième année. Le but : vous apprendre les techniques de base avant de vous lancer sur la pratique.

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Des sciences et du savoir-être avant tout

Encore une fois, contrairement aux idées reçues, les infirmières ne sont pas uniquement des scientifiques. Au contraire, tous les profils ont leur chance. D'ailleurs, parmi les candidats, on retrouve les bacheliers (généraux, technologiques notamment ST2S mais aussi professionnels), les étudiants en réorientation ou ceux en reconversion professionnelle. Un joyeux mélange où tous les savoir-faire sont justement partagés pendant les trois années d'études.

La formation reste néanmoins sélective car le nombre de diplômés est fixé à l'échelle nationale chaque année. Les IFSI cherchent donc des étudiants capables "d'analyse, de mémorisation car il faut beaucoup apprendre" mais aussi pouvant mobiliser leurs connaissances dans différentes situations. C'est donc plutôt "la capacité d'analyse qui est recherchée qu'un excellent niveau en maths ou en physique, d'ailleurs, l'esprit scientifique se développe dans d'autres filières que l'on peut aussi étudier au lycée".

Christine Marchal insiste aussi sur le français, l'écrit comme l'oral, car les transmissions sont quotidiennes pour les infirmières. "Il faut se faire comprendre par son interlocuteur, sinon cela peut être délétère pour la qualité des soins. On leur répète souvent : vous choisissez ce métier mais la personne à qui vous prodiguez des soins n'a pas choisi d'être là, il faut bien l'avoir en tête."

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Technicité et beaucoup de responsabilités en perspective

À savoir aussi, le métier d'infirmier est surtout un métier humain mais qui n'en reste pas moins technique. La qualité des soins est la première chose que l'on attend d'une infirmière. Il faut prendre également en considération tout l'environnement médical : elle doit aussi bien travailler avec les aides-soignants qu'avec les médecins, son rôle est primordial pour faire fonctionner un service.

"L'infirmière n'est pas là juste pour appliquer des prescriptions, elle a un domaine autonome où elle doit recueillir des informations, observer et analyser pour aussi prendre des décisions. On parle de raisonnement clinique infirmier. Et ce n'est pas seulement l'acquisition de la technique. Il y a toute une approche progressive de développement de compétences vers un très haut niveau de responsabilité avec des compétences professionnelles pointues."

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Infirmier : un métier d'avenir aux multiples facettes

Car le métier d'infirmier est aussi bien plus diversifié qu'on ne l'imagine. En plus de l'aspect technique, il faut ajouter l'aspect curatif, mais aussi la prévention et l'éducation à la santé qui incombe aux infirmières, premières interlocutrices des patients.

La profession ne sera pas non plus tout à fait la même selon le lieu d'exercice : "Il y a différents publics (adultes, enfants, grand âge), des services avec des spécificités où les compétences sont diversifiées, bref, c'est un métier où on ne s'ennuie pas."

Et c'est surtout un métier où l'emploi reste garanti. Les diplômés peuvent choisir leur poste en fonction de leurs aspirations ou des compétences qu'ils veulent développer. "On peut aussi choisir de poursuivre ses études pour devenir infirmier puériculteur, infirmier en bloc opératoire, infirmier anesthésiste ou infirmier en pratique avancée (grade master)."

La profession a encore de beaux jours devant elle à condition que les professionnels continuent de s'adapter en permanence pendant toute leur carrière notamment avec l'émergence du numérique, du télésoin ou encore de la recherche en sciences infirmières.

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