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Décryptage

Dentaire : clap de fin pour le Clesi, condamné à fermer

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Les étudiants et professionnels de santé en marche contre le Clesi/ESEM (ici, une manifestation en 2014). // © LANIER/REA
Les étudiants et professionnels de santé en marche contre le Clesi/ESEM (ici, une manifestation en 2014). // © LANIER/REA

La décision juridique est tombée mardi 27 septembre 2016 : le Clesi, ex-Université Fernando-Pessoa, a deux mois pour fermer sa filière en "dentaire". Le sort des 80 étudiants inscrits dans cette formation reste en suspens.

Vous hésitiez à vous inscrire au Clesi (ex-université Fernando-Pessoa France) dans l'espoir de devenir dentiste tout en évitant le couperet de la PACES (première année commune aux études de santé) ? La justice vient de trancher à votre place. Cela ne sera tout simplement plus possible. 

Quatre ans après l'ouverture de ce centre de formation, en octobre 2012, la cour d'appel d'Aix-en-Provence vient d'ordonner la fermeture de la filière en odontologie proposée dans ses campus de Toulon et Béziers, cela dans un délai de deux mois, et sous peine d'une astreinte de 5.000 € par jour.

Contourner la PACES

À sa création, l'université Fernando-Pessoa France, renommé le Clesi puis l'ESEM, comptait attirer dans sa filière "dentaire" les nombreux étudiants ayant échoué en PACES. Elle permettait de contourner le numerus clausus grâce à des conventions conclues avec des universités européennes. Ce sont ces conventions qui devaient concéder aux étudiants l'obtention d'un diplôme européen, valable ensuite en France. Une seconde chance, contre quelque 10.000 € de frais de scolarité par an. Mais plusieurs anciens élèves avaient dénoncé les conditions d'admission, peu attractives, dans les universités étrangères. 

"Une victoire pour la qualité de la formation"

Aujourd'hui, le Clesi, c'est donc fini en filière dentaire. Réagissant à la décision de justice, Patrick Solera, président de la FSDL (Fédération des syndicats dentaires libéraux), à l'origine de la plainte contre le Clesi, se dit "très satisfait" de ce jugement : "La sentence est sévère et nous y voyons une victoire pour la qualité de la formation des dentistes au niveau national. Clairement, la formation proposée par le Clesi ne respectait pas les obligations légales en termes d'adossement à un centre hospitalier et en termes de stages..."

La filière ferme, pas l'établissement

De son côté, Bruno Ravaz, le président de l'établissement privé, nous a indiqué souhaiter "appliquer la décision de justice immédiatement". Mais il ne s'avoue pas pour autant vaincu puisqu'il a l'intention de former un pourvoi en cassation. Il voit d'ailleurs dans l'obligation de fermer la formation d'odontologie et non l'établissement, "une petite victoire". Le Clesi propose en effet toujours une formation en kinésithérapie de quatre ans, se déroulant entièrement en France, ainsi qu'une préparation aux concours infirmiers.

Le sort de 80 étudiants en suspens

Dans ce contexte, que vont devenir les 80 étudiants inscrits en 1re ou en 2e année d'odontologie sur les deux campus du Clesi qui ont déjà payé leurs frais d'inscription ? Pour Patrick Solera, ces étudiants risquent d'être "les dindons de la farce". Il les encourage "fortement" à porter plainte contre leur établissement, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en mars 2013, à la demande du ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Cette information porte notamment sur le chef d'accusation de "tromperie sur les qualités substantielles d'une prestation de service". "Les étudiants pourraient ainsi demander réparation pour le préjudice résultant de frais d'inscription versés pour une formation en réalité illégale", détaille Patrick Solera.

Recasés en biotechnologie

"Nous allons proposer aux étudiants inscrits en odontologie un cursus en biotechnologie, qui mêlera mécanique et biologie, annonce pour sa part Bruno Ravaz, jamais à court d'idées. Cela leur permettra de travailler sur les robots utilisés pour des opérations médicales, par exemple, et il existe forcément des équivalences avec des universités européennes." Reste à trouver lesquelles.