Etudiants en santé : un plan d’action pour prévenir les risques psycho-sociaux

Par Raphaëlle Orenbuch, publié le 28 Mai 2021
5 min

Les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé, ainsi que les doyens et représentants des fédérations d’étudiants, ont signé cette semaine un plan d’action pour mieux prévenir les risques psycho-sociaux qui touchent de plus en plus d’étudiants en santé.

C’est un constat que partagent tous les co-signataires de ce grand plan d’action : la crise sanitaire, en plaçant les étudiants en santé en première ligne, a aggravé leur mal-être et accentué les risques pour leur santé mentale. Un plan d’action était demandé de longue date par les représentants étudiants qui pointaient du doigt le silence du gouvernement face à la détresse de certains étudiants. Ministres, doyens, et associations étudiantes se sont donc mobilisés autour d’une feuille de route en cinq axes.

Renforcer la formation et sensibiliser aux risques liés à la santé mentale

Pour mieux prévenir les risques psycho-sociaux, un volet "santé mentale" doit être inclus dans les formations des futurs praticiens hospitaliers. L’accent sera également mis sur les compétences managériales au sein des DU (diplômes universitaires) et des DIU (diplômes interuniversitaires) de pédagogie. Une charte de bienveillance qui comprendra un volet "confiance" pour encadrer les signalements des étudiants sera également diffusée dans les formations de santé.

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Mettre en place de nouveaux outils de prévention au service des étudiants

Un autre axe de ce plan consiste en la création d’outils complémentaires pour protéger les étudiants. Concrètement, le plan suggère la mise en place d’un numéro vert accessible par tous les canaux (email, Whatsapp, téléphone…) pour accompagner les étudiants en difficulté. Le plan d’action préconise également un accès facilité à une consultation avec un psychologue au moment des concours ou après un événement traumatisant pour l’étudiant.

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Définir un nouveau cadre juridique autour des signalements

Les signalements faits au sein des établissements hospitaliers constituent un troisième axe de travail. Ils devront désormais donner lieu à "une enquête administrative menée conjointement par l’établissement et la faculté". L’enquête pourra ainsi déboucher, selon la gravité des faits établis, sur une action de conciliation ou conduire à la saisine du ministère des Solidarités et de la Santé "en vue d’une inspection administrative". Autre avancée concrète : la création d’un statut juridique ad hod de l’élu-étudiant, qui pourra ainsi faire remonter les signalements de ses camarades. En cas de conflit entre un étudiant et son maître de stage, les réaffectations seront facilitées.

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Un outil d’évaluation pour les stages

Les stages en milieu hospitalier devront aussi être mieux évalués pour permettre de protéger tous les futurs stagiaires en formation en santé contre certains comportements de maltraitance, de violence ou de harcèlement. Les stages seront désormais évalués par un binôme étudiant-enseignant et les rapports d’évaluation communiqués aux directions et CME (commission médicale d'établissement)ou structures libérales.

Si tous les étudiants en santé sont concernés, les internes sont particulièrement ciblés par cet axe du plan puisque ce sont eux qui passent le plus de temps en stage. Depuis le début de l’année, cinq internes en médecine ont mis fin à leur jour. C’est après avoir rappelé ce chiffre que l’ISNI (l’Intersyndicale nationale des internes) a réclamé le décompte horaire du temps de travail. Les ministères et les étudiants ont donc acté la mise en place d’un outil "permettant de mesurer le temps de présence en stage des internes" pour garantir la durée maximale de 48 heures de travail hebdomadaire. L’agrément des terrains de stage pourra être retiré en cas de non-respect.

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Réformer les structures générales

Enfin, les co-signataires s’engagent à réformer les structures déjà existantes afin "d’instaurer un temps de suivi des actions entreprises". Concrètement, le plan prévoit la création d’une conférence annuelle de concertation et d’une commission éthique de déontologie et souhaite mobiliser le Centre national d’appui (CNA) et l’Observatoire de la qualité de vie au travail. Les dispositifs locaux de traitement des signalements seront également harmonisés pour être plus efficaces.

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