Étudiants sages-femmes : les frais de rentrée universitaire en hausse de 4,27%

Par Camille Bluteau, publié le 14 Septembre 2022
4 min

Pour cette rentrée 2022, les étudiants et étudiantes sages-femmes vont devoir prévoir un budget de 2.528,49 euros, selon une étude de l'ANESF. Une augmentation de 4,27% par rapport à septembre dernier généré entre autres par les frais de logement et de déplacement lors des stages.

À la rentrée 2022, une année d’études pour les étudiants et étudiantes sages-femmes coûtera 2.528,49 euros soit, une augmentation de 4,27% par rapport à la rentrée 2021, selon l'indicateur de la rentrée 2022 publié par l'ANESF (association nationale des étudiants sages-femmes).

Les déplacements en voiture lors des stages font grimper les dépenses

Cette hausse provient surtout des dépenses lors des stages : "L’absence de transports en commun dans les villes où s’effectuent des stages, nécessite la possession d’une voiture ce qui entraîne des frais de parking, d'essence, d’autoroute, d’assurance", note l'ANESF, qui vient de publier son indicateur de la rentrée 2022.

L’association a remarqué, à l’heure où le prix de l’essence s’envole, qu’en moyenne les étudiants sages-femmes "parcourent 4.599 km par an pour aller en stage", or, "les indemnités kilométrique n’ont pas bougé", souligne Benjamin Lohez, vice-président chargé des affaires sociales et de la défense des droits à l’ANESF.

Léonie, étudiante en 5e année au CHU de Lille, favorise les transports en commun "quand c’est possible" car "la plupart du temps on fait des gardes de 12 heures. On commence tôt le matin et on finit tard le soir donc parfois c’est difficilement possible de prendre le train".

L’organisation étudiante demande l’indemnisation kilométrique à frais réels des étudiants en maïeutique dès le 1er cycle ainsi qu’un accès à des logements lorsqu’ils réalisent des stages en dehors de leur centre hospitalier de référence.

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En maïeutique, des étudiants stagiaires payés deux euros par heure

Par ailleurs, l'indemnité de stages est particulièrement peu élevée. En effet, les étudiants en 4e et 5e années, qui effectuent des stages dans le cadre de leurs études, sont rémunérés respectivement à hauteur de 269,10 euros et 397,44 euros brut par mois.

L’ANESF demande que les étudiants sages-femmes soient rémunérés au moins 3,90 euros par heure, "ce qui correspond au minimum légal pour un étudiant de l’enseignement supérieur." Aujourd’hui, ils sont payés "à peine 2 euros par heure alors que le coût de leurs études augmente", précise Benjamin Lohez.

Des frais illégaux liés aux tenues de stages

Autre augmentation conséquente pour les étudiants en maïeutique : le coût du matériel pédagogique et des stages. Dans certains établissements, c'est encore aux futurs praticiens de payer leurs tenues, qui, "lorsqu’elles sont payantes, coûtent en moyenne 26,78 euros chacune", souligne l'ANESF. Et les établissements de formation en réclament quatre en moyenne, ce qui représente un coût de 107,14 euros", souligne l’organisation étudiante. En 2021, cet achat représentait une dépense de 79 euros.

Malgré les instructions interministérielles parues en décembre 2020 et en mai 2021 qui ordonnent aux écoles de fournir et d'entretenir les tenues gratuitement, une dizaine d'établissements continuent de faire payer leurs étudiants demandent aux étudiants de payer leurs tenues.

Tous ces frais mis bout à bout, obligent des étudiants à travailler à côté des études. C’est le cas de Chloé, étudiante en 4e année. "Ça me permet de payer mes frais de stages", soupire-t-elle. Selon l’enquête bien-être publiée en 2018, 25% des étudiantes et étudiants sages-femmes seraient dans cette situation.

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