Jade, étudiante assistante de service social : "Il faut savoir prendre du recul"

Par Elodie Auffray, publié le 29 Juin 2022
4 min

Après deux ans de psycho, Jade a bifurqué vers une formation d'assistante de service social : un parcours professionnalisant, qui mène à un métier mêlant écoute et accompagnement pratique.

Elle a tâtonné un peu avant de trouver sa voie. Animée par "un attrait pour le social", Jade opte après le bac pour une faculté de psychologie. Mais la licence lui apparaît "très vite" trop théorique. Ses parents lui parlent alors du métier d'assistante de service social. La jeune femme se renseigne sur Internet, rencontre plusieurs professionnels et se décide. Le métier mêle cette "relation d'aide, d'écoute et d'accompagnement" à laquelle elle aspire et "la recherche de solutions pratiques, avec les gens". Bingo !

Après sa deuxième année de psycho, elle intègre le centre de formation Askoria (accessible après le bac) à Rennes pour trois ans d'études. Un cursus qui alterne, quasi à égalité, les semaines à l'école et celles sur le terrain. "On est confronté très vite à la mise en pratique, dès la première année", apprécie Jade. Ce qui permet aussi de "faire le lien avec ce qui est enseigné en cours", analyse-t-elle, au terme de sa troisième et dernière année.

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Les stages pour envisager son futur métier d’assistante sociale

Les apports théoriques, de plus en plus réduits au fil de la formation, comportent une introduction aux sciences humaines et sociales, des temps "très utiles" d'analyse de pratique professionnelle, des cours sur la législation, les institutions et les politiques sociales… La Bretonne aime cette pluridisciplinarité, ainsi que les interventions assurées par des professionnels de terrain : "Ils racontent leurs expériences, ça permet de se projeter."

Quant aux stages, ils offrent la possibilité de se confronter au métier et "de confirmer son projet". Puis de conquérir peu à peu son autonomie et d'apprendre à mieux se connaître. "Les stages sont importants pour savoir avec quels types de publics on peut travailler ou pas, quelles sont nos limites et nos ressources", estime Jade, qui a effectué une grande partie de ses stages au Centre hospitalier de Rennes.

Si elle a eu la chance d'être prise dans la structure qu'elle convoitait, ce n'est pas le cas pour tous : "Il y a une grande pénurie de stages, donc ils sont parfois subis : certains camarades de promotion ont dû les faire en retard, sur leur temps personnel, parfois avec des publics avec lesquels ils ne se voyaient pas travailler."

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Empathie et bienveillance, les qualités-clés pour travailler dans le social

La jeune femme avertit aussi : la formation, puis le métier, peuvent être éprouvants. Si "l'empathie" et "la bienveillance" sont des qualités requises, il faut aussi "ne pas prendre les choses trop à cœur : on est confrontés à toutes sortes d'injustices, mais on n'est pas là pour se battre contre la société, on est là pour accompagner les personnes". Elle évoque la "fatigue morale" de ne parfois "pas pouvoir faire grand-chose pour les gens", notamment en cas de "vide juridique".

Son cursus achevé, Jade espère avoir l'opportunité de continuer à travailler au sein de l'hôpital de Rennes. Mais déjà, pour la jeune femme de 23 ans, une chose est acquise : "C'est vraiment un épanouissement de trouver sa voie professionnelle."

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