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Jeunes diplômés infirmiers : la fin du plein emploi

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Et si les infirmiers n’étaient plus à l’abri du chômage ? Dès 2012, des jeunes diplômés faisaient part de leurs difficultés à trouver un emploi ou à le garder sur une longue durée. Aujourd’hui, une enquête de la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers) vient confirmer ces remontées du terrain.

Jusqu'en 2012, le diplôme d'État d'infirmier protégeait du chômage. Mais les temps ont changé et la crise qui a touché la profession au moment de la réforme des études (deux promotions sont arrivées simultanément sur le marché de l'emploi) semble se prolonger. C'est ce que montre une enquête* de la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers) publiée le 10 juin 2014. Aujourd'hui, on constate une part non négligeable d'infirmiers jeunes diplômés en recherche d'emploi et une tendance à la précarisation.

Faire preuve du souplesse

Toutefois, la FNESI souligne que ces périodes de chômage sont de "courte voire de très courte durée puisqu’elles sont à 84 % de moins de 3 mois". Les diplômés alternent donc phases d’emploi et de chômage.

Pourquoi cette crise ? Les départs à la retraite massifs sont passés. Aujourd’hui, le quota d’étudiants formés chaque année (33.800 en 2013), trop important, n’est plus adapté à la conjoncture. La FNESI relève malgré tout un paradoxe : la France a un réel besoin de ces professionnels de santé. Mais ce besoin se fait plus sentir dans certains secteurs (notamment gériatriques et psychiatriques) et sur certains territoires. Les régions Aquitaine et Bretagne, par exemple, sont saturées.

Pour trouver de l’emploi, il faut donc faire preuve de souplesse, voire de renoncement. Selon l’enquête, 41 % des diplômés ont accepté des postes qu’ils ne visaient pas pendant leurs études. Un bon point : plus de la moitié des étudiants qui ont répondu sont prêts à exercer dans un désert médical. Un mauvais point : 44 % seraient prêts à prendre un poste dans un secteur autre que la santé...

*Enquête "Difficultés d'insertion professionnelle et précarisation de l'emploi" menée de janvier à mars 2014 sous la forme d'un formulaire informatique auprès des diplômés depuis 2009. 3221 réponses obtenues, soit 2,70 % de la population étudiée.