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Décryptage

Kiné : le coût des études multiplié par 50 d'un institut à l'autre

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Selon les IFMK, les frais de scolarité pour les études de kiné font le grand écart. // © plainpicture/Fogstock/Alin Dragulin
Selon les IFMK, les frais de scolarité pour les études de kiné font le grand écart. // © plainpicture/Fogstock/Alin Dragulin

INFOGRAPHIE. Si certains élèves en masso-kinésithérapie payent autant de frais de scolarité qu'à la fac, d'autres peuvent débourser plus de 9.000 € par an pour obtenir, au final, le même diplôme... Une situation "injuste" dénoncée par la Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie. Explications.

Vous voulez devenir kiné ? Vous avez alors "une chance sur trois de devoir contracter un prêt de 25.000 € en moyenne" pour financer vos études, assure la FNEK (Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie), dans une enquête publiée lundi 20 février 2017.

L'organisation étudiante a recensé les frais d'inscription de chacun des 42 IFMK (instituts de formation en masso-kinésithérapie) de France. Verdict : selon votre établissement, vos droits de scolarité annuels pourront s'élever de 184 € à... 9.200 €, soit un rapport de un à cinquante ! Des montants exorbitants dénoncés par la FNEK, qui rappelle que cette situation est d'autant plus absurde que tous ces instituts délivrent un diplôme d'État unique.

Plus de 3.000 € dans 22 instituts

Les instituts de formation de kinésithérapie peuvent être publics, privés à but lucratif ou privés à but non lucratif, mais "le montant des droits de scolarité n'est pas corrélé au statut", constate la FNEK. En réalité, les neuf instituts à demander les mêmes frais d'inscription qu'en licence, soit 184 € pour l'année, sont tous publics. Mais la réciproque n'est pas vraie : les étudiants de l'IFMK de Brest, également public, doivent ainsi débourser 6.000 € par an.

À l'échelle nationale, 22 instituts exigent des droits d'inscription supérieurs à 3.000 €. Pour six d'entre eux, les montants dépassent les 8.000 €. La palme de l'IFMK le plus cher revient à celui d'Assas (Paris) avec 9.200 € annuels.

Des possibilités de mobilité réduites à néant

Ces inégalités entre instituts de formation sont particulièrement injustes puisque les étudiants ne peuvent choisir l'IFMK dans lequel ils vont étudier. En effet, l'accès aux études de kiné se fait dans la très grande majorité des cas via une première année universitaire, le plus souvent après une inscription en PACES (première année commune aux études de santé), mais aussi après une année en STAPS (sciences des activités physiques et sportives) ou de biologie.

Or, la PACES est une filière en tension. C'est-à-dire que pour être sûr d'obtenir une place, les bacheliers sont obligés de s'inscrire sur APB (Admission-postbac) dans une université de leur académie. Un système qui réduit les possibilités de mobilité à néant. Par la suite, quand les universités ont établi des conventions avec plusieurs IFMK, les candidats choisissent leur institut en fonction de leur classement au concours.

Les financements des régions en cause

Le grand écart observé entre les droits de scolarité est directement lié aux financements des régions : certaines, comme la région Grand-Est ou encore le Centre-Val-de-Loire, ont fait le choix de financer les IFMK afin d'aligner les droits d'inscription sur ceux en licence, explique la FNEK. D'autres, comme en Bretagne ou en Île-de-France, ont délaissé ces formations.