1. La fac de médecine selon Chloé, étudiante en 4ème année
Portrait

La fac de médecine selon Chloé, étudiante en 4ème année

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Chloé, 20 ans, est étudiante en quatrième année à la fac Saint-Antoine, à Paris. Elle raconte le long mais passionnant chemin qui doit la mener à son but : devenir médecin de campagne.

Soigner : une vocation pour Chloé, 20 ans. Au collège, cette étudiante en médecine en DCEM2 (deuxième année du deuxième cycle des études médicales) à l'université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, sur le site de Saint-Antoine, était plus attirée par les animaux que par les hommes. Son stage de découverte de 3e, effectué dans un cabinet vétérinaire, lui fait changer d’avis. "J’ai préféré me tourner vers la médecine pour le contact avec les humains."
 

Une année de travail intensif

 
Après un bac scientifique avec mention très bien obtenu à Melun (77), Chloé s’inscrit à la fac. Son objectif : réussir le concours de PCEM1 (première année du premier cycle des études médicales), condition sine qua non pour poursuivre le cursus. Un obstacle redouté par la plupart des étudiants… "PCEM1, c’est beaucoup de travail, de bourrage de crâne. Il faut apprendre le plus de choses possibles par cœur pour être le meilleur. On s’enferme dans sa chambre, le nez dans les bouquins de physique-chimie, de biologie cellulaire, de biochimie, d’anatomie, etc. On stresse parce que l’on n’a que deux chances (NDLR : on ne peut redoubler qu’une fois, à moins d’obtenir une dérogation)".
 

Sus au chahut

 
Les cours – environ 24 heures par semaine – se déroulent dans des amphis bondés. "Si vous n’avez pas appris à bosser seul, il faut vous y mettre… Au lycée, on est 35 par classe et plutôt bien encadrés. Là, on se retrouve à 350 par amphi. Cela peut poser problème aux étudiants qui quittent le domicile familial et se retrouvent seuls à Paris". Pour compliquer le tout, les "primants" – les étudiants qui passent le concours pour la première fois – doivent faire abstraction du chahut orchestré par les doublants, qui jouent leur va-tout. "Aujourd’hui, les amphis sont tout de même plus calmes qu’autrefois. A l’université Paris 6, les pions ont des appareils photo pour prendre les chahuteurs et les sanctionner !", raconte Chloé.
 

Des sacrifices qui valent le coup

 
Contre toute attente, l’étudiante n’a pas mal vécu cette première année. "Au début, je me suis dit que je ferais ce que je pourrais, que j’avais deux ans pour réussir le concours. J’ai travaillé sans me mettre la pression. Après le premier semestre, lorsque j’ai vu que j’étais classée 53e, la pression a monté d’un cran...". Finalement, Chloé est arrivée 51e sur environ 2.000 candidats en 2006. Le numerus clausus de sa fac s'élevait à 336 places. "Finalement, le plus difficile reste de garder le contact avec ses amis de lycée. Mais cela vaut le coup de faire des sacrifices. Une fois reçu, on oublie vite les efforts fournis."

Sommaire du dossier
En deuxième année de médecine, Chloé entre dans le vif du sujet En troisième année de médecine, c’est hôpital tous les matins En quatrième année, Chloé devient apprentie médecin L’ambiance en fac de médecine : de la compétition à la solidarité Médecine : des études peu coûteuses, mais longues Contaminée par le virus de l’associatif Objectif : devenir médecin de campagne