Études de médecine : la réforme du deuxième cycle en place à la rentrée 2021

Par Pauline Bluteau, publié le 29 Juillet 2021
6 min

Dès septembre prochain, les étudiants entrant en quatrième année d’études de médecine seront les premiers concernés par la R2C, la réforme du deuxième cycle. Fin des ECN, approche par compétences, préprofessionnalisation, nouveaux classements… L’Etudiant fait le point.

Les années se suivent… et se ressemblent. Après la réforme du troisième cycle des études médicales (R3C) en 2017, la réforme du premier cycle des études de santé (R1C) en 2020, place à la réforme du deuxième cycle des études de médecine (R2C) à la rentrée 2021.

Repoussée d’un an en raison de la crise sanitaire, la réforme doit pleinement être instaurée à partir de septembre prochain pour les étudiants entrant en quatrième année de médecine, ou autrement dit en première année d’externat.

Une réorganisation du deuxième cycle des études de médecine

Refonte des programmes, nouvelles approches pédagogiques… Le chantier est important. "On casse tout et on recommence", tranche Jeanne Dupont-Deguine, vice-présidente en charge des études médicales à l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). "C’est une réforme importante où l’on passe d’un paradigme d’enseignement à un paradigme d’apprentissage", confirme Marc Braun, doyen de la faculté de médecine de Lorraine et chargé de mission pour la mise en place de la R2C.

En effet, c’est toute une façon d’apprendre qui doit changer avec cette réforme. Les programmes seront réduits, les maquettes revues avec de nouvelles unités d’enseignement, l’accompagnement des étudiants par les enseignants plus important et la pédagogie sera avant tout axée sur les compétences plutôt que les connaissances. "On se tourne vers l’étudiant et ses compétences, on l’amène à raisonner à voix haute, à mener une anamnèse, générer une hypothèse… Tout ceci s’apprend", détaille le doyen.

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La suppression des ECN au profit d’un "matching"

Autant de nouveautés qui s’appliqueront pendant les trois années d’externat, et donc jusqu'en sixième année de médecine. Année cruciale pour les étudiants qui, jusqu’à présent, passaient les épreuves classantes nationales, les ECN, en fin d’externat. Ces examens donnaient lieu à un classement permettant ensuite de définir la spécialité et le lieu d’affectation des futurs médecins pour leur internat. Vivement critiquées depuis des années, les ECN vont bel et bien disparaître. "Cette réforme est née d’un rapport datant de 2016 dévoilant l’expression d’un ras-le-bol du deuxième cycle. On ne pouvait pas continuer de la sorte", assure Marc Braun.

Les ECN seront donc supprimées à compter de 2024 (lorsque les actuels étudiants en quatrième année entreront en sixième année) au profit d’un "matching". Ces nouveaux examens se dérouleront en deux temps lors de la sixième année. Le "matching" se composera à 60% d’épreuves dématérialisées nationales (EDN), à 30% d’ECOS (examens cliniques objectifs et structurés) et à 10% de valorisation du parcours universitaire. De quoi allier connaissances, compétences universitaires et compétences transversales.

Plus concrètement, les EDN seront moins longues que les ECN puisque les épreuves de sur-spécialisation seront supprimées. L’épreuve se déroulera en octobre de la sixième année et comprendra notamment des questions isolées (QCM), des questions à réponse unique ou à réponses ouvertes et courtes.

Les ECOS permettront d’apprécier votre raisonnement, votre comportement et votre capacité à communiquer. Les futurs soignants y seront préparés tout au long de l’année avant l’examen final en mai. Chaque étudiant sera évalué à travers une situation de départ, parmi les quelque 356 items (rédaction d’une ordonnance, prévention auprès d’un malade, prise en charge d’un patient…).

Quant au parcours de l’étudiant, il prendra en compte vos différents engagements, votre mobilité internationale, un double cursus, une formation à la recherche… Une "plus-value" selon l’ANEMF pour permettre aux étudiants de "s’ouvrir l’esprit".

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Préparer son entrée en internat

La sixième année ne sera donc pas exactement la même que celle que l’on connait actuellement. "Il y aura toujours du bachotage mais de manière plus intelligente puisqu’il y a une logique derrière", estime Jeanne Dupont-Deguine. Séparer les examens permet aussi d’envisager autrement cette dernière année d’externat. Elle sera davantage assimilée à une année de préprofessionnalisation avec la possibilité d’effectuer différents stages. "Cela permettra de faire des choix plus éclairés pour l’internat", poursuit la représentante de l’ANEMF.

Car désormais, plus de classement unique pour les 9.000 étudiants en sixième année mais un classement par spécialité (soit 44), avec en face les vœux hiérarchisés des étudiants. L’algorithme proposera alors les meilleures affectations. Quoi qu’il arrive, en 2021 comme en 2024, le passage de l’externat à l’internat restera un moment important de la vie d’un étudiant en médecine, réforme ou non.

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