La réforme du deuxième cycle des études de médecine (enfin) précisée

Par Pauline Bluteau, publié le 18 Janvier 2022
7 min

La R2C, ou réforme du deuxième cycle des études de médecine, aura donc été mise en place avant d'être officialisée par des arrêtés ministériels. Fin décembre 2021, l'organisation de la sixième année de médecine a été précisée, signant définitivement la fin des ECN (épreuves classantes nationales) d'ici 2024.

Quatre ans après l'annonce de la suppression des ECN (épreuves classantes nationales) permettant l'accès à l'internat, la réforme du deuxième cycle des études de médecine (R2C) se précise pour de bon. Si un premier décret est venu acter la R2C en septembre 2021, des arrêtés manquaient toujours à l'appel pour consolider son organisation.

Des précisions très attendues par les externes actuellement en quatrième et cinquième années de médecine restés dans le flou depuis la rentrée 2020. Répartition des stages, nouveaux enseignements, organisation des épreuves dématérialisées nationales (EDN) et des ECOS (examens cliniques objectifs structurés), prise en compte du parcours universitaire… Plusieurs points de la réforme sont détaillés.

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Réorganisation du deuxième cycle de médecine

Avec l'arrêt des ECN, c'est toute l'organisation de la sixième année qui est remise en cause. Cette dernière année d'externat se veut plus professionnalisante, tournée vers l'internat. Ce qui a donc aussi des conséquences sur la quatrième et la cinquième années qu'il a fallu repenser.

À commencer par les stages qui vont être répartis différemment : les modalités sont assouplies avec la possibilité d'effectuer des périodes de stage à temps plein ou à mi-temps tout au long du cycle. Désormais, les externes pourront aussi se rendre dans des structures médicales hors CHU pour leur stage.

Enfin, de nouveaux enseignements font leur apparition et devront être validés pendant le deuxième cycle. Les étudiants seront notamment formés aux usages du numérique en santé, suivront des cours en sciences humaines et sociales et devront obtenir leur attestation de formation aux gestes et soins d'urgence de niveau 2.

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Des précisions sur l'organisation des EDN, des ECOS et du parcours de formation

En sixième année, les étudiants passeront deux épreuves déterminantes pour entrer en internat : les EDN (épreuves dématérialisées nationales) "avant la fin de la dernière semaine d'octobre" puis les ECOS (examens cliniques objectifs structurés), en mai. Les EDN comme les ECOS seront organisés tous les ans, en simultanée pour tous les externes. Et comme pour les ECN, le Centre national de gestion (CNG) sera chargé de superviser ces épreuves.

Les épreuves dématérialisées nationales seront réparties en quatre plages horaires de trois heures. Trois sessions correspondront à des questions isolées ou à des questions au sein de dossiers progressifs. La quatrième session des EDN sera constituée d'une lecture critique avec deux articles scientifiques dont l'un sera orienté clinique et l'autre physiopathologique. Pour pouvoir participer ensuite aux ECOS, les étudiants devront obtenir une note minimum de 14/20 aux EDN.

Quant aux ECOS, ce sont des exercices oraux permettant d'apprécier la réaction des futurs médecins par rapport à des situations cliniques données (au total, il existe 356 items comme la rédaction d'une ordonnance, la prévention auprès d'un malade, la prise en charge d'un patient…).

Pendant tout leur externat, les étudiants vont pouvoir s'y préparer : une session d'examen sera organisée tous les ans, de la quatrième à la sixième années, par les universités. Ce sont des examens dits facultaires. Les résultats seront pris en compte pour valider le deuxième cycle.

Ce n'est qu'en fin de sixième année que se déroulera l'examen national. Chaque candidat se présentera à dix "stations" (sorte de scénettes de mise en situation) dont la durée sera comprise entre sept et dix minutes. La note obtenue pour chaque station devra être supérieure ou égale à 10/20. Sinon, ils ne pourront pas accéder à l'internat. Contrairement aux EDN, aucune seconde session ne sera organisée pour les ECOS.

Ces deux épreuves comptent pour 90% de la note finale. Car sera également pris en compte le dossier du parcours de formation des étudiants. L'arrêté du 21 décembre 2021 précise tous les éléments qui peuvent être considérés dans ce dossier comme le suivi d'un cursus médecine ou hors médecine (master ou thèse par exemple), un engagement associatif, pédagogique ou social, une expérience professionnelle ou une mobilité linguistique. Chaque élément du dossier devra être justifié par une attestation ou un certificat. Entre 10 et 60 points sont ensuite attribués en fonction des éléments validés.

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Les modalités du "matching" encore en attente

Si l'organisation du deuxième cycle est désormais structurée et les modalités des épreuves passées en sixième année ont été précisées, rien n'a encore été définitivement acté pour le "matching", la procédure qui remplacera véritablement le classement établi par les ECN.

Jusqu'à présent, les notes obtenues aux ECN donnaient un classement unique des externes. Classement déterminant puisque chaque étudiant pouvait choisir son internat en fonction de son rang. Désormais, avec trois épreuves différentes, une réflexion doit s'engager sur la forme que vont prendre ce ou ces classements.

Au départ, il était notamment question de présenter un classement par spécialité (soit 44) puis un classement par groupe de spécialités (soit 13). Comment l'algorithme va-t-il fonctionner pour que chaque candidat puisse choisir sa spécialité et son lieu d'affectation d'internat ? La procédure du "matching" n'est pas encore arrêtée, mais selon l'ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine), serait attendue pour février 2022.

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