Médecine : l’amphi de garnison bientôt virtuel ?

publié le 21 May 2007
3 min

La première année n’est pas forcément l’étape la plus difficile lorsque l’on s’engage dans des études de médecine. 6 ans après, les étudiants passent l’ECN (examen classant national). Un examen crucial car, selon leur classement, ils vont pouvoir ou non obtenir la spécialité et la ville de formation dont ils rêvent. Tout se joue lors de « l’amphi de garnison ». Deux semaines durant lesquelles les candidats énoncent leur choix. Jusqu'à 2011, la procédure se déroulait "physiquement" à Lognes, dans une salle gigantesque (reportage et séquence émotions en vidéo). Depuis septembre 2011, elle est informatisée.

C’était un rituel : chaque année, en septembre, tous les étudiants en médecine de France de DCEM4 (4e année du deuxième cycle des études médicales) qui avaient passé, avant l’été, l’ECN (examen classant national) se donnaient rendez-vous. Pendant 15 jours, les externes défilaient au Centrex de Lognes (94). En fonction de leur rang de classement, ils choisissaient une spécialité et une ville où, pour une durée de trois à cinq ans, ils allaient poursuivre leur formation d’internes. Or, aujourd’hui, il est fortement question de supprimer ce rendez-vous.
Le CNG (Centre national de gestion placé sous tutelle du ministère de la Santé), qui organise la quinzaine, coûteuse et lourde logistiquement à organiser, souhaite le rendre virtuel dès 2011.

La sécurité en question

La décision inquiète les associations des étudiants de médecine, dont l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). Celles-ci s’interrogent sur la sécurité et l’efficacité du futur site. Mais pas seulement… Jusqu’alors, les étudiants suivaient "physiquement" le déroulé des affectations : chaque candidat faisait son choix devant tous les autres. De grands tableaux récapitulatifs étaient affichés, ce qui permettait de connaître à peu près en temps réel les situations auxquelles s’attendre.

Moins de flexibilité

En passant au virtuel, les associations étudiantes soulignent un manque de visibilité concernant les affectations au moment du choix. Elles pointent du doigt les « énormes conséquences » que pourraient avoir le choix de dernière minute d’un étudiant. Ou le manque de flexibilité dans certains cas complexes (comme celui, lorsque deux étudiants sont en couple, de demander un déclassement pour rester proche de son conjoint). Enfin, les associations regrettent la fin d’un "rituel de passage symbolique" entre les statuts d’interne et d’externe. Mais faire son choix de chez soi ne serait-il pas moins stressant que dans une énorme salle, sous le regard de 300 personnes ?

Virginie Bertereau
1er mars 2011

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