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Décryptage

Coronavirus : les doyens demandent le report de la réforme du deuxième cycle des études de médecine

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La crise sanitaire que traverse le pays bouscule notamment les plans des facultés de santé. // © H_Ko / Adobe Stock
La crise sanitaire que traverse le pays bouscule notamment les plans des facultés de santé. // © H_Ko / Adobe Stock

Comment réussir à préparer la réforme du deuxième cycle des études de médecine nécessitant de produire de nouveaux référentiels d'enseignement alors que les professeurs sont en train de soigner les malades du Covid-19, que les facultés restent fermées et que le personnel est confiné ? Ce n'est tout simplement pas possible, estime la Conférence des doyens des facultés de médecine. Elle demande un report de la réforme à la rentrée universitaire 2021.

La crise sanitaire du Covid-19 est en train de bousculer l'organisation dans les facultés de santé, déjà chamboulées par une série de réformes. Dans une lettre datée du 7 avril 2020 adressée à Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et Olivier Véran, ministre de la Santé, la Conférence des doyens de médecine demande le report d'un an de la refonte du second cycle des études médicales (de la quatrième à la sixième année de médecine) prévue pour la rentrée 2020.

Il s'agit d'une réforme pédagogique visant à remettre l'approche par compétences, et pas seulement par connaissances, au cœur de la formation. La réforme repense notamment les ECNi (épreuves classantes nationales informatisées), qui donnent accès à l’internat.

"Comment réussir à achever la préparation de la réforme qui nécessite de produire de nouveaux référentiels d'enseignements avec des enseignants qui sont, notamment dans le Grand Est et le Nord, en train de soigner les malades du Covid ? Les universités et les facultés sont fermées, les personnels sont confinés. Dans ces conditions, les scolarités ne sont pas capables d'anticiper la mise en place de la réforme pour l'année prochaine", explique Patrice Diot, président de la Conférence des doyens des facultés de médecine.

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La réforme du premier cycle met aussi les facultés sous tensions

Par ailleurs, les équipes universitaires sont encore mobilisées par la réforme du premier cycle qui a abouti à la suppression de la PACES, première année commune aux études de santé. À partir de la rentrée prochaine, deux voies principales permettront d’accéder aux études médicales, le parcours spécifique accès santé (PASS) et la licence avec option accès santé (L.AS). "La réforme du premier cycle est une priorité absolue. On ne peut pas reculer. Or, celle-ci nécessite encore du travail, notamment entre les enseignants de médecine et les autres composantes de l'université", reprend le doyen.

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Les étudiants et les doyens soutiennent la réforme

Par ailleurs, les doyens et les organisations d'étudiants en médecine soutiennent la réforme du deuxième cycle. "Nous l'avons voulue", rappelle Patrice Diot. Les médecins de demain ne seront plus uniquement évalués sur les connaissances, mais aussi selon de nouveaux critères.

"Tout d'abord, les compétences, qui sont des mises en situation cliniques, et qui seront appréciées sous la forme d’examens cliniques objectifs et structurés. Le parcours sera apprécié également. L’étudiant fera des expériences qui lui rapporteront un nombre de points. Le nombre de points sera plafonné pour éviter une course à l'expérience. La valorisation des mobilités nationales et internationales (Erasmus, stage clinique ou de recherche), des engagements associatifs au sens large, des doubles cursus (UE optionnelles, master, thèse précoce), de l’expérience professionnelle ou encore du niveau de langue, est prévue", détaille Sébastien Villard, vice-président chargé des études médicales à l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF).

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Les premiers étudiants qui devaient être concernés par cette réforme sont ceux qui entrent en 4e année (DFSAM1), à la rentrée prochaine. Quelles conséquences pour eux, en cas de report? "Il faudra faire en sorte qu'ils soient évalués sur la base du nouveau programme, en introduisant progressivement des éléments de compétences qui seraient pris en compte à la fin du deuxième cycle", explique Patrice Diot . La Conférence des doyens doit se réunir cette semaine pour statuer sur les modalités d'évaluation pour ces étudiants. Aux ministères de l'Enseignement Supérieur et de la Santé d'arbitrer ou pas en faveur du report de la réforme.