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Décryptage

Les formations paramédicales sur concours après le bac

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Les métiers paramédicaux accessibles après le bac recrutent sur épreuves scientifiques, mais pas seulement. Trouvez la formation qui vous convient le mieux, selon votre série.

Pour vous aider à choisir votre concours et votre cursus, voici ce qu'il faut savoir sur les conditions de recrutement et de formation des métiers paramédicaux qui requièrent un DE (diplôme d'État) ou un certificat de capacité. Nous les avons classés par ordre décroissant selon le taux de bacheliers S parmi les nouveaux inscrits ayant obtenu leur bac la même année (source, sauf mention contraire : DREES, ministère des Affaires sociales et de la Santé, 2016) :
• Audioprothésiste
• Masseur-kinésithérapeute
• Orthoptiste
• Pédicure-podologue
• Ergothérapeute
• Manipulateur en électroradiologie médicale
• Psychomotricien
• Orthophoniste
• Infirmier

Audioprothésiste

Part de bacs S : 96 %
Autres bacs : 4 %
(Source : écoles d'audioprothésie, 2016.)

Le concours

Les élèves passent trois épreuves écrites d'admissibilité : biologie (deux heures), maths (une heure) et physique (deux heures). Un oral d'admission d'une quinzaine de minutes clôt la sélection. La plupart des admis viennent d'autres filières (médecine, optique ou pharmacie). Et bonne nouvelle : les candidats manquent à l'appel.

Le cursus

Il comprend de la physique, des maths, un intense programme en audioprothèse, audiologie et pathologies de l'audition. Les connaissances sont vite mises en pratique : quarante-neuf semaines de stages sont prévues dans des services hospitaliers en oto-rhino-laryngologie ou gérontologie, dans des laboratoires d'audioprothèse ou des institutions.

Le coût

Neuf établissements seulement (sept publics et deux consulaires) préparent au DE d'audioprothésiste, en trois ans. Les frais de formation varient entre 476 € et 700 €.

Masseur-kinésithérapeute

Part de bacs S : 95 %
Autres bacs : 5 %

Le concours

Depuis la rentrée 2017-2018, il faut valider la PACES (première année commune aux études de santé) et passer le concours de fin d'année à l'université pour intégrer un IFMK (institut de formation en masso-kinésithérapie). L'accès après une L1 de STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) ou de sciences, technologies, santé sera aussi possible.

Le cursus

La formation, qui conduit au DE de masseur-kinésithérapeute, dure quatre ans. Elle est divisée en deux cycles de deux ans et fait la part belle aux stages, aux travaux pratiques et dirigés. Au programme : gestion, législation, masso-kinésithérapie, techniques de réadaptation et rééducation, sciences médicales, sport…

Le coût

Les deux tiers des établissements sont privés. Seules quatre écoles, réservées à des étudiants déficients visuels, proposent une scolarité gratuite. Coût de la formation : de 184 € (frais universitaires) à 9.900 € par an dans le privé.

Orthoptiste

Part de bacs S : 89 %
Autres bacs : ES (5,5 %), L (2 %), STL (2 %), ST2S (1,5 %)
(Source : enquête 2016 orthoptie.net.)

Le concours

Les étudiants sont sélectionnés sur la base de deux épreuves écrites en physique et en sciences de la vie, et d'un test oral de connaissances générales et d'aptitudes psychophysiques. Le contenu très scientifique de la formation explique la forte présence de candidats issus de médecine ou de pharmacie.

Le cursus

Quarante-deux semaines de stage, des cours théoriques, des TD et des TP, voilà les ingrédients de la formation. Au programme : sciences biologiques et médicales, méthodes, techniques et outils d'intervention de l'orthoptiste, pratique orthoptique, droit, sciences humaines et sociales, anglais.

Le coût

Quatorze écoles rattachées à des universités préparent, en trois ans, au certificat de capacité d'orthoptiste. Frais d'inscription : 342 € par an.

Pédicure-podologue

Part de bacs S : 81,9 %
Autres bacs : ES (8 %), ST2S (4,7 %), L (1,8 %), STL (1,3 %)

Le concours

Un examen écrit en biologie est organisé de manière systématique. Selon les écoles, un entretien ou des tests psychotechniques peuvent également faire partie des épreuves d'admission. Et il faut parfois passer par une PACES.

Le cursus

Le programme, sur trois ans, est intense et varié, grâce aux stages hospitaliers et aux TD en petits groupes, tournés vers les soins en pédicurie, la conception et la fabrication de semelles et autres petits appareillages.

Côté théorie, le temps se partage entre les sciences physiques, médicales et biologiques ; les sciences humaines et sociales ; le droit ; la gestion ; les sciences et fondements de la pédicurie-podologie ; les pratiques cliniques et thérapeutiques ; l'anglais professionnel et une initiation à la recherche…

Au cours des 1.200 heures de stage (pour une formation de 5.400 heures au total, dont 40 % de travail personnel), les étudiants s'entraînent à maîtriser l'ensemble des soins auprès des patients.

Le coût

Sur les dix écoles formant au métier de pédicure-podologue, huit sont privées. Leurs tarifs oscillent entre 620 € et 10.500 € par an (sans le matériel à acheter en première année).

Ergothérapeute

Part de bacs S : 81,3 %
Autres bacs : 18,7 % (dont bac ES : 6,1 % et ST2S : 4,1 %)

Le concours

Trois épreuves écrites (une heure chacune) sont prévues : physique-biologie, contraction de texte et tests psychotechniques. Une PACES est requise pour certains instituts.

Le cursus

Trente heures de formation par semaine, c'est le régime imposé aux étudiants. Le cursus inclut des enseignements théoriques et des travaux dirigés, nécessaires pour le travail thérapeutique auprès des patients. Au programme : fondements et processus de l'ergothérapie, pathologies et handicaps, sciences humaines, médicales et sociales, droit, techniques de soins et de rééducation…

Trente-six semaines de stages sont prévues pour découvrir les réalités du métier d'ergothérapeute dans les ­services de neurologie, de ­psychiatrie, de traumatologie, les maisons de retraite ou les institutions pour les personnes handicapées.

Le coût

Le diplôme d'État se prépare en trois ans à l'université ou dans des instituts publics ou privés (15 établissements). Coût de la formation : de 184 € (frais universitaires) à près de 6.000 € dans le privé.

Manipulateur en électroradiologie médicale

Part de bacs S : 80,2 %
Autres bacs : ST2S (9,8 %), STL (4,5 %), ES (2,7 %)

Le concours

Deux voies de formation dispensent, en trois ans, un programme identique et sont amenées à n'en faire plus qu'une finalement : le DE de manipulateur en ERM (électroradiologie médicale) et le DTS (diplôme de technicien supérieur) en imagerie médicale et en radiologie thérapeutique.

Le cursus

Le DE de manipulateur en ERM, comme le DTS, prévoit un grand nombre de semaines de stage. Les étudiants doivent assimiler un contenu théorique dense en un temps relativement réduit. Aux connaissances fondamentales en anatomie, biologie, physique, etc., s'ajoutent des cours sur les méthodes d'exploration et de traitement en imagerie médicale, radiothérapie et médecine nucléaire.

Le coût

Le DE se prépare dans 27 établissements publics rattachés chacun à un centre ­hospitalier ; le DTS, dans une trentaine de lycées publics ou privés. Frais d'inscription : 184 € par an pour le DE et jusqu'à 1.700 € pour le DTS dans le privé.

Psychomotricien

Part de bacs S : 63,6 %
Autres bacs : ES (16,5 %), L (7 %), ST2S (6 %), STMG (2,1 %), STL (1 %)

Le concours

Parmi tous les concours à dominante scientifique, c'est celui de psychomotricien qui accueille le plus de bacheliers non scientifiques. Deux épreuves écrites de deux heures chacune figurent au concours : biologie et français. Dans certains centres, il existe une épreuve complémentaire d'admission : tests psychotechniques ou entretien.

Le cursus

Les étudiants se partagent entre un enseignement théorique, une approche pratique des techniques de psychomotricité, des études de cas et, à partir de la deuxième année, au moins vingt semaines de stage dans des collectivités accueillant des enfants, des institutions de soins, des hôpitaux psychiatriques. Au programme : anatomie fonctionnelle-physiologie neuromusculaire, psychiatrie, psychologie-pédiatrie, psychomotricité et santé publique.

Le coût

La formation est dispensée dans sept écoles rattachées à des facultés de médecine, ainsi que dans quelques établissements public et privés. Le DE de psychomotricien est délivré à l'issue de trois ans d'études. À noter : trois établissements (La Réunion, Marseille et Paris) proposent une formation en apprentissage.

Frais d'inscription : de 1.316 € par an en école publique à 9.600 € dans le privé.

Infirmier

Part de bacs S : 32,3 %
Autres bacs : ST2S (25,6 %), ES (17,8 %), L (7,1 %), STMG (7 %)

Le concours

Pour se présenter aux concours des IFSI (instituts de formation en soins infirmiers), il faut être titulaire du bac ou d'un titre équivalent. Chaque institut (plus de 300 en France) organise sa sélection. Le concours comporte deux épreuves d'admissibilité. La ­première est l'étude d'un texte relatif à l'actualité sanitaire et sociale. La seconde correspond à des tests d'aptitude portant sur les capacités de raisonnement logique et analogique, d'abstraction, de concentration, de résolution de problèmes ainsi que sur les compétences numériques. L'admission est prononcée à la suite d'un entretien. Chaque année, environ 30 % des candidats sont admis.

Test : Êtes-vous fait(e) pour devenir infirmier(ère) ?

Le cursus

La formation se déroule sur trois ans et confère le grade de licence. Elle comprend des thèmes généraux et transversaux (hygiène, santé, sciences humaines…) et des disciplines médicales (anatomie, pédiatrie, psychiatrie…). Le programme de la formation mêle cours, TD, TP et stages. Il inclut une initiation aux méthodes de recherche puisqu'il est possible de poursuivre en master puis en doctorat de sciences infirmières.

Après avoir obtenu le diplôme d'infirmier, il est possible de se spécialiser pour devenir infirmier anesthésiste, infirmier de bloc opératoire, cadre de santé ou puériculteur.

Le coût

Certains IFSI dépendent des hôpitaux publics, notamment de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), d'autres de la Croix-Rouge française ou d'associations privées. Frais d'ins­cription : de 184 € à 8.000 € par an, selon le statut de l'institut.

Orthophoniste

Part de bacs S : très variable selon les écoles

Le concours

Avec 6 % à 8 % ­d'admis, il est certes très sélectif mais reste moins scientifique que les autres. Différent d'un institut de formation à l'autre, le concours comprend une série d'épreuves écrites d'admissibilité (trois heures), suivie par des épreuves orales d'admission.

L'écrit vise à vérifier la maîtrise de l'orthographe, de la syntaxe et de la sémantique, les facultés de synthèse, ainsi que les connaissances en biologie. L'oral d'admission permet de découvrir la personnalité des candidats, d'évaluer leur connaissance de la profession et d'effectuer des tests : audiogramme, aptitudes phono-articulatoires, rythmiques…

Le cursus

Il s'étale sur cinq ans et confère le grade de master. Au programme : des enseignements théoriques (audition, biologie, oto-rhino-laryngologie, psychologie, sciences de l'édu­cation, sciences du langage, sciences physiques et techniques, etc.) et des travaux pratiques et dirigés.

Au cours de leur formation, les futurs orthophonistes passent en revue tous les troubles (de la voix, bégaiement, dyslexie…), les techniques de rééducation adaptées au patient, tout en se préparant au bilan, à la conduite d'un entretien et à l'accompagnement familial.

Autant de "techniques" à expérimenter sur le terrain par l'intermédiaire de stages en crèche, en maison de retraite, en milieu hospitalier, dans un cabinet libéral, etc. À la clé : le certificat de capacité ­d'orthophoniste.

Le coût

Les études se déroulent dans 19 centres de formation rattachés à des facultés de médecine. Frais d'inscription : 549 €.

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