1. Licence santé : votre fac propose-t-elle une alternative à la PACES ?
Décryptage

Licence santé : votre fac propose-t-elle une alternative à la PACES ?

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Cours en fac de médecine à l'université d'Angers. // © Virginie Bertereau
Cours en fac de médecine à l'université d'Angers. // © Virginie Bertereau

À partir de la rentrée 2015, trois nouvelles universités vont expérimenter des filières alternatives à la PACES (première année commune aux études de santé). Leurs projets s’ajoutent aux 7 autres, déjà lancés par le gouvernement. La fac que vous visez fait-elle partie du lot ? Quel est son projet ?

Et de dix. Au total, dix universités vont proposer une filière alternative à la PACES (première année commune aux études de santé) entre les rentrées 2014 et 2015. Aux sept facs initiales (Angers, Paris 5, Paris 7, Paris 13, Rouen, Saint-Étienne et Strasbourg), s'en ajoutent trois nouvelles : les universités d'Auvergne, de Poitiers et de Tours. "Au total, cette expérimentation concernera un tiers des facultés de médecine", ont indiqué Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et Geneviève Fioraso, secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, dans leur dossier de rentrée universitaire.

Un pourcentage de places réservées

Objectifs : améliorer les conditions de réorientation des étudiants après un échec en PACES et diversifier le profil des futurs médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens et sages-femmes en créant de nouveaux modes d'entrée en deuxième ou troisième année d'études. Dans chaque filière, un quota de places est réservé aux admissions issues de ces voies "parallèles". Certaines expérimentations (Paris 5, Paris 7, Paris 13, Rouen, Saint-Étienne et Strasbourg) ont débuté à la rentrée 2014. Les autres (Angers, Auvergne, Poitiers, Tours) commenceront à la rentrée 2015. Après six années de tests, quel modèle sera généralisé ? Au total, 7 projets sont expérimentés.

Paris 5, Paris 7, Paris 13 et Saint-Étienne : après une L2 ou une L3 adaptée

Ce projet mis en place à la rentrée 2014 augmente les chances d'intégrer la deuxième ou la troisième année d'une filière santé (dentaire, médecine, pharmacie, sage-femme) avec une L2 ou une L3 validée quelconque (droit, chimie, philosophie…) mais adaptée. Les étudiants doivent suivre des unités d'enseignement de PACES complémentaires, dont le nombre et la nature dépendent du cursus choisi en parallèle. Plus d'infos, ici.

Université de Rouen : création d'une licence sciences pour la santé

L'université de Rouen a créé une licence "sciences pour la santé". Ouverte pour l'année 2014-2015, celle-ci est parallèle à la PACES. Toutes deux ne sont ouvertes qu'aux bacheliers de l'académie de Rouen, sauf cas exceptionnel s'il a été fait une demande de dérogation dès le mois de mars/avril de l'année précédente. Les bacheliers choisissent entre l'une des deux filières. Le recrutement en licence se fait sur dossier (CV, lettre de motivation, notes du baccalauréat).

Par la suite, pour rejoindre les études de dentaire, médecine, pharmacie ou sage-femme, les étudiants doivent avoir validé leur L2 ou une L3 santé mais aussi avoir obtenu au moins 12/20 de moyenne dans les UE du tronc commun, ne pas avoir redoublé d'année de licence et être selectionné par le jury suite à un oral de motivation. Un pourcentage du “numerus clausus” est réservé aux admissions directes (15 % : 6 % après une L2, 9 % après une L3). 

À noter : les étudiants de PACES ne peuvent pas se réorienter vers la licence santé en cours d'année. Plus d'infos ici.

Université de Strasbourg : après une L2 de sciences

Avec une deuxième année de licence sciences du vivant validée, une part d'étudiants de l'université pourra intégrer les cursus de dentaire, médecine, pharmacie ou sage-femme en admission directe. Il sera également possible de faire pharmacie après une deuxième année de licence de chimie validée. L'expérimentation débute en 2014-2015, mais les jurys seront organisés à compter de l'année universitaire 2015-2016. Plus d'infos ici.

Université d'Angers : la PACES supprimée

C'est le seul projet où la PACES est supprimée. L'université d'Angers la remplace par un parcours pluridisciplinaire dit "pluriPASS" organisé à partir de l'année universitaire 2015-2016. Une L1 validée permettra d'accéder aux épreuves d'admission (écrites et orales) en deuxième année de dentaire, médecine, pharmacie ou sage-femme. 75 % des places du “numerus clausus” seront alors attribuées. Ceux qui échoueront pourront poursuivre en semestre 3 de licence pluriPASS – et retenter leur chance aux épreuves (25 % du “numerus clausus”) – ou rejoindre une autre L2, un master, une école d'ingénieurs ou de commerce.

Université d'Auvergne : une licence sciences pour la santé refaite à neuf

L'université située à Clermont-Ferrand ne va pas créer de nouvelle licence. Elle va en utiliser et adapter une déjà existante : la licence sciences pour la santé. À la rentrée 2015, le cursus va être doté d'une coloration un peu plus santé pour que ses étudiants puissent recevoir en contenus l'équivalent de la PACES et rejoindre ensuite les filières médicale, pharmaceutique, maïeutique et odontologique. Cette licence débouche également sur plusieurs masters dans des domaines parallèles : éducation et santé publique, nutrition-santé-aliments, sciences du médicament, technologies biomédicales ou génétique et physiologie-bio-informatique.

À partir de 2016-2017, l'université sélectionnera les étudiants en fin de L2 ; à partir de 2017-2018, en fin de L2 et de L3. L'université prendra alors 25 étudiants en médecine (14 % du numerus clausus), 10 étudiants en pharmacie (11 %), 5 étudiants en maïeutique (15 %) et 5 étudiants en odontologie (12 %).

Université de Poitiers : un accès post-L2

À la rentrée 2015, l'université de Poitiers expérimentera une passerelle pour des étudiants issus de la deuxième année des licences sciences de la vie et physique-chimie. Les candidats déposeront leur dossier en deuxième année de licence. Celui-ci sera évalué par un jury. Ils passeront ensuite un oral. Ceux qui seront retenus seront inscrits sur une liste d'attente. S'ils valident leur année de licence, ils pourront passer en deuxième année de santé. Le nombre d'étudiants admis va évoluer progressivement pendant les cinq années d'expérimentation. En 2015, seuls 10 étudiants seront pris en médecine (5 % du numerus clausus), 2 en maïeutique (9,5 % du numerus clausus) et 5 en pharmacie (7 % du numerus clausus). Mais en 2019-2020, le projet concernera 18 étudiants en pharmacie (sur 72 places, soit 25 %), 12 étudiants maximum en médecine (sur 192 places) et toujours 2 étudiants en maïeutique. Il n'y a pas de filière odontologie à Poitiers.

Université de Tours : après une L2 ou une L3 complétée

L'université de Tours se dirige pour la rentrée 2015 vers un système d'étudiants entrant en filière santé après une L2 ou une L3 sciences de la vie ou physique-chimie validée. Pour accéder aux filières médecine, maïeutique et pharmacie, il faudra faire partie des meilleurs élèves de licence (dans les 20 %) et valider trois UE (unités d'enseignement) complémentaires de vingt heures chacune. Dans chaque filière, un pourcentage de places est réservé. En médecine, il sera de 10 % en 2015-2016, puis augmentera progressivement jusqu'à 20 % en fin d'expérimentation. En maïeutique, il sera de 10 % en 2015-2016 et atteindra 30 % en 2019-2020. En pharmacie, il sera de 10 % en début d'expérimentation pour s'élever jusqu'à 15 % cinq ans plus tard.

Médecine // © plainpicture/CulturaDécouvrez les autres voies pour contourner la PACES dans notre dossier Faire médecine sans passer par la PACES.

POUR EN SAVOIR PLUS
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Réussir ses études de santé”, par Ludivine Coste.