Médecine : la Belgique mettra en place un numerus clausus à la rentrée 2023

Par Pauline Bluteau, Mario Lawson, publié le 26 Mai 2022
6 min

Plus d'examen d'entrée mais un concours d'admission : c'est ce qui attend les futurs étudiants en médecine qui souhaitent intégrer une université francophone belge. Une plus forte sélection qui aura peut-être une incidence sur les candidats français, nombreux à tenter leur chance en Belgique.

Futures blouses blanches, si la Belgique fait partie de vos destinations de choix pour obtenir votre diplôme de médecine et ainsi prêter le serment d’Hippocrate, la tâche risque (peut-être) d’être plus complexe que prévu.

Fin avril, le gouvernement fédéral et la Fédération Wallonie-Bruxelles ont en effet décidé d'instaurer un véritable concours d’admission en 2023, en lieu et place des examens d’entrée. Des épreuves qui se déroulaient sur deux jours pour principalement évaluer des compétences scientifiques.

Le nouveau processus d'admission belge sera donc plus sélectif avec un numerus clausus défini (un nombre précis de candidats admis en médecine). Une décision peu rassurante pour les étudiants français qui préféraient justement se rendre en Belgique pour éviter la nouvelle réforme d'accès aux études de santé.

Un concours mais toujours autant d'étudiants français admis en médecine

Car ils sont de plus en plus nombreux à tenter leur chance chez nos voisins belges. L'année dernière, 3.303 étudiants ont passé les examens d'entrée aux études de médecine contre 1.291 en 2020. Une hausse qui s'explique par la suppression de la PACES au profit des PASS et L.AS en France la même année.

Cet été, les candidats français qui souhaitent intégrer une université belge passeront encore les examens d'entrée. Deux sessions sont proposées le 5 juillet et le 27 août. Rien ne change pour la rentrée 2022… L'année prochaine, en revanche, il faudra passer un concours mais finalement, l'impact sur les étudiants français devrait être assez faible.

Alexandre Legrand, doyen de la faculté de médecine et pharmacie à l'université de Mons, le confirme : "Est-ce que les étudiants français sont concernés par cette mesure ? Oui. Est-ce qu’ils en sont la cause ? Non", souligne-t-il. L’afflux des étudiants non-résidents en études de médecine est une des spécificités du côté francophone. Lors de l’examen d’entrée 2021, la proportion des non-résidents atteignait la moitié des candidats ! C’est pourquoi afin de maintenir la qualité de la formation offerte, ils ne pouvaient dépasser 30% des lauréats."

Conclusion : qu’il s’agisse de la rentrée 2022 ou 2023, vos candidatures seront toujours concernées par la jauge de 30%. "Les modalités du concours doivent encore être précisées. Pour le moment nous n’avons aucune information du ministère à ce sujet."

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Limiter l'accès aux études de médecine pour mieux former

Selon Alexandre Legrand, le changement de cap du système d’études de médecine belge était "prévisible". "Restreindre l’accès à la profession de médecin est une longue histoire pour de nombreux pays européens", ajoute-t-il. En France comme en Belgique, l'enjeu est le même : parvenir à trouver l’équilibre entre le nombre de médecins requis par le gouvernement fédéral, la qualité de leur formation et des soins dispensés à la population.

Mais difficile de trouver la bonne stratégie. En France, la PACES a longtemps été critiquée. Dans les universités, tous s'accordent à dire que la réforme était nécessaire même si, deux ans après, elle est toujours loin de faire consensus. L'histoire se répète aussi en Belgique : avant même l’arrivée du concours, "l'examen d’entrée a été long à mettre en place. Certains le considérant comme inacceptable par principe ou inadéquat dans une région, où la médecine générale est considérée comme un métier en pénurie. Tandis que d’autres jugeaient, que les spécificités de la communauté française n'étaient pas suffisamment prises en compte." Rien n'est donc joué pour cette nouvelle mouture 2023.

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Des modalités plus souples pour intégrer des études de médecine ailleurs en Europe

Quoi qu'il en soit, le numerus clausus belge pourrait bien mettre un coup de frein aux candidatures françaises. Mais d'autres destinations européennes pourraient être plébiscitées pour leurs modalités d’admission plus souples.

La Roumanie, par exemple qui propose des cursus en français, choisit ses étudiants sur un dossier constitué entre autres, des notes obtenues au baccalauréat mais aussi de critères comme l’expérience associative. En Lettonie, où les cours sont dispensés aussi bien en letton qu’en anglais, avoir suivi des enseignements en biologie et en chimie au lycée est indissociable de l’obtention du sésame. Enfin, en République Tchèque, un examen d’entrée attend les candidats. Mais la faculté de médecine de Masaryk, les aide à s’y préparer en mettant en place une préparation en ligne et à distance, où il est même possible d’échanger avec les enseignants chargés de la licence.

Avant de vous lancer, renseignez-vous bien : seuls les diplômés d'un pays de l'Union européenne sont autorisés à exercer la médecine en France. À chacun donc sa stratégie…

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