1. Études de santé : la PAES en clair
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Études de santé : la PAES en clair

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Futurs médecins, sages-femmes, pharmaciens, dentistes… votre parcours d’études débute désormais par la PAES (première année des études de santé). Que faut-il attendre de cette année, instaurée notamment pour faciliter la réorientation des étudiants en cas d’échec ? Décryptage.

La mise en place de la PAES (première année des études de santé) à la rentrée 2010 a-t-elle des conséquences sur l’attrait des filières et la réussite aux concours ? Pour le savoir, le site remede.org a recensé dans une quinzaine de facs le nombre d’inscriptions dans chacune des 4 filières (médecine, pharmacie, dentaire, sage-femme) mis en relation avec leur numerus clausus. Surprise : le concours le plus sélectif n’est pas celui de médecine. Dans cette filière, les taux de réussite sont compris entre 12 et 24 % : des résultats équivalents à ceux que l’on pouvait trouver avant la réforme, en PCEM1 (première année du premier cycle des études médicales).
 

La pharmacie moins attractive

 
Les taux de réussite sont bien inférieurs dans les filières dentaire et sage-femme. À Caen, par exemple, il n’y aurait que 7 % de candidats reçus en odontologie et 7,6 % de candidats reçus en sage-femme. À Paris Diderot, on ne recenserait que 10,8 % de réussite en sage-femme et 8,7 % en odontologie. Le concours de pharmacie est quant à lui nettement plus accessible avec des taux de réussite de 40 % en moyenne (sauf à Paris). Du reste, l’ANEPF (Association nationale des étudiants en pharmacie de France) a écrit à Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, pour lui faire part de sa déception en mars 2011. "Cette mesure n’a fait que renforcer le manque d’attractivité des études de pharmacie. Le nombre d’étudiants inscrits en PACES présentant le concours de pharmacie est en nette diminution […]", indique l’association.
 

Sage-femme, dentaire : des plans B ?

 
Comment interpréter ces résultats ? "Nous étions dans une année test, où les étudiants de PAES ne savaient pas trop à quels concours s’inscrire. Nous leur avions juste conseillé de ne pas tenter les 4 pour ne pas être submergés de travail", indique Pierre Leblanc, vice-président à l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). Si les étudiants qui voulaient médecine se sont inscrits dans les mêmes proportions que les années précédentes, ils ont pu choisir comme « roues de secours » dentaire ou sage-femme. Et ont participé à l’augmentation de la concurrence dans ces deux filières. À Saint-Étienne, seulement 30 personnes ont choisi de ne passer que le concours de maïeutique (sur 159 candidats au total) et 9 personnes ont choisi de ne passer que le concours d’odontologie (sur 90 candidats au total). La PAES ne résout donc pas le problème de ces étudiants motivés spécifiquement par ces deux spécialités.
 

Portrait robot : le bachelier qui réussit médecine

 
En 2010, 49.050 étudiants (dont 29.240 nouveaux bacheliers) en première année de médecine se sont disputés les 7.400 places offertes au concours. Soit une hausse spectaculaire de 89,7 % du nombre de candidats par rapport à 2002, alors que le numerus clausus n’a augmenté que de 57,4 % sur la même période.

Quel est le profil de ceux qui réussissent ?

Selon une note d’information du ministère de l’Enseignement supérieur datée de mai 2011, les chances de réussite sont moins grandes pour les femmes ou les personnes issues d’un milieu peu favorisé. Elles le sont encore moins pour les candidats en retard dans leurs études et quasi nulles sans le bac S.

Les doublants réussissent mieux.

Ainsi, seulement 11,2 % des nouveaux bacheliers inscrits en première année de médecine en 2007-2008 sont passés l’année suivante en PCEM2. Mais 37,7 % de ceux qui ont redoublé et ont retenté leur chance ont été récompensés. Au final, plus d’un quart des étudiants en médecine accèdent donc en deuxième année de médecine en un ou deux ans.

Que deviennent ceux qui ont échoué ?

À l’issue de la 1re année, 62 % se réinscrivent en PCEM1, 18,6 % se réorientent dans une autre filière de fac et 19,4 % continuent leurs études hors université ou arrêtent leurs études. Au bout de 2 ans de PCEM1, parmi les deux tiers d’étudiants qui ne sont pas passés, un tiers se réoriente vers d’autres filières universitaires quand l’autre tiers ne se réinscrit pas à l’université.
Sommaire du dossier
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