1. Paramédical : un secteur qui résiste à la crise
Boîte à outils

Paramédical : un secteur qui résiste à la crise

Envoyer cet article à un ami
Pour six métiers paramédicaux (dont masseur-kiné­sithérapeute), les écoles ont le droit, voire l'obligation, de recruter des étudiants issus de PACES. // © Meyer/Tendance Floue pour l'Etudiant
Pour six métiers paramédicaux (dont masseur-kiné­sithérapeute), les écoles ont le droit, voire l'obligation, de recruter des étudiants issus de PACES. // © Meyer/Tendance Floue pour l'Etudiant

Dans le secteur paramédical, qui emploie plus d’un million et demi de personnes, les perspectives d’embauche restent bonnes. Certaines professions manquent même réellement de personnel.

La crise qui touche l'emploi en général semble épargner le secteur paramédical, en manque de personnel depuis plusieurs années. Alors que le vieillissement de la population accroît les besoins, il faut faire face à de nombreux départs en retraite.

Ce déficit de professionnels touche en premier lieu l'hôpital. Les maisons de retraite, les crèches et les instituts médico-éducatifs ne sont pas non plus épargnés, mais avec des disparités départementales importantes. En cause, des conditions d'exercice très exigeantes (charge de travail, stress, salaires relativement faibles, horaires de travail contraignants) et une réduction du budget consacré aux dépenses de santé. Tant et si bien que certains professionnels préfèrent aller voir ailleurs. Avant de s'engager dans cette voie, mieux vaut donc réfléchir en ayant tous ces éléments en tête.

Lire aussi : Découvrez les métiers du secteur paramédical

Les infirmiers représentent à eux seuls près de la moitié des troupes. Et, selon les projections du ministère des Solidarités et de la Santé, les effectifs devraient encore augmenter d'ici à 2030. Les besoins varient toutefois d'une région à l'autre, et on constate parfois une certaine précarisation. 

Vers davantage de responsabilités

Outre les infirmiers, il existe aussi une trentaine d'autres métiers tournés vers les soins (assistant dentaire, par exemple), la rééducation (ergothérapeute, masseur-kinésithérapeute...), l'appareillage (audioprothésiste, prothésiste dentaire…) ou l'assistance technique (manipulateur en électroradiologie, notamment).

Pour soulager les médecins, les missions des paramédicaux devraient être étendues à des actes qui étaient jusqu'ici réservés aux "médicaux" : suivi des patients en renouvellement d'ordonnance, prescriptions d'examens, etc. 

Lire aussi : Infirmier en pratique avancée, un nouveau métier entre infirmier et médecin

Depuis la rentrée 2018, les infirmiers ont la possibilité d'accéder au diplôme d'État d'IPA (infirmier en pratique avancée) après trois ans d'activité professionnelle, et ainsi acquérir plus de responsabilités. 

À mi-chemin entre l’infirmier et le médecin, l’IPA réalise des actes auparavant réservés aux seuls médecins, comme la prescription d’examens complémentaires ou le renouvellement de prescriptions médicales. Cette année, encore peu de facultés dispensent ce cursus d’une durée de deux ans. Pour la rentrée 2019, les ministères en charge de la Santé et de l’Enseignement supérieur visent au moins une formation ouverte par région.

Pour aider les médecins libéraux sur la partie administrative, le gouvernement a annoncé également la création du métier d’assistant médical, accessible dans un premier temps aux aides-soignants, infirmiers ou secrétaires médicaux ayant suivi une courte formation supplémentaire.

Des cursus courts mais exigeants

Si cette situation plutôt favorable peut attirer certains candidats, le secteur n'en est pas moins exigeant et nécessite le passage par des formations accessibles, pour la plupart, sur concours ou sur dossier. Toutes ou presque imposent le bac (ou un diplôme de type CAP ou BEP).

Les études durent entre un an (aide-soignant, auxiliaire de puériculture) et cinq ans (orthophoniste), la plupart des cursus se déroulant sur deux ans (BTS opticien-lunetierBTS diététique…) ou trois ans (audioprothésiste, infirmier, pédicure-podologue…) après le bac.

Lire aussi : Quelles études pour travailler dans le secteur paramédical, avec ou sans le bac ?

À noter que, pour six métiers paramédicaux (ergothérapeute, manipulateur en électroradiologie médicale, masseur-kiné­sithérapeute, pédicure-podologue, psychomotricien et technicien en analyses biomédicales), les écoles ont la possibilité – quand ce n'est pas l'obligation – de recruter des étudiants issus de PACES (première année commune aux études de santé).

Des métiers également pour les non-scientifiques

Pour autant, ces formations ne sont pas réservées aux scientifiques. En orthophonie, les titulaires d'un bac non scientifique (surtout L) sont majoritaires dans une grande partie des écoles. L'écrit du concours d'entrée mêle culture générale, orthographe, grammaire, compréhension de texte et biologie.

Lire aussi : Êtes-vous fait(e) pour devenir infirmier(ère) ?

Parmi les concours d'entrée en études paramédicales, celui de psychomotricien accueille le plus de bacheliers non scientifiques (26 %). Au programme : une épreuve de biologie et une épreuve de contraction de texte.

Dès la rentrée 2019, le concours infirmier sera remplacé par un dossier de candidature. Pour les néo-bacheliers, ainsi que les étudiants en reconversion, l’admission en IFSI (institut de formation en soins infirmiers) se fera via la plate-forme Parcour­sup. 

Outre les "attendus " (notes obtenues au lycée, notamment), les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur promettent d’encourager la diversité de profil des admis. En clair, tous les bacheliers peuvent candidater.

La prépa : passage obligé ?

Si la prépa n'est pas obligatoire, elle se révèle souvent indispensable pour réussir dans la plupart des filières. Beaucoup d'étudiants ont besoin d'être encadrés pour travailler. De plus, il est important de s'entraîner régulièrement aux épreuves des concours et de se "situer" par rapport aux autres candidats.

Il existe plusieurs type de prépa : privée, associative, intégrée aux écoles paramédicales (sans garantie d'obtenir une place dans l'établissement), en lycée, voire à l'université. Leur coût varie de quelques dizaines d'euros (en lycée public) à 6.000 € par année. Dans tous les cas, prenez garde aux dispositifs qui vous demandent trop de temps en dehors des cours.

L'important n'est pas tant d'accumuler les heures de cours que d'effectuer un travail personnalisé qui répond à vos besoins et à vos moyens.

La plupart des organismes de préparation aux concours mettent en œuvre des révisions pendant six mois, avec des interruptions durant les vacances scolaires. Dans ce cas, les élèves suivent les cours dans la journée. D'autres options sont proposées, surtout pour le concours d'orthophoniste : soit une formule intensive en deux à trois mois, soit des cours du soir sur six mois. N’hésitez pas à appeler plusieurs instituts de préparation aux concours avant de faire votre choix. Publics ou privés, ce sont des prestataires de services comme les autres.

Le "numerus clausus" 2018-2019

Le "numerus clausus" désigne le nombre d'étudiants admis dans une formation. L'objectif est de contrôler le nombre de praticiens de santé et les dépenses de la Sécurité sociale.

Audioprothésistes : 238
Infirmiers : 30.921
Masseurs-kinésithérapeutes : 2.789
Orthophonistes : 874
Orthoptistes : 435
Psychomotriciens : 979

À consulter

Comité d'entente des formations infirmières et cadres.
- Le site de la communauté infirmière, crée par deux professionnels du secteur.
- Le portail des métiers de la santé et du social.