PASS/L.AS : un collectif demande l'annulation de la réforme du 1er cycle des études de santé

Par Séverine Mermilliod, publié le 13 Septembre 2022
8 min

Le Collectif national PASS-L.AS - majoritairement composé de parents d'étudiants - a lancé une action juridique pour obtenir l’abrogation ou l'annulation de la réforme du 1er cycle des études de santé.

Très actif sur les réseaux sociaux, le Collectif national PASS-L.AS, essentiellement constitué de parents d’élèves, décide d'aller plus loin. Il annonce dans un communiqué, publié le 9 septembre, avoir lancé une action juridique en vue d'obtenir l’abrogation ou l'annulation de la réforme du premier cycle des études de santé.

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"Malgré nos actions depuis deux ans, nous n'avons pas été entendus", déplore Emmanuel d'Astorg, président du collectif dans lequel il est entré début 2021. Ce Collectif Pass-L.AS a été monté par des parents d'étudiants de toute la France pour lutter contre la réforme de la PACES mise en place par le gouvernement en 2020. Leur pétition contre la réforme du 1er cycle des études de santé atteint les 53.000 signatures.

Sans réponse de la part du gouvernement, le collectif décide de lancer cette action juridique le 19 août dernier : "Me Bellanger du cabinet HMS a été mandaté par le collectif national PASS-L.AS pour lancer la première étape de l’action juridique visant la réforme du 1er cycle des études de santé. À cet effet, une demande en abrogation a été adressée officiellement à Mme Elisabeth Borne le 19 août dernier", détaille le collectif dans son communiqué.

Emmanuel d'Astorg précise qu'ils demandent une abrogation ou une annulation. Leur avocat a d'ailleurs déjà travaillé sur la question de la réforme puisqu'il s'est occupé du cas de 13 étudiants de l'université de Paris recalés à l'entrée en médecine après un oral jugé injuste. Le collectif attend désormais un retour du ministère, avant une éventuelle poursuite de l'action devant le Conseil d'État.

Revenir à la PACES ?

"On veut que les personnes qui ont créé ça se mettent autour d’une table et regardent vraiment ce qui ne va pas", expose Emmanuel d'Astorg. "Toute la réforme a été très mal préparée. Aujourd'hui les problèmes sont les mêmes qu'il y a deux ans, des places non pourvues en pharmacie, des jeunes qui attendent tout l’été pour savoir où ils sont pris, des L.AS1 qui arrivent perdus par rapport à ceux qui ont fait deux fois plus de cours en PASS…"

Mais abroger la réforme, cela veut-il dire revenir à la PACES ? Pas vraiment, selon lui qui parle plutôt de "retrouver des règles justes et claires pour tout le monde, qu’il y ait une homogénéité au niveau du territoire, et pas des particularités qui font que c’est plus facile à tel ou tel endroit parce que chaque faculté a son propre règlement. Ce n’est pas acceptable", martèle le président du collectif.

"On n’est pas antisystème. On veut retrouver de la clarté. On ne veut pas nous entendre donc peut-être qu’en demandant l’abrogation de cette loi le gouvernement va nous écouter un peu. Il doit se remettre à l’ouvrage pour que les études de médecine, qui n'étaient certes pas faciles mais équitables et justes, redeviennent ce qu’elles devraient être", expose Emmanuel d'Astorg, qui affirme que "dans les parents du collectif, il y a des enseignants de PASS et L.AS, mais qui sont un peu en sous-main et ne peuvent pas ouvertement critiquer les choses".

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"On est globalement d’accord avec le constat, mais on n’a pas forcément les mêmes conclusions", réagit, de son côté, Yael Thomas, président de l'ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France ). "Cette réforme n’a pas été anticipée, elle a été faite trop rapidement et sans écoute des étudiants. Nous, on demandait une réforme, qui est vraiment nécessaire pour l’entrée dans les études de santé. Mais dans son application, les objectifs ne sont pas atteints", estime-t-il.

Il demande donc, "une bonne application : toute la réforme n’est pas à remettre en cause, dans certaines universités, ça se passe très bien", souligne-t-il, même s'il déplore dans d'autres "un fonctionnement assez absurde, par exemple des oraux qui comptent pour rien par rapport aux écrits, ou alors des oraux sur des notions de culture générale qui n’ont pas vraiment de lien."

"Je reconnais bien volontiers qu'il y a eu des difficultés importantes dans l'application de la réforme, mais aujourd'hui on est dans la troisième rentrée, elle est dans un schéma plus apaisé, mieux comprise", soutient Didier Samuel, président de la Conférence des doyens de médecine.

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"Tout n’est pas parfait encore. Il y a besoin de clarifier l’accès via Parcoursup, les différentes voies d’accès, et de suivre cette réforme qui n’en est qu’à ses débuts", ajoute-t-il. "Il faut qu’on continue à l’accompagner, à l’améliorer, qu’on la suive en temps réel."

Quant à l'oral, qui a pu "entraîner des hétérogénéités" de faculté à faculté, "on a recommandé que le poids soit aux alentours de 30% de la note globale", rappelle Didier Samuel.

"Le diagnostic c’est très bien, mais le problème c’est qu’il faut que ce soit mis en place", répond le collectif national. "Plus on prend du retard, plus ça fait une nouvelle génération de gamins qui seront laissés sur le carreau. On pense que la santé en France mérite que les études de santé soient plus humaines."

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