1ère année de médecine : comment les étudiants sont-ils accompagnés ?

publié le 21 May 2007
5 min

Est-ce risqué d’aller en médecine sans bac S ? En quoi consiste le concours de PAES ? En cas d’échec, quelles possibilités ? En choisissant pharmacie, sage-femme ou odontologie, quels sont les débouchés ? Pour quelque 40 questions posées par des jeunes et leurs parents sur les salons de l’Etudiant, l’auteure de "Réussir ses études santé" (éditions l’Etudiant) apporte ses réponses expertes. Extraits.

Les universités françaises de médecine se sont beaucoup vu reprocher l’anonymat qui y régnait et l’absence de prise en charge de leurs étudiants tout juste sortis d’une scolarité très encadrée. Elles se sont donc résolues à répondre aux difficultés de leurs étudiants.

Changement de cadre

Passer de classes de 30 élèves en moyenne à des amphis pouvant contenir jusqu’à 600 étudiants, il y a de quoi être déboussolé. Surtout quand les redoublants se mettent tous à chanter à tue-tête, une tradition des étudiants en médecine pour impressionner les nouveaux. "C’était terrible, se souvient Marie, étudiante en odontologie, je n’étais qu’un individu parmi 1.000 étudiants. C’était chacun pour soi."

L’université, royaume de l’anonymat et de l’autonomie ? C’est vrai que vous avez toutes les raisons d’être désarçonné au cours des premières semaines. Techniquement, il est impensable que vos professeurs à l’université puissent vous accorder le même type de soutien et d’encadrement que celui auquel vos professeurs de lycée vous ont peut-être habitués. Et puis, les cours en amphithéâtre ne sont pas obligatoires : aucun appel n’y est fait. Pour certains, la tentation de ne pas aller en cours est grande et ce même si des travaux dirigés ont été prévus. Les TD (travaux dirigés) sont des cours obligatoires, de quelques heures par semaine, où vous vous retrouvez face à un professeur dans de petites promotions.

Changement de rythme

Pas le temps pour les professeurs de répondre aux questions de tous les étudiants ! Devant des amphis pleins à craquer, les professeurs dispensent leurs cours à un rythme soutenu, souvent difficile à suivre. "Le changement de rythme m’a vraiment surpris, explique Quentin. Il faut s’adapter très rapidement, sinon on perd un temps très précieux." Il faut savoir écrire vite et suffisamment bien pour pouvoir se relire par la suite. Or, la prise de notes est une technique qui doit s’acquérir et qui n’est pas si évidente qu’il y paraît.

Le professeur Luc Dubreuil, vice-doyen de l’université de pharmacie de Lille, a eu l’occasion d’effectuer un test sur ses étudiants. Il leur a proposé un jour de venir à une colle avec leurs notes prises en cours. "J’ai ramassé les copies et leurs notes, que j’ai étudiées. Certains étudiants écrivent tout et se perdent dans les détails alors que d’autres ne notent rien et n’ont donc rien à apprendre. L’étudiant qui réussit est celui qui sait sélectionner dans ses notes ce qui est important. On peut dire que l’étudiant qui comprend le système à Noël sera reçu au concours. S’il ne le comprend qu’à Pâques, ce sera trop tard." D’autant plus que les cours s’enchaînent. La quantité d’informations que les étudiants doivent apprendre n’a plus de commune mesure avec ce qu’ils ont connu au lycée. Un volume impressionnant à retenir, de l’avis des étudiants comme des professeurs.

Le concours et son ambiance

Le concours acquiert rapidement le statut de véritable bête noire des aspirants dentistes, sages-femmes, médecins et pharmaciens. En 1ère année, il n’y a pas de contrôle continu. Il ne suffit donc plus d’avoir la moyenne pour réussir son année et accéder à la 2ème année. Ici les étudiants doivent passer un concours dont la réussite est déterminée par le classement final. Chaque année, le numerus clausus est fixé par décret. En 2009, il proposait 7.440 places en médecine, ce qui signifie que, en tout et pour tout sur toute la France, 7.440 étudiants de PCEM1 ont été autorisés à poursuivre en 2ème année de médecine.

Pour Clément, l’ambiance compétitive que ce dispositif entraîne a été un choc : "C’était affreux ! On était tous conscients que sur tous les étudiants de 1ère année seulement 10 à 15% passeraient en 2ème année. Je savais qu’une année difficile m’attendait." "Il y a toujours cet esprit de concurrence couplé avec la pression du concours, confirme Kevin, étudiant en pharmacie. Ce n’est pas facile de rester motivé pour un examen qui aura lieu dans 3 ou 4 mois. Les révisions sont longues. Il faut être endurant."

Tutorat versus prépa ?

Choisir le tutorat ou la prépa ? Tout dépend de ce que vous recherchez. "Si l’étudiant n’attend qu’un entraînement au concours via des colles, le tutorat suffit", explique Quentin, responsable du tutorat à l’université de médecine de Lyon. En clair, si vous recherchez un entraînement aux exercices du concours, il n’est pas nécessaire d’envisager une double inscription dans un tutorat et une prépa privée. D’autant plus que les exercices des tutorats sont tous validés par vos professeurs.

Le programme de révisions correspond donc à ce que l’on vous demande lors du concours. Point que les prépas privées ne peuvent pas toujours garantir. Et il faut le savoir : le cours du prof est la pierre de Rosette du concours de médecine. "Si l’étudiant attend des services qui ne sont pas proposés par l’université, il peut envisager d’avoir recours aux prépas privées", conclut Quentin. À Lyon, par exemple, chaque prépa a sa particularité : certaines refont du cours, d’autres favorisent le travail en groupe et d’autres encore proposent un parrainage par des étudiants des années supérieures.

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"Réussir ses études de santé", par Ludivine Coste.

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