1. Après des études de médecine suis-je certain de pouvoir exercer comme chirurgien ?

Après des études de médecine suis-je certain de pouvoir exercer comme chirurgien ?

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Est-ce risqué d’aller en médecine sans bac S ? En quoi consiste le concours de PAES ? En cas d’échec, quelles possibilités ? En choisissant pharmacie, sage-femme ou odontologie, quels sont les débouchés ? Pour quelque 40 questions posées par des jeunes et leurs parents sur les salons de l’Etudiant, l’auteure de "Réussir ses études santé" (éditions l’Etudiant) apporte ses réponses expertes. Extraits.

Chirurgien, pédiatre… Certaines spécialités suscitent davantage de vocations que d’autres. Une fois la sélective L1 (licence) en poche, les étudiants en médecine pourraient se relâcher. Et pourtant rien n’est encore joué. Très rapidement, ils commencent à s’inquiéter de l’ECN (examen classant national), fixé en 6ème année. C’est à ce moment-là qu’ils seront affectés, en fonction de leur classement, à une spécialité et à une ville… qui ne les font pas toujours rêver. Certaines universités ont prévu des conférences pour les aider dans leur préparation. Les pharmaciens, sages-femmes et chirurgiens-dentistes semblent un peu mieux lotis.

En route vers l’internat

Depuis 2004, avec l’ECN (épreuve classante nationale), l’étudiant passe un concours à la fin de DCEM4 (soit la 6ème année). Selon leur classement, les candidats reçus à l’internat choisissent la ville où ils souhaitent exercer, puis l’une des 11 spécialités existantes (médecine générale, spécialités médicales, spécialités chirurgicales, psychiatrie, anesthésie-réanimation, pédiatrie, gynécologie-obstétrique, santé publique, biologie médicale, médecine du travail, gynécologie médicale).

Le concours précède l’internat, obligatoire pour tous, qui dure 3 ans en médecine générale, mais peut aller jusqu’à 5 ans en chirurgie générale. Les études se composent alors principalement de longs stages rémunérés. À compter de 2010, il sera possible de choisir dès l’affectation (en septembre de la 7ème année) une sous-spécialité (dans les spécialités médicales et chirurgicales). L’internat, divisé en stages semestriels, dure 3 ans (pour la médecine générale), 4 ans (pour beaucoup de spécialités médicales : la psychiatrie, la pédiatrie, la médecine du travail, etc.) ou 5 ans (pour les spécialités chirurgicales notamment).

Un classement déterminant

Ce dispositif ne vous assure pas d’obtenir la spécialité que vous visez. Tout dépendra de votre classement à l’ECN, ce qui explique le stress des étudiants. "Préparer l’ECN ? C’est un retour aux sources : un retour à la L1 !", s’amuse presque Jérémie, en DCEM3. "C’est très difficile car on n’est plus du tout dans le même état d’esprit qu’en 1ère année de fac. Je vois des copains qui commencent à travailler, à acheter des appartements, alors j’ai plutôt l’impression de régresser, en préparant l’ECN."

Si on ne peut plus vraiment parler de concours (chaque candidat est assuré d’obtenir un poste quel que soit son classement), l’enjeu reste de taille. En fonction de votre position dans le classement, vous pourrez choisir votre spécialité et/ou la ville dans laquelle vous effectuerez votre internat. "Les résultats sont annoncés dans l’amphithéâtre de garnison à Lognes, en Île-de-France, lieu où chaque année les étudiants viennent de la France entière pour prendre connaissance de leur spécialité et/ou leur affectation. Tous les jours on est convoqué par tranches de 700 étudiants. Les premiers classés peuvent choisir à la fois leur spécialité et la ville où ils seront affectés. Les suivants ont de moins en moins le choix", explique Martin, interne en 1ère année de chirurgie. Les étudiants ont donc 2 manières d’aborder l’ECN : soit par spécialités, soit par villes. Certains privilégieront l’un ou l’autre.

Un nombre de postes limité

"On limite le nombre d’entrées dans les différentes spécialités : certaines villes n’ont que 3 places en dermatologie. Autre exemple, à Limoges, il n’y a que 2 services de rhumatologie alors qu’à Paris il y a l’embarras du choix", constate le professeur Claire Le Jeunne, chef de service en médecine interne à l’Hôtel-Dieu, à Paris. "L’ECN est une façon “relativement” juste de trouver une orientation. Le problème c’est qu’une petite erreur qui comptera pour un point peut coûter jusqu’à 10 places dans le classement", reconnaît le médecin. Pour Jérémie, qui vise la psychiatrie, l’objectif reste jouable à condition de travailler régulièrement et d’être dans les 2.500 premiers candidats sur environ 6.000 : "La L1 santé, c’est un sprint. La 5ème année est davantage un marathon : il faut travailler le plus possible sur 6 mois et savoir garder de l’énergie."

Bien se préparer à l’ECN : un travail sur le long terme

Pour réussir son ECN, "maîtriser les cours est essentiel. À partir de là, on peut se faire des dossiers sur les différents cas cliniques. C’est très important de ne jamais prendre de retard". Martin et 3 de ses amis organisaient une colle par semaine pendant 3 heures jusqu’au mois de janvier et suivaient deux conférences de 3 heures par semaine. Ils sont passés, à partir de février, à 2 colles par semaine avec une conférence. Bref, un entraînement intense !

Les conférences d’internat

Les conférences sont des cours de spécialité avec des cas pratiques. À l’université Paris-Descartes (Paris-V), les professeurs ont également pris les choses en main. Voyant leurs étudiants payer des préparations privées pas toujours très sérieuses pour s’entraîner à l’examen, l’université a mis en place un service de conférences. "Nous étions étonnés par ce que les jeunes internes avaient appris dans des conférences privées. Nous avons décidé de mettre en place nos conférences – gratuites – pour mieux les préparer à l’ECN", précise Claire Le Jeunne. Dès la 4ème année, les candidats planchent tous les samedis matin de 8h30 à 12h30. Ils composent sur 2 dossiers pendant 45 minutes, puis 2 conférenciers cliniciens font une correction en public.

"Les étudiants ne savent pas qui seront les conférenciers. La liste reste secrète pour qu’ils ne puissent pas réviser un thème en particulier. Ils peuvent ainsi être évalués sur leurs compétences brutes, sans révisions préalables. C’est tout l’intérêt du système", continue Claire Le Jeunne. Entraînés de fin septembre à mi-avril, les étudiants passent également un concours blanc avec 6 dossiers et une épreuve de lecture critique. Ce sont les professeurs animant les conférences qui font eux-mêmes les corrections. Près de 420 étudiants ont profité du système l’année dernière. "Une vraie dynamique de concours s’est créée. Les étudiants nous remercient par mail et les enseignants ont vite remarqué qu’à la moindre erreur en conférence leurs étudiants les rappelaient immédiatement à l’ordre. Tout le monde s’est pris au jeu !", remarque Claire Le Jeunne.


> Pour connaître le nombre de postes par année à l’ECN, consultez le site Internet remede.org

Réussir ses études de santéPOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Réussir ses études de santé", par Ludivine Coste.

Sommaire du dossier
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