1. Comment savoir si on est fait pour les professions médicales ?

Comment savoir si on est fait pour les professions médicales ?

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Est-ce risqué d’aller en médecine sans bac S ? En quoi consiste le concours de PAES ? En cas d’échec, quelles possibilités ? En choisissant pharmacie, sage-femme ou odontologie, quels sont les débouchés ? Pour quelque 40 questions posées par des jeunes et leurs parents sur les salons de l’Etudiant, l’auteure de "Réussir ses études santé" (éditions l’Etudiant) apporte ses réponses expertes. Extraits.

Urgences, Grey’s Anatomy ou Dr House pour les plus récentes, les séries américaines ont créé des vocations. Pourtant la réalité ne correspond pas toujours à ce que nous renvoie le petit écran. Comme les spécialités et les conditions d’exercice sont nombreuses, vous devriez a priori trouver un métier qui vous correspond. Que vous soyez en contact avec les patients ou que vous travailliez dans un laboratoire, l’objectif reste le même : soigner les autres.

Au cours de votre formation, vous réaliserez rapidement que certaines qualités sont indispensables pour travailler dans le secteur de la santé. Apprécier le contact humain ou ne pas avoir peur du sang en font partie. Les stages que vous suivrez dans différents services vous permettront d’affiner petit à petit vos envies professionnelles.

Le goût des autres


"Il faut être altruiste, aimer le contact avec les gens", explique Claire Le Jeunne, chef de service interne, professeure en thérapeutique à l’Hôtel-Dieu, un hôpital parisien. Louise, en 4ème année de l’école de sages-femmes Baudelocque-Port-Royal (Paris-V), confirme : "Il faut avoir de l’humanité. On voit des arrêts ou des poursuites de grossesses malgré des risques de pathologies. Notre jugement personnel ne doit pas intervenir : nous sommes là pour accompagner les femmes." Les professionnels de la santé sont quotidiennement en contact avec des patients et des collègues. Avoir le sens du dialogue est primordial, surtout pour les praticiens qui exercent à l’hôpital et qui sont amenés à travailler en équipe. Mais pas seulement. "Nos métiers sont des métiers de contact, tant verbal que physique. On touche les gens", insiste Françoise Nguyen, directrice de l’école de sages-femmes Baudelocque-Port-Royal.

Être utile. Aujourd’hui les jeunes qui choisissent les carrières de la santé ont souvent la même approche que Clément : "J’aimais les sciences. Après mon bac, j’ai envisagé de faire une école d’ingénieurs ou une fac de sciences, mais je ne me voyais pas faire un métier qui n’ait pas de sens à mes yeux. Je voulais être utile aux autres." "Si vous en êtes à hésiter entre finance et médecine, il ne faut pas prendre médecine", estime le professeur Le Jeunne.

Peut-on parler de métier-vocation ? C’est vrai que certains sont tombés dedans quand ils étaient tout petits grâce à un parent ou un ami de la famille médecin ou pharmacien. Pour d’autres, la "vocation" est née naturellement. "Je voulais devenir pharmacien depuis le lycée. Mes parents n’étaient pas du tout dans le secteur médical, mais j’étais attiré par le contact avec les gens du métier. Et puis, il y avait ce petit côté mystérieux des médicaments et des produits chimiques qui m’intriguait également…", se souvient Mickaël, étudiant en filière officine. Pour François Locher, doyen de la faculté de pharmacie de Lyon, Mickaël a bien pressenti ce qu’était le métier de pharmacien : "Nous avons une démarche scientifique, qui implique d’être rigoureux. Si vous parvenez à l’être tout en gérant cette relation aux autres, vous serez un excellent pharmacien." Pour Louise, il n’y a aucun doute : "C’est une vocation. Les études sont trop difficiles pour continuer sans vraiment vouloir devenir sage-femme. Ça fait un peu cliché, mais c’est le plus beau métier du monde ! On vit des choses que peu de gens vivent."

Ne pas avoir peur de la maladie ou du sang


"La maladie et le sang sont des aspects du métier peu abordés de manière directe au cours des 2 premières années d’études en médecine, qui sont très théoriques. Ils n’apparaissent qu’au fil des stages cliniques. Il y a des choses difficiles à voir ou à entendre dans ce métier", glisse Pierre Dubus, vice-doyen de la faculté de médecine de Bordeaux. Pour Doron, étudiant en odontologie, le choix entre médecine et odontologie s’est posé exactement dans ces termes.

Après avoir travaillé l’été en tant qu’aide-soignant remplaçant dans un hôpital parisien, il s’est vite rendu compte qu’il ne pourrait pas être confronté plus de 2 mois à des pathologies très lourdes. Il en a pris conscience en travaillant en réanimation médicale : "J’ai vu quelqu’un mourir devant moi. Cet événement a changé ma vision des choses. J’ai beaucoup discuté avec mon frère et ma sœur, qui étaient externes à ce moment-là. On s’est rendu compte que j’avais besoin de stabilité. Je voulais être utile à mon prochain, soigner et aider les gens, mais je ne voulais pas prendre la responsabilité de faire des pronostics vitaux ou avoir à me poser des questions métaphysiques. C’est pour ces raisons qu’après ma 1ère année j’ai choisi de devenir dentiste : au moins j’étais sûr de ne pas voir quelqu’un mourir dans le fauteuil !"

Être endurant, en bonne santé physique et sûr de soi


On a tendance à l’oublier, mais la pratique de la médecine peut être très physique. "Quand vous travaillez à l’hôpital, les gardes de nuit se succèdent, beaucoup de stress s’accumule et il faut savoir le gérer", explique Claire Le Jeunne. En chirurgie cardiaque, le chirurgien peut rester jusqu’à 13 heures d’affilée au bloc. Autre exemple, une transplantation hépatique pédiatrique peut durer entre 4 heures et demie et 12 heures. Il faut donc être endurant et en bonne santé. "Une des premières choses que l’on m’a dites en arrivant à l’internat, c’est : “En chirurgie, on ne mange pas et on ne dort pas”", se souvient Martin Rouer, interne à l’hôpital Pompidou, à Paris. Vous déjeunez et dormez quand vous en avez le temps…

Inutile de dire qu’entre la fatigue accumulée, le stress des situations auxquelles vous serez confronté et les choix difficiles que vous serez certainement amené à faire un caractère fort est, sinon indispensable, du moins fortement conseillé. "Si vous êtes quelqu’un de très anxieux, que vous êtes dans un état de doute permanent et que vous ne supportez pas le stress, ces métiers ne sont pas faits pour vous. Il faut vraiment avoir du caractère", prévient Claire Le Jeunne. Même constat chez les sages-femmes : "Nos métiers ne sont pas faits pour tout le monde. Il faut avoir une forme d’autorité, de fermeté mais aussi de bienveillance. Nous devons inspirer naturellement confiance", appuie Françoise Nguyen, directrice de l’école des sages-femmes Baudelocque.

Quelles sont les différents métiers après des études de santé ?
"On est très influencés par les gens qu’on rencontre. Un professeur en telle spécialité va peut-être vous marquer plus qu’un autre et vous découvrirez que cette spécialité est faite pour vous. C’est très difficile de savoir dès la 1ère année ce qu’on aimera faire 5 ans plus tard, précise Pierre Dubus, professeur et praticien hospitalier en cytologie et en histologie. En ce qui me concerne, j’étais attiré par l’aspect scientifique de la médecine. Je voulais connaître et comprendre comment l’être humain était fait." Choisir de devenir médecin, pharmacien ou dentiste n’est finalement que le premier choix d’une longue série.

Des exercices de la médecine parfois extrêmes
En médecine notamment, l’exercice de la profession est si varié qu’il est difficile d’établir un profil type du médecin. Tout dépendra de votre personnalité et de votre caractère. Par exemple, la fœto-pathologie, qui est l’étude par le médecin anatomo-pathologiste du fœtus, ne créera certainement pas beaucoup de vocations dès la 1ère année : "Ce sont des médecins qui dissèquent des mort-nés. Ce n’est pas un métier que tout le monde peut faire", explique Pierre Dubus. Certains n’envisageront jamais la médecine d’urgences comme un choix de carrière possible. Toujours en action, arrivé le premier sur les lieux des accidents, toujours face à des polytraumas, le médecin urgentiste n’a jamais l’occasion de créer des liens avec son patient. Pour d’autres personnes, c’est exactement ce qui leur conviendra. Martin, interne en chirurgie cardiovasculaire, est fasciné par ce qu’il voit au quotidien : "C’est magnifique ! Que ce soit le travail en lui-même, qui est très technique, ou le résultat : on sauve des vies. Ce n’est pas rien. Et c’est pareil en chirurgie orthopédique : on arrive à faire remarcher des personnes âgées qui se sont cassé la hanche. C’est vraiment passionnant !"

Le métier de chirurgien-dentiste
Chez les dentistes aussi on a ses préférences. Charles, étudiant en 6ème année à Lille, est davantage attiré par le côté chirurgical de son métier. Ce qui lui plaît ? Extraire les dents. "Je ne sais pas comment l’expliquer mais… j’aime quand ça saigne un peu…", avoue-t-il. Pour d’autres, travailler avec des enfants est hors de question car ils trouvent soit qu’ils sont trop remuants, soit qu’ils se fatiguent trop vite pendant les soins. Mais pour Marie, c’est son rêve : "Le dentiste fait souvent peur aux enfants. Certains ont eu de si mauvaises expériences étant jeunes qu’ils refusent tout soin jusqu’à l’âge adulte ! Je voudrais donner confiance aux enfants qui viendront me voir. Et puis, avec eux le travail est très varié : on a de la prévention, des soins et un vrai suivi de nos patients."

Travailler en laboratoire ou faire de la recherche
Vous pouvez aussi ne pas avoir envie d’être en contact avec des patients. À ce moment-là, vous pouvez travailler dans un laboratoire ou faire de la recherche. Les médecins peuvent intégrer l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ou rejoindre des laboratoires dans l’industrie du médicament, de la cosmétologie ou de l’agronomie

Réussir ses études de santéPOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Réussir ses études de santé", par Ludivine Coste.

Sommaire du dossier
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