1. Est-ce vrai que les amphis sont pleins à craquer en L1 santé (PACES, ex-PCEM1)?

Est-ce vrai que les amphis sont pleins à craquer en L1 santé (PACES, ex-PCEM1)?

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Est-ce risqué d’aller en médecine sans bac S ? En quoi consiste le concours de PAES ? En cas d’échec, quelles possibilités ? En choisissant pharmacie, sage-femme ou odontologie, quels sont les débouchés ? Pour quelque 40 questions posées par des jeunes et leurs parents sur les salons de l’Etudiant, l’auteure de "Réussir ses études santé" (éditions l’Etudiant) apporte ses réponses expertes. Extraits.

C’est la rançon du succès… De plus en plus d’étudiants s’inscrivent en L1 santé alors que les amphis ont une capacité d’accueil limitée. Pas facile de prendre des notes quand on est assis par terre. Pas facile non plus de se concentrer avec un bruit de fond permanent. Pour les étudiants, c’est une source de stress dont ils se passeraient bien. Un temps dépassées par leurs effectifs, les universités ont su profiter des nouvelles technologies pour désengorger leurs salles de cours. Certaines n’ont pas hésité à pousser l’expérience jusqu’à inventer d’autres formes de cours en s’aidant de ces mêmes nouvelles technologies.

Passer d’une classe de 30… à 700 étudiants

À 18 ans, se retrouver dans un amphi plein à craquer ne fait pas toujours rêver. Habitués à des classes comptant en moyenne une trentaine de lycéens, les étudiants de 1ère année se retrouvent dans de grands amphis qui peuvent contenir jusqu’à 700 étudiants. Si l’on y ajoute l’accueil tonitruant que leur réservent souvent les étudiants qui redoublent leur 1ère année, on peut avoir l’envie, en début d’année universitaire, de prendre ses jambes à son cou.

"Je me suis retrouvée à Bordeaux avec 600 personnes qui chantaient à tue-tête dans l’amphi !", raconte Margaux, à demi amusée. "Il y avait vraiment beaucoup de monde… C’était très stressant", se souvient Jérémie, étudiant à Saint-Étienne. Un constat partagé par Clément : "Affreux ! Très anxiogène ! Dès le départ, parmi tous ces jeunes inscrits en 1ère année, on sait que seulement 10 à 15% d’entre nous pourront passer en 2ème année. On ne peut s’empêcher de penser qu’une année difficile nous attend." Il semble néanmoins que les étudiants se soient calmés au fil des années. "Quand je retourne dans les amphis de 1ère année aujourd’hui, ça n’a plus rien à voir avec ce que j’ai connu à mon époque. Ils écoutent tous assidûment. On voit clairement qu’ils sont, dès le départ, dans une ambiance concours", remarque Thomas, étudiant en 5ème année. Ambiance beaucoup plus calme également en 1ère année de pharmacie pour Kevin : "Nos profs étaient stricts. Il y avait une bonne ambiance mais sans débordement." Comme quoi, même en études de santé, les mœurs changent.

Des cyberétudiants

Les forts effectifs ont engendré de vrais problèmes de logistique que les universités ont dû affronter et résoudre. Les murs des établissements n’étant pas extensibles, il leur a fallu trouver d’autres solutions pour accueillir tous les étudiants. Grâce aux nouvelles technologies, les établissements d’enseignement supérieur semblent avoir trouvé une parade à l’enseignement de masse. Pari doublement réussi puisqu’en s’adaptant à l’environnement naturel de leurs étudiants digital native, les universités ont enrichi leurs méthodes pédagogiques.

Les facs innovent…

Si vous entrez aujourd’hui dans un amphi de L1 santé (licence), vous découvrirez un professeur qui donne son cours devant des étudiants motivés. Rien de plus normal. En vous approchant un peu plus près, vous remarquerez peut-être une caméra, puis un micro… Alors que le professeur fait cours, des étudiants le suivent en direct, sur un écran, dans d’autres salles de l’université.
La vidéoconférence est aujourd’hui la technique la plus utilisée dans les amphis par les universités qui utilisent les nouvelles technologies. Un cours donné le matin peut être retransmis en direct dans d’autres salles mais peut également être vu en différé l’après-midi, comme c’est le cas à Bordeaux-II. "Cela permet un vrai désengorgement des amphithéâtres. Pour avoir une offre le plus complète possible, nous avons également demandé à nos professeurs de mettre leurs cours en ligne, sous format PowerPoint, sur le site Internet de l’université", précise Pierre Dubus, vice-doyen de l’université de Bordeaux-II. La vidéoconférence peut même être organisée, en direct, sur 2 sites différents, comme c’est le cas à Saint-Étienne. Mais "la majorité des étudiants préfèrent suivre le cours dans l’amphi où se trouve le professeur. Cette année, il est réservé aux primants", explique Marie, étudiante en DCEM1. Pour les redoublants, direction les salles attenantes où une vidéo est projetée en direct. Une organisation qui plaît à Jérémie car "les tables sont plus grandes et c’est bien plus facile pour prendre ses notes !".
Des enseignements sur DVD. À Grenoble-I, l’équipe pédagogique est en pleine révolution numérique depuis 2003. Tous les cours magistraux de 1ère année sont enregistrés sur DVD. L’objectif est de revenir à un "enseignement conversationnel" avec des petits groupes encadrés par des étudiants de 3ème année. Les étudiants visionnent le DVD chez eux et se réunissent ensuite en petits comités pour travailler sur les cours. "Nos étudiants sont plus autonomes, ils savent mieux structurer leurs cours", observe Daniel Pagonis, responsable des nouvelles technologies de l’université. "Mais c’est vrai aussi qu’ils s’appuient presque exclusivement sur le DVD et qu’ils cherchent rarement ailleurs des informations qui pourraient les intéresser", poursuit-il. Les étudiants apprennent-ils mieux avec les nouvelles technologies ? Pour répondre à cette question, les professeurs de Grenoble-I ont testé avec des QCM (questionnaire à choix multiples) les étudiants qui ont réussi le concours de 1ère année et ont travaillé avec le DVD et ceux qui sont passés juste avant la mise en place de cette méthode. Selon Daniel Pagonis, le constat est clair : "Ces 2 groupes d’étudiants ont retenu la même chose de leur 1ère année de médecine. Ils n’en savent ni plus ni moins."

… et surfent sur la vague

Après avoir répondu aux problématiques de l’enseignement de masse, les universités ont constaté que les nouvelles technologies pouvaient également être un élément de motivation supplémentaire pour leurs étudiants.
Des cours sur le Net. "Les technologies permettent de s’adapter au profil de l’étudiant. Grâce au logiciel DistEns – qui met à disposition des étudiants l’ensemble des cours de médecine de 2ème et 3ème année sur l’ENT (environnement numérique de travail) de l’université Paris-VI –, l’étudiant peut télécharger, podcaster, écouter en direct ou réutiliser depuis chez lui une partie des cours archivés sur le serveur de l’université", explique Dominique Hasboun, l’inventeur du logiciel. On peut même imaginer que, dans quelque temps, les universités françaises proposeront, à l’image de celle de Stanford, aux États-Unis, des cours ou des conférences directement accessibles sur YouTube ou iTunes…
Les nouveaux outils au service de la pédagogie. À Lyon-I, l’équipe du service des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’éducation) de l’université est allée encore plus loin. En cours d’anatomie, elle a mis à disposition des professeurs des manettes Wii. "Le professeur fait son cours et il n’est plus obligé de rester au tableau. Il descend dans l’amphi, parmi ses étudiants, à qui il donne la manette afin qu’ils montrent à l’écran où se trouve le péroné par exemple. Tout devient plus ludique pour les étudiants et la distance avec le professeur disparaît", explique Christophe Batier, directeur technique TICE du service ICAP (innovation conception accompagnement pour la pédagogie) de l’université. Dominique Hasboun, neurologue, innove également dans son cours d’anatomie à l’université Paris-VI. Équipés de lunettes 3D, ses étudiants peuvent percevoir sur un écran les aspects tridimensionnels des structures très fines du cerveau. "Cette vision dynamique et la possibilité de pouvoir manipuler l’objet permettent une meilleure compréhension. On entre dans les ventricules du cerveau dans lesquels on peut bouger et naviguer. Au sens pédagogique, c’est l’essence même du rôle de l’enseignant : utiliser les médias de manière appropriée et au bon moment pour transmettre de façon efficace. C’est là où les NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication) apportent vraiment un plus."


> Pour en savoir plus, découvrez le Wii-learning de l’université de Lyon-I

Réussir ses études de santéPOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Réussir ses études de santé", par Ludivine Coste.

Sommaire du dossier
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