Etudes de santé à l'étranger : comment faire ?

publié le 21 May 2007
6 min

Est-ce risqué d’aller en médecine sans bac S ? En quoi consiste le concours de PAES ? En cas d’échec, quelles possibilités ? En choisissant pharmacie, sage-femme ou odontologie, quels sont les débouchés ? Pour quelque 40 questions posées par des jeunes et leurs parents sur les salons de l’Etudiant, l’auteure de "Réussir ses études santé" (éditions l’Etudiant) apporte ses réponses expertes. Extraits.

Grâce au LMD (Licence-master-doctorat), généralisé dans tous les établissements d’enseignement supérieur européens, et aux ECTS (système européen de transfert et d’accumulation de crédits), qui permettent de valider les matières étudiées, les échanges étudiants entre pays membres de l’Union européenne sont devenus de plus en plus faciles. 22 ans après sa naissance, le programme Erasmus a permis à plus de 2 millions de jeunes Européens de partir étudier ou faire un stage à l’étranger. En France, toutes filières confondues, ils étaient 22.556 au cours de l’année universitaire 2007-2008. Les étudiants en santé peuvent aussi bénéficier de ces échanges. La même année, ils étaient 544 à faire leurs bagages pour une expatriation provisoire, selon l’agence Europe Education Formation France.

Aujourd’hui, le succès des échanges Erasmus est tel que les Français n’hésitent plus à partir hors de nos frontières. Pour être certain de partir 1 ou 2 semestres à l’étranger, vous devez préparer votre projet très tôt dans votre parcours d’études afin d’obtenir une place. Depuis le 1er janvier 2007, les échanges Erasmus concernent aussi les stages, une formule qui semble plus adaptée aux étudiants en santé.

L’Auberge espagnole "forever"

D’année en année, le succès des échanges à l’étranger ne se dément pas. "Nous avons une vraie demande des étudiants pour partir étudier et faire des stages hospitaliers dans le cadre du programme Erasmus", explique Catherine Dupouy, directrice administrative du département relations internationales de Bordeaux-II. Pour savoir où et quand partir, il y a quelques questions à se poser.

Erasmus, mode d’emploi

Petit rappel… Philosophe humaniste hollandais du XVIe siècle, Érasme a étudié dans son pays avant de s’expatrier en France, en Angleterre et en Italie. Si, en 1987, les échanges étudiants n’étaient prévus que pour les ressortissants de l’Union européenne (27 membres participent au programme), aujourd’hui on peut ajouter le Liechtenstein, l’Islande, la Norvège et la Turquie. Pour partir, les étudiants doivent justifier d’une inscription dans une université (on entend par université tout établissement d’enseignement supérieur reconnu par l’Union européenne). Selon les établissements et les UFR (unité de formation et de recherche), les accords signés avec les partenaires ne sont pas les mêmes et vous n’aurez pas nécessairement le choix de l’établissement d’accueil. Vous devrez donc vérifier les destinations possibles auprès du département relations internationales de votre établissement. N’oubliez pas que les demandes sont très nombreuses ; ne vous y prenez donc pas au dernier moment.

En général, mieux vaut commencer à vous renseigner 1 an avant votre départ afin de vous assurer, dans un premier temps, que votre projet initial correspond à ce que vous souhaitez réellement (ce n’est pas évident pour tout le monde de quitter famille et amis) et pour monter votre financement.

L’Europe aux pieds des étudiants

"Je voulais partir dès la 1ère année mais il a fallu que j’attende d’être en DCEM1 pour rejoindre l’Universidad di Cádiz, en Espagne. Dans mon cursus, c’était le seul moment où je pouvais le faire. Et ça valait le coup d’attendre !", raconte Margaux, étudiante en DCEM2. Théoriquement les étudiants devraient pouvoir partir dès la 1ère année d’études.

En règle générale, ce n’est pourtant qu’à partir de la 3ème année que les universités les y autorisent. En santé, c’est encore plus vrai. D’abord parce que PCEM1 (désormais PACES, 1ère année commune aux études de santé) n’est pas seulement une année de formation, mais une année de préparation au concours. Ensuite parce que la 2ème année des études de santé reste très générale. "Le seul créneau possible pour eux, c’est celui de DCEM1, confirme Catherine Dupouy. Après ils sont déjà focalisés sur le concours de l’ECN [examen classant national]."

Pour les étudiants en pharmacie et en odontologie, les échanges Erasmus sont possibles mais les places sont moins nombreuses. "Nous n’avons pas autant de partenariats qu’en médecine", constate Catherine Dupouy. "Nos étudiants en dentaire étudient le plus souvent en Bulgarie, Roumanie, Espagne et Belgique alors qu’en pharmacie la destination phare reste l’Espagne puis l’Allemagne", poursuit-elle. À l’UFR (unité de formation et de recherche) des sciences pharmaceutiques de Caen, par exemple, les échanges se font principalement avec l’Espagne et, comme les programmes ne correspondent pas toujours, les étudiants français qui partent en 3ème année piochent entre des cours de 3ème et 4ème année en Espagne.

Des stages possibles

Depuis le 1er janvier 2007, Erasmus finance également des stages. En médecine, par exemple, ils s’effectuent seulement pendant l’été. Les étudiants qui sont déjà partis étudier à l’étranger par le biais d’Erasmus ont souvent envie de réitérer l’expérience. Du coup, ils profitent souvent des stages proposés en DCEM4 après le concours de l’internat. En pharmacie, en plus des échanges Erasmus, il existe une association d’étudiants, l’IPSF (Fédération internationale des étudiants en pharmacie), qui a mis en place le SEP (student exchange program). "Ce sont des stages d’1 à 3 mois qui se tiennent l’été dans une cinquantaine de pays (Amérique du Nord, du Sud, Océanie, Europe, etc.) et qui sont rémunérés au bon vouloir de l’employeur", explique Mickaël Groult, président de l’ANEPF (Association nationale des étudiants en pharmacie de France).

Tout est organisé par les étudiants en pharmacie qui ont un référent dans chaque pays. Les étudiants peuvent partir dès la 2ème année. Tout comme en médecine, les pays anglo-saxons tels l’Angleterre, le Canada ou les États-Unis sont pris d’assaut. "Je les oriente vers des pays de l’Est : Croatie, Serbie, Roumanie, où ils peuvent aussi parler anglais, précise Kevin, vice-président de la mobilité à l’ANEPF. Ils peuvent aussi choisir de faire leur stage en officine, en hôpital, en laboratoire de recherche ou en industrie. Mais la majorité choisissent l’officine."


> Pour en savoir plus, consultez le site de la Fédération internationale des étudiants en pharmacie

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À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Réussir ses études de santé", par Ludivine Coste.

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